L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Bambou

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Nom commun : 

Bambou

Autres noms : 

Roseau géant, roseau des Indes

Famille : 

Poacées

Origine : 

Présents sur tous les continents (sauf l'Europe)

Taille : 

Très variable suivant les espèces (jusqu'à 7 m dans notre jardin de la biodiversité)

Description


Près de 1500 espèces (surtout en Orient) réparties dans plusieurs genres: Arundinaria, Bambusa, Chimonobambusa, Chusquea, Fargesia ou Sinarundinaria, xHibanobambusa, Otatea, Phyllostachys, Pleioblastus, Pseudosasa, Sasa (bambou nain, bambou de forêt), Sasaella, Semiarundinaria, Shibataea, Thamnocalamus.
L'explorateur et marchand Marco Polo fit un feu avec du bambou: l'air contenu dans les tiges creuses se dilata et le bambou explosa: "Bam bouh!", d'où le nom de la plante! Les premiers exemplaires ne furent introduits en Europe qu'en 1730.
Dans toutes les traditions asiatiques, le bambou est le plus pur de tous les végétaux. C'est l'espèce réservé aux divinités: les noms des esprits bénéfiques sont sculptés dans les bambous situés devant les maisons. Les tiges de bambous à cinq noeuds sont réputés les plus efficaces (utilisation contre les hémorragies en Inde). Les chaumes parfaitement rectilignes soulignent la droiture et la perfection. Le bruissement de son feuillage évoque l'illumination et le bruit que font ses graines en brûlant a le pouvoir de chasser les mauvaises influences. Sur ses tiges, les amoureux gravent leurs noms.
Ce n’'est pas un arbre, mais une herbe géante (Poacées)qui a le toupet de passer pour arbre puisque le plus grand bambou coupé en 1904 mesurait 47 m de haut! Dendrocalamus brandisii (Inde) est l'herbe la plus haute du monde (40 m de haut pour 30 cm de diamètre)! Dendrocalamus giganteus et Dendrocalamus asper dépassent 30 m et forment d'immenses étendues en Inde qui ne sont pas des forêts, mais des prairies géantes!! Ces tailles extraordinaires ne sont atteintes que dans les pays chauds car ces espèces ont besoins de beaucoup de chaleur et d'humidité. Le record de hauteurs en Europe appartient au très beau Phyllostachys pubescens (28 m en France, tout en résistant à - 20°C): il peut pousser de 1,20 m par jour et ses chaumes bleutés deviennent orangé en vieillissant. Dommage qu'il soit difficile à trouve du fait de sa reproduction délicate. Le bambou noir, lui, s'acclimate bien: il s'élève à 16 m de haut et résiste à - 20°C (et encore plus pour la variété "Henonis"). Phyllostachys viridis sulfurea peut dépasser 10 m de haut. Mais, il existe aussi une espèce minuscule de 7,5 cm de haut seulement. Le diamètre de la tige (le chaume) varie entre 2,5 mm (sasa) et 18 cm (madake). Ces chaumes sont creux (sauf pour les espèces américaines Chusquea ainsi que le bambou mâle ou bambou géant Dendrocalamus strictus), segmentés par des noeuds, ce qui est très pratique pour construire des radeaux, des récipients et des instruments de musique. Ils sont constitués de fibres de 3 à 4 cm comportant peu de bois (ou lignine) et beaucoup d'acide silicique, ce qui explique leur résistance. Les chaumes sont de véritables cartes d'identité permettant d'identifier certaines espèces: Chimobambusa à la section presque carrée, Bambusa ventricosa avec les rotondités du ventre de Bouddha, Phyllostachys zizag, Phyllostachys nigra avec ses chaumes mouchetés de brun devenant noirs (ou brun rouge) au bout de plusieurs années, Bambusa vulgaris annelé comme un lombric,.
Dans sa région d'origine, il est abondant, bon marché, toujours prêt à l'emploi; son bois dur est léger, propre, évidé (et donc flottant sur l'eau), imputrescible, souple et flexible, régulier et magnifiquement durable. Cette "paille géante" devient extrêmement dure dès la cinquième ou sixième année (résistance mécanique d'une tonne par cm²), mais il devient cassant au bout de 10 ans. Au niveau des noeuds, il est plus solide que le béton. Avec autant de qualités, c'est le bois des mille et un usages en Orient. L'art de la calligraphie ne serait peut-être jamais né sans la souplesse du bambou. Le bois à la fois dur et flexible est utilisé pour les cannes à pêche, les ponts suspendus de grande portée (épissures et tressage; pont An-Lan sur la rivière Min: 320 m de long, construit au IIIe siècle et encore visible aujourd'hui), comme outil (creusement d'un canal de 1500 km de Hangzhou à Pékin, il y a 3000 ans), la fabrication de flèches, du papier (70% en Inde; car biomasse produite cinq fois plus importante qu'avec les arbres), les instruments de musique (flûtes japonaises, valiha à Madagascar, anklung à Java et, au Japon, les échafaudages et dans le béton armé (plus souple lors des séisme, meilleure résistance aux pressions verticales et au climat humide: pas de rouille). Il a servi comme