L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Busserolle

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Nom commun : 

Busserolle

Nom latin : 

Arctostaphylos uva-ursi

Autres noms : 

Buxerolle, buisserolle, arbousier trainant, rausin-d'ours, petit buis, précotze, rodzet

Famille : 

Ericacées

Origine : 

espèce circum-boréale

Taille : 

15 à 30 cm

Description


La busserole couvre d'assez grandes étendues au soleil ou à la mi-ombre des sous-bois, sur des sols très acides (pH 4,5 à 5,5), secs et pierreux (rochers), en massifs denses ou en vastes coussins. On la trouve en peuplement exclusif, partout au nord du cercle polaire (plante colonisatrice) et plutôt en montagne dans les régions méridionales (Alpes du sud). En France, elle est présente (grosso-modo) au sud d'une ligne Strasbourg-Bayonne: elle est donc absente de notre flore girondine. Proposée à la vente, vous pouvez néanmoins la cultiver dans votre jardin: de la même famille que les bruyères (Éricacées), elle a aussi les mêmes exigences que ses cousines (elle pousse sur de la terre de bruyère et déteste l'humidité). La busserolle pousse lentement et elle peut être taillée comme le buis.
Cet arbrisseau couvre-sol et ligneux présente une allure prostrée, avec ses longues tiges rampantes (1 m): seules les rameaux florifères se redressent un peu. Mellifère, la fleur est un petit grelot de 5-6 mm, courtement denté (blanc à rose cireux), en avril-juin, qui attire les abeilles. Elles sont rassemblées en petites grappes serrées, par 3-12, au bout des rameaux. Les feuilles de 1-3 cm, coriaces, alternes, vert sombre, épaisses, lustrées, persistantes, peu pétiolées, rappellent celles du buis (d'où son nom de petit buis). A partir de juillet, apparait le fruit: une baie globuleuse, de 6 mm, rouge vif et lustré à maturité (automne), contenant 5-10 graines, censé attirer les ours (d'où le nom latin de l'espèce "uva-ursi" et son nom anglais "bearberry".

En Europe du nord, le tannin contenu dans ses feuilles sert à transformer les peaux en cuir de Russie ou en cuir maroquin. Selon le réactif employé, ces feuilles donnent une teinture brune, noire ou grise. Par méconnaissance, la busserolle fut acheminée en grande quantité de l'Asie vers l'Europe sous le nom de "Jackashapuk" pour être mélangée au tabac. Localement, elle est encore utilisé dans le bourrage des pipes.
Il existe une autre espèce rampante: A. alpina, qui s'en diffenrencie par sa feuille caduque, sa fleur blanc-verdâtre et sa baie noire.


Application en phytothérapie


INTERDIT AUX INSUFFISANTS RÉNAUX ET AUX FEMMES ENCEINTES.

Connues au Moyen-Âge (Rabelais) en tant que diurétique et désinfectant des voies urinaires, ses propriétés ont été vantées au XVIè siècle par l'école de Montpellier. Mais, des défauts dans le mode d'emploi amenèrent quelques désenchantements au XVIIIè siècle.
En effet, les feuilles doivent être ramassées un matin d'automne par beau temps (pour avoir le maximum d'arbutine*), puis séchées en plein air et au soleil. Enfermées dans un sac, elles sont détachées à coup de bâtons, puis conservées dans des boites étanches à l'eau et à la lumière, sans dépasser deux ans de stockage. Pour agir sur les voies urinaires, la tisane solubilise peu de principes actifs et elle n'est donc guère efficace. Il préférable de prendre directement la poudre des feuilles : en fonction de la tolérance et des disponibilités de chacun, 2-5 g poudre/jour en 4-6 prises espacées de 2-3 h. Ces prises s'effectueront en milieu basique: [alimentation végétarienne + lait] ou absorption de bicarbonate. Il ne faudra donc pas prendre de vitamine C (acide). Par contre, il est important de boire deux fois plus qu'à l'accoutumée puisque le but est l'élimination par les reins*. Les cures ne dépasseront pas 3 semaines.

En respectant les conditions ci-dessus, les discrètes feuilles révèlent leur formidable pouvoir d'antiseptique urinaire aiguës et chroniques, l'un des plus efficaces parmi les plantes : cystite, énurésie, colibacillose, urétrite blennoragique, prévention des récidives, pyélonéphrite, élimination rénale de l'urée. Elle est aussi utile pour soigner les infections intestinales et, en gargarismes (infusion de 15 minutes d'une poignée de feuilles/L d'eau), contre les maux de gorge.

* Explications complémentaires: les 14 % de tanins contenus dans le feuilles stabilisent les produits actifs lors du séchage et du stockage. Ces composés actifs sont l'arbutine (ou arbutoside) et la méthylcarbutoside qui sont élimées par les reins en étant transformées en glucose et hydroquinone. Ce diphénol est un antiseptiques qui détruit les colibacilles (E. coli) et les staphylocoques dorés.


Les recettes de cuisine


Certes, la baie est comestibles, mais fade et farineuse. En la goûtant, on fait tout de suite la différence avec la délicieuse airelle. On peut néanmoins réaliser des confitures.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.