L'Écotourisme en Gironde

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Araucaria, désespoir des singes

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Nom commun : 

Araucaria, désespoir des singes

Nom latin : 

Araucaria araucana

Autres noms : 

Désespoir du singe*, pin du Chili, arbre d'Araucanie

Famille : 

Araucariacées

Origine : 

Argentine, Chili, sur les pentes ouest des Andes du Sud (notamment la région d'Araucanie)

Taille : 

30 m chez nous (50 m et plus au Chili)

Description


Véritable fossile vivant, les 19 espèces d'araucarias (dont 13 se trouvent en France... d'outre Mer! en Nouvelle-Calédonie) sont parmi les premières plantes à graines. Comme le ginkgo, il couvrait autrefois de vastes surfaces: les fossiles trouvées sur tous les continents sauf l'Europe en témoignent. Le nombre d'espèces était aussi bien plus élévée qu'aujourd'hui.
L'Araucaria araucana est le plus adapté à notre climat océanique et également aux régions froides (rustique jusqu'à au moins -15° pour les parties aériennes). Dans les régions froides (extrême sud du Chili: Patagonie où vivent les tribus Mapuches), il se nanifie.
Son allure exotique et originale semble être passée de mode d'autant plus qu'il perd son esthétique en se "déplumant" sous l'effet de la pollution et de la sécheresse. Ce conifère étrange a été introduit en Europe par Archibald Menzies en 1795. Le tronc est bien droit. Il a un port ouvert, d'abord colonnaire et pyramidal, puis tabulaire ou en boule (cime arrondie). Les branches, verticillées par cinq, se redresse aux extrémités (voir les photographies), sauf les branches inférieures. Ces dernières finissent par se détacher, sur les individus âgés (et plus précocement dans des conditions de vie défavorable): elles laissent des cicatrices en forme d'anneaux à l'endroit où elles se sont séparées du tronc. Les vieux troncs ont une écorce grise et ridée comme la peau d'un éléphant. Ils atteignent un diamètre de 2 m (voire plus) en fin de vie (longévité incertaine: 1000 ans?).
Les feuilles de 4 cm environ (vert sombre brillant sur les deux faces) sont des écailles triangulaires, coriaces comme du cuir, pointues et piquantes comme des lances, imbriquées comme un écouvillon. Cela justifie son nom de "désespoir des singes"* car on estime que même un agile grimpeur comme le singe ne pourrait pas l'escalader (bien qu'il n'y ait de singe au Chili). Aussi, est-il conseillé de le planter loin des cheminements. Les feuilles sont très persistantes puisqu'elles restent 10 à 15 ans sur l'arbre avant de tomber.
Bien qu'il puisse y avoir quelques exceptions, chaque arbre est soit mâle, soit femelle. C'est donc une espèce dioïque. Les fleurs sont toujours des cônes ovoïdes, en bout de branches. Les cônes mâles, groupés par trois, quatre ou cinq, sont d'impressionnants cylindres bruns de 10-12 cm de haut et de 5 cm de diamètre. Chaque écaille porte 6-15 sacs polliniques qui libèrent leur pollen en juillet. Les cônes femelles, isolés ou par deux, sont plus gros et dressés. S'il y a un pied mâle** et un pied femelle suffisamment vieux (au moins 30 à 40 ans), vous verrez le fruit, cône de 15 cm de haut, qui met deux ans pour mûrir (à l'automne suivant): il est formé de 700 écaille qui abritent environ 200 graines légères, anguleuses, à peine ailées, de 4 cm de long.
Le bois jaunâtre a servi à faire des mâts de bateau.
Il est menacé d'extinction dans son aire d'origine: il est donc interdit de l'exploiter au Chili depuis 1990 et la récolte de ses graines est réglementée. Dans notre région bordelaise, on en voit dans certains jardins privés (rue Eugène Delacroix, à Mérignac), les parcs, près de la cathédrale (mâle; place Pey-Berland; 1960). Les deux espèces se trouvent au Parc de Bourran, ainsi que dans l'enclos pharmaceutique du Jardin botanique de Talence dans le parc de Peixotto). En Gironde, ces arbres -incarnant les terres lointaines par leurs aspects déroutants- sont arrivés du Chili par bateau lorsque la route du Chili fut ouverte en 1827 par la Jeanne de Bordeaux. L'introduction à Bordeaux date de 1856.

En Corse, on trouve un autre araucaria: le pin de Norfolk A. heterophylla. Enfin, signalons une espèce d'araucariacées récemment découvert (1994) à 150 km de Sydney: Wollemia nobilis dont le jardin botanique de Bordeaux (rive droite) possède un exemplaire de plus de 2 m de haut. La revue Folia Brassicae n° 40 (décembre 2011) de l'association Oïkos contient un article sur les Araucariacées.

CULTURE:
Il pousse très lentement (voire pas du tout au début), même dans des conditions idéales: dans un sol frais, léger, acide, ensoleillé, avec une atmosphère ayant une bonne hygrométrie (climat océanique).

* A ne pas confondre avec le désespoir du peintre (heuchère).
** Le ratio est d'un pied mâle pour 6 pieds femelles.


Les recettes de cuisine


Les graines de ce conifère sont mangées grillées, en dessert, comme les pignons du pin parasol. Le botaniste Menziès, à la fin du XVIIIe siècle, profita d'un tel dîner pour prélever quelques graines et introduire l'espèce en Europe. Réduites en farine, elles servent à confectionner du pain ou des boissons fermentées. C'est un commerce lucratif au Chili (consommation par les Mapuches, une tribu indienne du Chili). Mais, d'une part, la récolte de ces graines est désormais réglementée par des quotas pour sauvegarder l'espèce dans son aire d'origine. D'autre part, ce produit traditionnel tend à être remplacé par des aliments plus "modernes".
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
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