matière première pour réaliser la pâte à papier et des canalisations d’'eaux usées (dont le Shishi-Odoshi des jardins japonais). Dans notre jardin de la biodiversité de Mérignac, il sert aussi à tout: rames pour les cucurbitacées, piquets, tonnelle et pergola, échelle, tuteurs à tomates. Le bambou fait intégralement partie de la culture asiatique, qu'il s'agisse des légendes, de tortures, de l'histoire, de la poésie, de la science ou des objets de la vie quotidienne: meubles, récipients, peignes, cloisons, tableaux, chaussures (getas japonaises), vaisselle, tapis... D'un point de vue sociologique, le bambou fait vivre un grand nombre de familles pauvres (Thaïlande). Après des milliers d'essais avec diverses substances provenant du monde entier, c'est avec du bambou calciné qu'Edison réussit enfin à réaliser sa première lampe à incandescence (1882) car il peut s'effiler en sections de quelques dixièmes de millimètres! Saviez-vous que la canne de Chaplin était en bambou? Les chirurgiens chinois utilisent de fines aiguilles de bambou pour recoudre les nerfs. En 1909, Alberto Santos Dumont fait décoller sa "demoiselle" au fuselage en bambou.
Un tel potentiel laisse rêveur et il faudrait une encyclopédie en plusieurs volumes pour décrire toutes les applications technologiques. Notre culture européenne pourrait s'inspirer des utilisations asiatiques: même le moins bricoleur d'entre nous peut façonner très simplement (avec le label écologique!) un verre, un porte-crayon, un étui, une flûte, une sarbacane, une cabane ou une pergola?
Le bambou figure parmi les plantes ayant les meilleurs bilans carbone car ils poussent vite, sans engrais et ils se conservent bien (sans traitement chimique) en produisant peu de déchets: dans le bambou comme dans le cochon, tout est bon! Étant toujours vert, il épure les eaux usées 12 mois sur 12, avec efficacité (bactéries se développant dans le sol grâce aux racines oxygénantes), y compris les métaux lourds.
Presque toutes les jeunes pousses cuites sont comestibles (elles se mangent comme les asperges!), mais de qualité variable (l'éventuel acide cyanhydrique détenu par quelques espèces est détruit à la cuisson). Au printemps, c'’est la plante qui poussent le plus vite dans le jardin (30 voire 50 cm/jour!!). C'est la meilleure plante pour obtenir rapidement une haie-écran haute et exotique. Les chaumes sortent de terre avec leur forme et leur diamètre définitifs: Phyllostachys pubescens peut jaillir hors du sol avec le diamètre d'un tuyau de poêle! Ils s'allongent ensuite comme les antennes d'autoradio ou les cannes télescopiques! Puis, quand le chaume a atteint sa hauteur de saison ou simultanément à sa croissance, les branches se déploient (de une à six par noeud) et les feuilles (cachées dans des gaines) apparaissent. La gaine qui enveloppait chaque feuille tombe: suivant votre imagination, vous trouverez qu'elle ressemble à un glaive ou à un casque de chevalier teutonique (ou de mongol). Chaque année, le feuillage s'épaissit au printemps. Un chaume vit 10 ans en moyenne.
En plus des racines, le bambou a des rhizomes ou des tiges souterraines où sont stockées les réserves qui seront mobilisées au printemps pour obtenir une croissance rapide. Chaque surgeon et chaque rhizome appartient au réseau commun en perpétuelle expansion.
Très rarement, tous les 70-120 ans, il fleurit. Fait plus étrange et toujours aussi énigmatique pour les botanistes, les pieds d'une espèce donnée fleuriront simultanément sur toute une région, lâchant leur pollen tous ensemble en quelques jours. Comme si les plantes s'envoyaient un message d'invitation à l'orgie! Puis, il meurt, épuisé, après la floraison. Lorsque cela se produit, le bambouphage panda est alors menacé de famine.
La plupart des espèces résistent gaillardement au gel. Plus les feuilles ont des nervures transversales épaisses, plus elles résistent au froid. Des phillostachys et des sasas sont réputés tenir à - 20°!
C’'est un lieu de repos et un refuge pour les oiseaux (dortoirs) : sur la vidéo tournée dans notre jardin de la biodiversité par TV 7 (dont le lien d'accès se trouve en page d'accueil), vous découvrirez une courte séquence concernant cette plante au bout de 4'16". Les trois photographies ci-dessus ont été prises dans l'une des bambouseraies du Parc du Bourran, à Mérignac (celle près de l'entrée Léo Lagrange) dans un décor très romantique (avec cascade, ruisseau -La Devèze-, grottes artificielles et pont d'allure médiévale). Un lieu d’'évasion pour l'’esprit aussi: qui ne se sent pas l'’âme d'’un grand explorateur en écartant les feuilles et les cannes d’'un fouillis de bambous indisciplinés?
Les indigènes des îles Samoa enfermaient jadis un petit serpent dans la tige creuse pour qu’'il siffle, ce qui était censé provoquer le sommeil.

