L'Écotourisme en Gironde

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Charme commun

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Nom commun : 

Charme commun

Nom latin : 

Carpinus betulus

Autres noms : 

Charmine, charpe, charmoie, charpie, charmille

Famille : 

Corylacées

Taille : 

20 m (25 m au maximum)

Description


Couvrant 6% des forêts françaises (très commun dans le Nord-Est), le charme a bien des charmes: son tronc, ses rameaux, sa feuille, ses fruits! Sa cime en voûte et son écorce clair rappellent le hêtre. Pour distinguer le charme du hêtre, les forestiers retiennent la phrase mnémotechnique suivante: "Le charme d'Adam est d'être à poils". Comprenez que la feuille de charme est denticulée (à dents = Adam) et que celle du hêtre (être) est velue. Le tronc du charme est caractérisé par son aspect cannelé, du fait de la forme sinusoïdale de son liber et de son assise génératrice. L'allure zigzagante de ses rameaux provient de l'avortement de ses bourgeons terminaux: les fleurs femelles (collées deux à deux, avec de longs cils) sont postées en procession à l'extrémité des rameaux, ce qui en bloquent la croissance. La branche ne peut repartir qu'avec des bourgeons latéraux supérieurs (croissance sympodique). Aussi, ses rameaux offre une progression apparemment hésitante. Les bourgeons des feuilles sont moins gros et plus comprimés que les bourgeons contenant les fleurs mâles.
Les feuilles alternes, gaufrées par les nervures latérales (qui ne sont jamais ramifiées), doublement dentées en scie, sont disposées suivant deux rangées (feuilles distiques) avec un axe de rotation en spirale. A l'automne, elles jaunissent, puis brunissent et restent sur l'arbre durant tout l'hiver. La feuillaison survient après celle du hêtre, mais la floraison s'effectue à peu près en même temps (voire même avant). Les fleurs mâles, en chatons jaunâtres et pendants (2,5 à 5 cm de long), sont, en général, réunis à plusieurs sur le côté de la tige et situés à la partie inférieure de la pousse de l'année précédente (les tiges brunes): leur allure rappelle la parenté du charme avec le noisetier (Corylacées). Les chatons de fleurs femelles, solitaires, courts (chatons de 2 cm) et discrets (difficile à distinguer des jeunes feuilles), aux pistils rouges, sont placées à l'extrémité des courtes pousses de l'année (pousses vertes). Ils vont s'allonger en grappes fructifères de 5 à 14 cm.
Dans ces grappes, sont regroupés 6 ou 7 petits fruits de à 0,5 à 1 cm: ils sont à moitié entourés d'un involucre formé d'une large bractée foliacée divisée en trois lobes pour être entrainés par le vent. Ces fruits (5 - 10 mm) sont fortement côtelés. Le charme a tendance à fructifier abondamment. Il dépasse rarement 150 ans et il monte rarement au-dessus de 800 m d'altitude. Disséminé dans notre région du Sud-Ouest, il tient compagnie au chêne (chênaie-charmaie) et éventuellement du hêtre. Comme son couvert est important, il laisse peu de plantes pousser sous son ombrage. Bien que les grands herbivores préfèrent les feuilles de hêtre, tous les bestiaux acceptent celles du charme dont la richesse nutritive est comparable à la luzerne. Ce feuillage offre aussi d'excellents abris aux oiseaux insectivores.
Comme il croit lentement, on préfère l'utiliser en haie taillée (charmille) plutôt qu'en sylviculture: nous le recommandons largement pour délimiter les propriétés pour remplacer la détestable clôture artificielle (mur, fil de fer). C'est une essence de taillis car il rejette très bien de la souche. Ses branches vont même jusqu'à s'enraciner lorsqu'elles touchent terre! Ne craignant pas l'ombre, il "se porte comme un charme" et il concurrence dangereusement le chêne dans les futaies car il croit plus rapidement que lui dans sa prime jeunesse.
Jadis, les qualités de son bois (compact, homogène, non fissible, lourd: densité de 0,7-0,8) étaient mises à profit pour réaliser les roues (charrons), les dents des moulins, des jeux (quilles et boules) et il constitue toujours l'étal des bouchers (résistance aux chocs). Ceci s'explique par la disposition des fibres entrelacés. Il doit être travaillé à sec à cause de son retrait important. C'est un bon bois de construction (étais des galeries de mine). Le bois de charme, remarquablement blanc ou blanc jaunâtre, sans coeur, lourd (0,8 - 0,9) et dur, se caractérise par des cernes annuels nettement ondulés. Sa combustion lente et son haut pouvoir calorifique (supérieur au hêtre) en font un excellent bois de chauffage. Les taillis des charmaies (à forte capacité de régénération) étaient rasés tous les 20 - 25 ans pour être destinés au feu.
Les graines contiennent une huile de piètre qualité.
Une variante de la farce du dahut était celle du cocadrille. En ces temps là où le loto n'existait pas, on faisait croire aux naïfs qu'en enfonçant une branche de charme dans du fumier, on ferait naitre, d'un oeuf de coq (!,) une être fantastique (cocadrille) qui vous apporterait la richesse!
Le charme a laissé quelques trace à travers divers noms propres: Charmoy, Les Charmettes, Carnoy.

Dans les Alpes-Maritimes et en Corse (et au Parc Floral de Bordeaux dans notre département) pousse l'OSTRYA ou CHARME-HOUBLON Ostrya carpinifolia (moins de 15 m de haut). Son tronc est cylindrique (sans cannelure). Ses feuilles ont de très nombreuses nervures: 15 à 20 paires (9 à 15 pour le charme). Elles sont bordées de dents très aiguës, sous-dentées et un peu recourbées. Il est très beau à l'époque de la fructification: ses grappes fructifères ressemblent aux cônes vert pâle du houblon. La couleur blanc rosé de son bois rappelle celui du poirier. très rustique, il tolère n'importe quel sol et la sécheresse (mais moins qu'on le croit ordinairement).

En Europe (mais pas en France), on trouve un autre charme: le charme oriental Carpinus orientalis qui pousse de la Sicile à la Crimée. Sa taille et ses feuilles sont plus petites.

Application en phytothérapie


C'est l'un des rares arbres indigènes à n'avoir aucune application médicinale, si ce n'est la feuille et les bourgeons pour ses propriétés astringentes (gargarismes pour les maux de gorge).


Les recettes de cuisine


Les feuilles ont servi parfois de nourriture, surtout comme fourrage pour les bestiaux.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.