L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Absinthe (Grande)

1

Nom commun : 

Absinthe (Grande)

Nom latin : 

Artemisia absinthium

Autres noms : 

Aluine, alvine, herbe sainte, herbe des vierges, herbe aux vers

Famille : 

Astéracées

Taille : 

0,40 à 1,20 m

Description


Citée dans un papyrus égyptien datant de 3600 ans! Son amertume, due à l'absinthine, est telle que dans les Saintes Écritures, elle est le symbole des chagrins et des épreuves de la vie. D'ailleurs, son nom signifie "privé de douceur" (en grec ancien). L'absinthe rend même amer le lait des femmes qui allaitent.
Cette vivace peut vivre dix ans, avec une production maximale la troisième année. Décorative (quand elle est taillée), elle rend de grands services au jardin en repoussant les insectes parasites. Sa tige est duveteuse et cannelée. Elle se distingue de l'armoise Artemisia vulgaris par ses feuilles gris verdâtre dessus, blanchâtres dessous, soyeuses, à la découpe obtuse caractéristique, à l'odeur fortement aromatique et amère (accentuée quand on les froisse). A cause de cette amertume, la plante est le symbole des séparations douloureuses. L'herbe sèche enflammée dégage une fumée odorante qui peut induire une certaine abstraction du réel (utilisation par les pythies, les devins et les médiums). De juillet à septembre, elle s'orne de pannicules de petites fleurs jaunes et tubuleuses. Dans le langage des fleurs, l'amère absinthe est le symbole du plus amer des sentiments: l'absence de l'être aimé (probablement du fait des troubles que provoque la liqueur)!
On la multiplie par division des touffes ou par boutures au printemps, éventuellement le semis à l'automne. Elle aime un sol ensoleillé et sec, ainsi qu'un paillis protecteur en hiver
Voir aussi la fiche d'une autre artemisia: l'estragon Artemisia dracunculus.
A ne pas confondre avec la petite absinthe ou armoise pontique Artemisia pontica et l'absinthe maritime (très proche de la grande absinthe).

Application en phytothérapie


Elle ouvre l'appétit et facilite la digestion; Si elle donne de l'inspiration aux poètes, il parait qu'elle donne des ailes aux amants fatigués!
La plante contient plusieurs composés toxiques. L'huile essentielle contient jusqu'à 62% de thuyone que l'on trouve aussi dans les thuyas (d'où son nom), la sauge, la santoline et la tanaisie. Les autres produits toxiques entrainent des syndromes connus sous le nom d'absinthisme. A haute dose, elle est donc abortive et toxique.
En usage externe, elle est antiseptique et cicatrisante.


Les recettes de cuisine


A l'origine à la fois suisse (Val de Travers; Docteur Ordinaire) et française (Pontarlier; la mère Henriod), l'absinthe servait à masquer le goût des mauvais vins blancs en leur donnant une saveur un peu médicinale. Comme elle avait la réputation d'être vermifuge, cela permettait de se soigner: on en buvait donc sans se culpabiliser! La préparation la plus simple est de laisser macérer un peu de grande absinthe dans de l'eau de vie (y compris l'alcool de betterave!), avec de l'anis, de la badiane et du fenouil; puis, on distille l'ensemble: le distillat transparent est coloré en vert-absinthe (un vert clair tirant légèrement sur le jaune) grâce à la macération de la petite absinthe. L'élixir d'absinthe (la Fée verte), titrait entre 45 et plus de 75° (La Hussarde!), connut un engouement de plus en plus grand durant tout le XIXe siècle avec une explosion à la fin de ce siècle et au début du XXe (cf "L'absinthe", tableaux de Manet et d'Edgar Degas). Entre 1874 et 1910, la production fut multipliée par 50! A l'époque, en France, on a compté jusqu'à un débit de boisson pour 30 adultes! Il fut l'apanage de la bourgeoisie et des artistes (Van Gogh, Verlaine, Rimbaud) avant d'atteindre le peuple quand le prix de l'élixir devint moins cher que celui du vin. A l'heure verte, le rituel de la dégustation de la "mominette" consistait à dissoudre en versant de l'eau sur un sucre, mis sur une cuillère posée horizontalement sur le verre. L'élixir (non sucré), au fond du verre doseur à bulbe (le Pontarlier), était troublé par l'eau sucrée (le trouble est du à l'anethol comme dans le pastis) et il se transformait alors en liqueur.
Elle contient une essence (thuyone)qui est d'abord tonique, mais, à forte dose (par exemple, pour les absinthiques qui en prolongent son usage), elle provoque vite des hallucinations et des altérations cérébrales, avant de se transformer en un poison mortel. C'est elle qui a tué Verlaine et Toulouse-Lautrec. De plus, son prix fort bas concurrençait les viticulteurs dont les vignobles étaient ravagés par le phylloxéra. Aussi, sa fabrication et sa vente en France furent interdits à partir de 1915 et jusqu'en novembre 1988. C'est durant cette époque (1920) qu'apparurent les apéritifs anisés (les pastis) qui ne contrevenaient pas à la loi et rappelaient un peu l'absinthe. En fait, actuellement, l'absinthe est toujours interdite, sauf si la concentration en thuyone respecte certaines normes: par exemple, moins de 5 mg/Litre si la boisson titre moins de 25°. En France, le mot "absinthe" était interdit sur les bouteilles jusqu'en 2010! En fait, il ne faut pas diaboliser l'absinthe: elle est dangereuse comme tous les alcools, sources graves de problèmes personnels et sociaux.
On peut remplacer la version alcoolisée par un sirop amer (aux propriétés digestives) auquel se mêlent d'autres plantes aromatiques.
Une pincée de feuilles ajoutées à la cuisson d'une oie, d'une dinde ou d'une volaille grasse, aide à digérer.
En Afrique du Nord, l'absinthe peut remplacer la menthe (plus rare en hiver) dans le thé: c'est le thé au chiba que l'on boit après la chorba (lorsqu'on termine le jeûne du ramadan). L'absinthe, en petites quantités, doit infuser rapidement; sinon, le thé est imbuvable.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.