CULTURE:
Lors de la plantation, veiller à ce que la motte soit à fleur de terre. La culture est facile en sol léger, riche en humus (paillis de prêle des champs riche en silice), à pH acide (5,5 à 6,8), frais et bien drainé. Si l'hiver n'est pas assez pluvieux, il vaut mieux arroser car les bambous proviennent de région à pluviométrie abondante. Les bambous montrent qu'ils sont assoiffés (ou frileux) en enroulant leurs feuilles. Les bambous à feuillage panaché de blanc (Pleioblastus tsuboï) ou de jaune (Pleioblastus viridistriatus) doivent être placés dans des lieux plus lumineux que ceux à feuillage entièrement vert pour compenser l'absence de photosynthèse de leurs zones plus claires. Parmi les variétés colorées, la plus belle de tous est probablement Phyllostachys viridis sulfurea (surtout le cultivar "Robert Young") aux chaumes d'un jaune soufré. Les jeunes chaumes jaunes de Phyllostachys aureosulcata poussent étrangement de travers en zizag avant de filer droit vers la lumière! Les feuilles du très décoratif Pleioblastus auricomus sont jaunes striées de fines lignes vertes. Les chaumes de Semiarundinaria fastuosa passent du vert au brun pourpré lorsqu'ils sont exposés au soleil. Ceux du bambou noir sont d'abord verts puis virent au noir au bout de trois ans. Signalons un bambou au chaume d'un violet très foncé Phyllostachys violascens (inconnu dans la nature; probablement une mutation de Phyllostachys bambusoides).
Du point de vue de leur développement, vous avez deux choix:
- des bambous cespiteux poussant en touffes/buissons donc non envahissants (dans cette catégorie, on trouve le bambou marbré Chimonobambusa marmorea (rustique, aux chaumes d'autant plus rouges qu'ils sont exposés au soleil; à - 10°C, les feuilles disparaissent mais c'est sans conséquence pour la plante), le bambou trompette Chimonobambusa tumidissinoda (aux noeuds très larges; 2 m de haut maximum chez nous), Indocalamus tesselatus (les grandes feuilles parmi tous les bambous; caractéristique: elles brunissent), Pleioblastus (fixation des talus; 1 à 1,50 m de haut), le bambou des bois Sasa (à l'ombre; la plus belle: Sasa veitchii), Bambusa glaucescens, B. vulgaris, Fargesia murielae, F. nitida),
- des bambous à racines traçantes (ou leptomorphes) avec des racines traçantes formant à la longue des haies (envahissantes!), comme les Phyllostachys, Semiarundinaria, Sasa, Pleisoblastus. Vous pouvez les limiter avec une barrière (en métal ou en béton) s'enfonçant à 40 cm dans le sol et dépassant de 10 cm hors de terre. On peut aussi, au printemps, facilement décapiter les nouveaux turions d'un coup de pied au ras du sol (en avril-mai) et...les manger! Les bambous traçants résistent mieux au froid que les cespiteux (sauf Fargesia = Sinarundinaria).
Du point de vue de la taille, il y a:
- les bambous nains (moins de 1,5 m): plusieurs espèces de pleioblastus très rustiques (dont le P. pumilus, P. auricomus et sa sous espèce vagans, P. fortunei et sa variété "Variegata": 80 cm de haut), Shibataea kumasaca (originalité des courtes feuilles lancéolées), minuscules Sasaella (S. ramosa pour stabiliser un talus);
- les petits (jusqu'à 3 m), comme la sasa tessellata;
- les moyens (jusqu'à 8 m), tel le phyllostachys spactabilis aux chaumes colorés de vert et de jaune,
- les géants (plus de 8 m), réservés plutôt aux collectionneurs (castillonis, sulfurea).
La plus grande bambouseraie d'Europe se trouve Anduze , à 11 km d'Alès (Gard) avec des sujets atteignant 25 m de haut! Dans notre région Aquitaine, 260 taxons de bambous peuvent être visités en Dordogne, au Jardin de Planbuisson, rue Montaigne, 24480 Le Buisson de Cadouin (prendre rendez-vous au 05.53.22.01.03). On y trouve aussi 331 espèces de graminées et 108 espèces de cypéracées et Joncacées.

