L'Écotourisme en Gironde

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Chèvrefeuille des bois

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Nom commun : 

Chèvrefeuille des bois

Nom latin : 

Lonicera periclymenum

Autres noms : 

Camerisier, périclymène, broute-biquette, herbe à la Vierge, fleur de miel, bois-de-chêvre, chasse-biche, bois-de-tuyaux-à-pipe, broute-chêvre, serpentine, corne de lièvre

Famille : 

Caprifoliacées

Origine : 

Europe

Taille : 

1 à 5 m

Description


LES CHÈVREFEUILLES.
Les chèvrefeuilles peuplent toute l'hémisphère nord (y compris Philippines, Afrique du Nord et Mexique). Le genre Lonicera tire son nom du médecin allemand Adam Lonitzer ou Lonicer, auteur de plusieurs ouvrages botaniques, qui vivait, au XVIe siècle, à Francfort-sur-Main. Quant au mot chèvrefeuille, il vient du latin "caprifolium": il semblerait indiquer que les feuilles soient appréciées des chèvres, mais -en fait- elles n'en raffolent pas si elles ont le choix entre plusieurs autres plantes (sauf peut être les jeunes feuilles du chèvrefeuille). Les espèces différentes se croisent facilement entre elles; aussi est-il difficile d'en donner le nombre exact(200 espèces environ, pour la plupart dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord; 8 espèces en France). A l'exception des espèces asiatiques et méditerranéennes, la plupart des espèces sont résistantes à la chaleur et au froid. Elles supportent une taille sévère, ce qui permet de les utiliser pour former des haies façonnées. Leur écorce se détache en longues lanières. Le promeneur attentif remarquera des galeries mines de diptères (comme Chromatomyia lonicera) sur les feuilles démarrant sur le bord du limbe, mais qui ne traversent rarement la galerie médiane. Certaines sont très courtes: c'est parce que la larve est morte prématurément.

LE CHÈVREFEUILLE DES BOIS.
Envahissant, le chèvrefeuille des bois est un couvre-sol* efficace, surtout pour les talus sur sols siliceux. Tête au soleil et pied à l'ombre (plante de sous-bois), il habille rapidement les tonnelles et les pergolas. Ces lianes (en général**) tournent dans le sens des aiguilles d'une montre (le sens du tire-bouchon pour les oenologues!) pour s'élever vers la recherche de la lumière: tel un boa constrictor, son étreinte est si vigoureuse qu'elle peut saucissonner l'arbre en lui imprimer dans son bois des marques de strangulation. Comme vous avez pu le constater lors de vos balades en forêt, ces renflements torsadés en anneaux spiralés , appelés "graisse de chêne", en sont la preuve: toujours à moins de 3-4 m de haut. Ces bourrelets sont peut-être aussi une réaction de défense de la plante car nous avons remarqué que, de temps à autre, le bourrelet de l'arbre étouffait lui même la tige de chèvrefeuille! Comme le chèvrefeuille semble incapable de s'enrouler autour de troncs de plus de 15 cm de diamètre, il choisit toujours ses victimes parmi les jeunes arbres. On ne s'étonnera donc pas que cette plante soit le symbole des liens amoureux... jusqu'à l'étouffement! Les envahissants chèvrefeuilles supportent heureusement la taille, après la floraison printanière. Quand sa hauteur dépasse 1,20 m, il s'écroule sous son propre poids et il a besoin d'un grillage ou d'une plante pour être soutenu. Ses bourgeons restent ouverts même en hiver: on peut même apercevoir les jeunes feuilles vertes et la feuillaison est donc très précoce (avril). Les feuilles ont une face supérieure vert sombre et une face inférieure bleu verdâtre. Les rameaux (sauf pour les plus jeunes) contiennent une moelle spongieuse. De juin à août (et parfois à nouveau en automne), groupées aux extrémités des branches, ses fleurs élégantes, en forme de long entonnoir, trompettent un parfum des plus suaves(surtout au crépuscule et la nuit). Un pétale est opposé aux quatre autres soudés! D'abord blanches au moment de leur éclosion, elles deviennent jaune orange flammé de rouge à l'extérieur après la pollinisation (voir la photographie centrale ci-dessus). Jeunes, elles ont les étamines bien visibles. Vieilles, c'est le stigmate qui devient bien visible en se relevant. Leurs senteurs capiteuses, renforcées au crépuscule, attirent les papillons nocturnes à longue trompe (phalène, sphinx), les tenthrèdes, les cicadelles, les bourdons.… Dans l'épaisseur de ses feuilles vit une chenille mineuse Phytagromyza xylostei (diptère). Restant jusqu'à l'automne, ses baies ovoïdes rouge vif aux allures de mini-kakis (très attirants pour les enfants) sont très toxiques (saponines, acide cyanhydrique). Il peut vivre 40 ans. Sa racine fournirait une teinture (bleu ciel). Ses ramifications (immédiatement prêtes à l'emploi) et ses racines (dépourvues de leur écorce) ont été utilisées en vannerie. Son bois servit à réaliser des tuyaux de pipes à fourneau de bruyère et des dents de peignes pour métier à tisser. Autrefois, cette plante indiquait les bons courants telluriques propices à l'’emplacement de la construction d’'une maison. On déconseillait aux femmes d'âge mûr de toucher au chèvrefeuille de peur qu'elles ne tombent amoureuses!
On le multiplie par reproduction végétative car celle-ci donne des résultats plus rapides qu'avec des semis.

