L'Écotourisme en Gironde

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Cyprès commun

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Nom commun : 

Cyprès commun

Nom latin : 

Cupressus sempervirens

Autres noms : 

Cyprès toujours vert, cyprès d'Italie, cyprès des cimetières, cyprès de Provence, cyprès de Florence, cyprès pyramidal, cyprès fastigié, cyprès méditerranéen

Famille : 

Cupressacées

Origine : 

Asie Mineure (forme horizontalis)

Taille : 

20 - 30 m

Description


Il existe une vingtaine d'espèces de cyprès peuplant toutes les régions tempérées ou chaudes de l'hémisphère Nord. Cupressus semble venir de cyperus, lui même traduisant une relation avec la région chypriote où pousse depuis longtemps le cyprès. Emblème de la Méditerranée (il ne supporte pas le climat parisien), il sert de protection contre le mistral en Provence (forme aérodynamique et solides racines). Il fut introduit par les Romains en même temps que le laurier d'Apollon. De son tronc unique, élancé et rectiligne comme un I, partent plusieurs rameaux grêles et serrés pour former une étroite colonne compacte. L'écorce, gris brunâtre, fibreuse, est striée verticalement. Sur les ramules latéraux, les feuilles persistantes, d'un vert foncé, sont minuscules, en écailles opposées et imbriquées sur quatre rangs, appliquées sur les rameaux (voire légèrement écartées vers la pointe ou chez les jeunes individus). Les fleurs sont monoïques, groupées en petits chatons terminaux: les minuscules chatons mâles ovoïdes et jaunâtres produisent un pollen ALLERGISANT (entre février et mars) s'il est émis en grandes quantités; les fleurs femelles sont globuleuses et vertes. Ces dernières donneront des strobiles (noix de cyprès, galbules) globuleux, de 3,5 à 4 cm de diamètre, matures au bout de deux ans, composés d'une dizaine d'éléments en forme d'écussons portant sur le dos une protubérance ou une courte pointe (mucron).
Thermophile, le cyprès est rustique jusque vers -15° à - 20°.
Traditionnellement depuis l'Antiquité, c'est l'arbre des morts par ses feuilles sempervirentes (donc symbole d'éternité), son port érigé vers le ciel et son odeur "divine". Aussi, ne faut-il pas s'étonner que son bois imputrescible serve à fabriquer les cercueils des héros et des souverains (dont celui du pape), qu'il est le combustible pour certaines incinérations ou pour produire l'encens. Quant à ses feuilles, elles sont la base des couronnes mortuaires (sur les tombes ou les portes des demeures des défunts). Toutes ces coutumes d'origine païenne ont été récupérées par l'Église chrétienne. En effet, cette association de cet arbre "ténébreux" avec le deuil serait une décision d'Apollon si on en croit une légende de l'Antiquité grecque. Cyparissos(ami d'apollon) vivait en compagnie d'un cerf apprivoisé. Un jour, il tua l'animal par erreur avec son javelot. Inconsolable, il se métamorphosa en cyprès. Cette légende serait à l'origine du nom du cyprès et de son symbole douloureux.
Un autre aspect symbolique est du à son aspect ostensiblement érigé comme un phallus. Les romains plaçaient des priapes proéminents en bois de cyprès en tête de leurs champs pour en assurer la fécondité. Beaucoup d'attributs de héros mythiques était façonné dans le bois de cyprès: la massue d'Hercule, les sceptres de Zeus, puis d'Apollon, les flèches d'Éros. Le cyprès est personnifié par un Dieu: Cyparissus. Il tua par méprise le cerf qu'il choyait. Inconsolable, il se tua, mais Apollon le transforma aussitôt en cet arbre éternel, gardien de nos deuils, que nous connaissons. Nous vous encourageons à lire l'histoire détaillée de ce mythe sur la revue "Folia Brassicae" (septembre 2011 N° 39) de l'Association OÏKOS (Jardin Public de Bordeaux).
Outre un taux élevé en tanin, le cyprès renferme une huile essentielle très aromatique avec laquelle les Romains élaboraient un parfum aux propriétés antispasmodiques (voir ci-dessous: applications en phytothérapie").
Le bois du cyprès toujours vert est d'excellente qualité, blanc, un peu rose ou roussâtre, à grain fin et serré, puissamment aromatique, très résistant à l'immersion dans l'eau, repoussant les insectes (coffre à linges, toiture de quelques bergerie dans le Midi). Les rameaux de cyprès mêlés aux grains les préserveraient des parasites.
En Gironde, il faut aller admirer la ligne de pins parasols de cyprès (et de pins parasols) longeant le coteau du jardin paysager du Domaine de Malagar (Saint Maixent) où vécut François Mauriac. Elle offre de belles vues sur la campagne environnante. Le cyprès commun pousse depuis l'Antiquité sur les coteaux de Cenon et de Floirac (quartier du Cypressat), mais les grands froids de 1709 les ont fait presque complètement disparaitre; heureusement, de nouvelles plantations ont été réalisées ces dernières années.
ATTENTION AUX CONFUSIONS! Dans les parcs, on rencontre des cyprès importés d'Amérique: cyprès de Lambert ou Cyprès de Monterey C. macrocarpa (Californie; il a pris une extension considérable en tant que rideaux protecteurs le long du littoral atlantique et de la Manche occidentale: il prend alors la forme d'un drapeau sous l'influence des vents forts; feuilles à odeur de citron; hybride Cupressocyparis Leylandii), cyprès du Portugal C. lusitanica ou "cèdre de Buçaco" ou "cèdrede Goa" (originaire du Guatemala et du Mexique; difficile à différencier du cyprès de l'Arizona avec lequel il semble s'hybrider), cyprès du Nevada, Cyprès glabre de l'Arizona C. arizonica (introduite en France en 1907; rustique). Les chamaecyparis (cyprès de Lawson et de Nootka) et les thuyas sont d'autres Cupressacées, reconnaissables à leurs rameaux aplatis (avec cônes globuleux chez les chamaecyparis; allongés et à écailles plates chez les thuyas). Vous pouvez admirer un cyprès de Lawson remarquable à Blason-Gohier datant de 1796 (5,80 m de circonférence).