Application en phytothérapie


taeaAntioxydant et régénérant, l'exsudat récolté sur les noeuds des tiges (appelé bamboosil ou tabashir en Inde et en Chine) stimule la formation du collagène et du cartilage détruit au cours des maladies articulaires (mal de dos, douleurs articulaires par exemple).
De plus, par sa richesse minérale (notamment en silice), il évite la déminéralisation consécutive à la ménopause (ostéoporose) car la silice est un ciment cellulaire qui permet la fixation du calcium. Appelée tabaschir, la substance siliceuse à l'intérieur des bambous joue un rôle important dans la pharmacopée chinoise: il accroit la vitesse de consolidation des fractures. En Occident, côté beauté et esthétique, cette silice des bambous se retrouve dans des crèmes pour soigner la peau (acné, varices, eczema, gale, teigne, rides et cellulite).
Peu calorique, la valeur nutritives des pousses est proche de celle de l'oignon c'est-à-dire pauvres en protéines (2,5%) et en sucre (2%). Elles contiennent aussi des vitamines A, B1, B2 et C.


Les recettes de cuisine


Attention! il ne faut pas les consommer crus!! Les bambous sont des plantes alimentaires déjà cultivées en Chine ancienne: Phyllostachys pubescens et Phyllostachys edulis (dans notre jardin) sont, à notre avis, les meilleurs, le premier est même récolté avant que les pousses sortent de terre par les Chinois! Il est pratiquement impossible de trouver des turions frais dans le commerce, car ils sont vite périssables. Pourtant, le commerce du bambou frais pourrait se révéler une niche (encore inexploitée) pour le commerce équitable et bioresponsable. Pour l'instant, vous trouverez facilement des conserves fabriquées industriellement en Asie (Thaïlande, Taïwan) et exportées dans le monde entier. Dans les épiceries asiatiques, vous en trouverez des toutes préparées, en conserve dans une saumure ou du vinaigre. Mais, les bambous ont une bien meilleur saveur si on les prépare frais. En Italie, on en fait la culture dans ce but.
Si vous venez visiter notre jardin entre le 15 avril et le 31 mai, vous passerez un grand moment en dégustant nos pousses cuites de nos bambous du jardin de la biodiversité de Mérignac!
RECETTE:
Nous rappelons qu'en avril-mai, les turions (jeunes pousses sortant juste du sol) de tous les bambous sont mangeables, bien que certaines espèces soient assez amères. Phyllostachys edulis est vraiment délicieux: il est d'ailleurs cultivé industriellement dans ce but. Phyllostachys mitis, nigra, aurea et le genre Arundinaria sont aussi recherchés.
Après les avoir dénudées de leurs enveloppes, les pousses sont ébouillantées dans l'eau salée ou SUCRÉE pendant 10-15 minutes, puis émincées et découpées en morceaux que l'on consomme comme les coeurs d'artichauts dont ils rappellent la saveur. Le bambou des bois sasa sp; peut être mangé directement cru ou simplement braisé (ou au four) avec une vinaigrette.
Pour varier les plaisirs, nous conseillons d'accompagner vos pousses de bambous:
- de nouilles, de rondelles d'oignons et de piment, de sauce de soja,
- d'une viande émincée soit marinée dans du vin avec des champignons chinois secs et du gingembre, soit une marinade aigre-douce avec des ananas (vinaigre =+ sucre + huile).
En fait, tout se mange dans le bambou: les fruits, les graines (écrasées pour fabriquer de la farine), les feuilles, les tiges, la substance siliceuse à l'intérieur des tiges.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.