A l'état naturel, le joli peuple des bois constitué par la famille des chèvrefeuilles comprend divers autres membres. L. etrusca, localisé parmi les chênes verts et pubescents (calcaires secs; avec feuilles ovales et fleurs longuement pédonculées)). Il existe d'autres espèces plus fréquentes dans les jardins: le c. commun ou c. des jardins L. caprifolium qui se distingue du précédent par un aspect plus compact et ses feuilles largement soudées à la base. Il fleurit un peu plus tôt (mai-juin) en jaune pâle et rouge, le camérisier ou chèvrefeuille à baies noires L. nigra (ne pas confondre ses baies toxiques avec des myrtilles!), le chèvrefeuille des haies ou broque-bique ou camerisier à balais L. xylosteum (ne pas confondre les baies toxiques avec des groseilles!), le chèvrefeuille buissonnant à balais L. alpigena (jadis, on fabriquait des balais avec les rameaux), le chèvrefeuille du Japon L. japonica(rustique dans le Sud-Ouest et le Midi; baies noires et fleurs réunies sur le même pédoncule le distinguent du chèvrefeuille des bois; feuilles ovales semi-persistantes; fleurs par deux sur un même pédoncule placé à l'aisselle des feuilles), le chèvrefeuille étrusque (ou d'Étrurie) L. etrusca (feuilles ovales, floraison magnifique; spontané dans les vallées pyrénéennes jusqu'en Limagne et Dordogne; aire des chênes vert et pubescent; sur les coteaux calcaires et secs).
Si vous cherchez le chèvrefeuille le plus adapté à l'ombre (avec une floraison), orientez votre choix vers le très tolérant L.xtellmanniana.

* Les deux chèvrefeuilles les plus adaptés comme couvre-sol sont plutôt Lonicera pileata (très peu de fleurs, mais jolies petites feuilles) et L. japonica (qui garde son feuillage en hiver; fleurit; se marcotte spontanément).
** Tous les chèvrefeuilles ne sont pas grimpants: les camerisiers sont arbustifs. Notre jardin de la biodiversité présente un de ces curieux chèvrefeuilles arbustifs non grimpants. Ses feuilles d'un beau vert foncé sont persistantes (jusqu'à - 10°). Par contre, les fleurs (en mai) sont insignifiantes. En octobre, joli fruit globuleux pourpre. Parmi les camerisiers, nous conseillons Lonicera fragrantissima (est de la Chine), rustique dans le Midi et certaines régions du Sud-Ouest, aux fleurs rosées, très odorantes ("fragantissima") et s'épanouissant en plein hiver. A l'état naturel, seul le camerisier à balais L. xylosteum est répandu en plaine. Les autres sont montagnards: camérisier bleu L. coerulea, camérisier des Alpes L. alpigena, camérisier des Pyrénées L. pyrenaica, camérisier noir L. nigra.

Application en phytothérapie


NE PAS CONSOMMER LES BAIES TOXIQUES malgré leur apparence (saponines, acide cyanhydrique), à l'exception de Lonicera nummulariifolia (consommé en Turquie et en Grèce)!
Inusités de nos jours, les chèvrefeuilles se sont vus attribuer jadis diverses propriétés médicinales. Vertus antiseptiques et diurétiques des feuilles (gargarisme avec décoction de feuilles sèches contre les angines) et des fleurs. Ramassées un peu avant leur maturité, les fleurs calment aussi la toux, l'asthme et le rhume (sirop, tisane). Adoucissantes, elles peuvent être employées à la préparation de collyres (comme celles de camomille et de sureau). Les feuilles sont utilisées en bains de bouche anti-inflammatoires: une infusion de 5 g fleurs/Litre d'eau bouillante (5 minutes) calme les toux spasmodiques. L'écorce est cholagogue et diurétique.
Au niveau de l'utilisation cosmétique, en usage externe, les propriétés anti-vieillesse des feuilles et des fleurs servent à préparer un bain très régénérant après une journée fatigante.


Les recettes de cuisine


ATTENTION LES BAIES SONT TOXIQUES! Les enfants croquent prudemment la base sucrée des fleurs pour son goût sucré. Cet usage campagnard de la "fleur sucrée" est rappelé par divers autres noms du chèvrefeuille: suçon de la Vierge, sucette, suce-miel, suçon, sucé, sucia, biberon. On les préparer dans le sucre, comme les violettes de Toulouse.
Les fleurs séchées de l'espèce fragantissima servent à aromatiser les tisanes et les salades de fruits.

Par contre, les baies sucrées, allongées et bleutées du chèvrefeuille "Tomishka" sont comestibles: on les transforme en fruits secs, confitures et gelées.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.