Voisins des cyprès vrais, les CHAMAECYPARIS s'en distinguent par des rameaux généralement aplatis et dirigés dans des plans plus ou moins horizontaux, par des cônes plus petits (1 cm au maximum) composés d'écailles juxtaposées, en forme de tête de clou, mûrissant plus rapidement (un an). Le plus répandu est le CYPRÈS DE LAWSON Ch. lawsoniana (Nord-ouest des États-Unis)car il supporte bien la taille et sa croissance est rapide. Sa silhouette rappelle celle du thuya géant dont il se distingue par ses rameaux beaucoup moins aplatis, moins odorant, par sa flèche incurvée, par son écorce très fissurée et ne pelant pas en lanières. Son bois jaune et odorant résiste remarquablement aux attaques des produits chimiques.
Le CYPRÈS DE NOOTKA C. nootkatensis, originaire de la côte ouest des États-Unis, a un curieux port en carafe: la cime s'élargit puis se rétrécit! Contrairement au précédent et au thuya géant, ses jeunes rameaux ne sont pas tachés de blanc. Il fructifie rarement en France.

Application en phytothérapie


Pour certains d'entre nous, il est difficile d'accepter que ce gardien de nos cimetières ait des propriétés médicinale. C'est pourtant l'une des plantes médicinales les plus anciennement connue (comme l'atteste un écrit assyrien vieux de 35000 ans!): depuis les Mésopotamiens, les noix de cyprès soignent les hémorroïdes. En Grèce antique, on envoyait les malades des poumons respirer l'air (chargé d'essences balsamiques) dans les forêts de cyprès pou retrouver une meilleure santé. C'est avant tout l'une de nos meilleures plantes vaso-constrictrices, utilisée pour la circulation (varices, hémorragie, cicatrisation), la diarrhée, l'énurésie, les hémorroïdes. C'est un remède efficace contre les troubles de la ménopause et l'énurésie.
Les jeunes rameaux feuillés et les fruits (noix, galbules) doivent être cueillies encore vertes, avant leur maturité, en hiver. On les sèche à l'ombre et on emploie les noix pulvérisées. La décoction des noix est antiseptique et cicatrisante.
L'essence de cyprès, obtenue par distillation des glabules, est antispasmodique (2 à 4 gouttes sur un sucre, 4 à 5 fois par jour, contre la toux,la coqueluche).


Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.