L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Digitale pourpre

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Nom commun : 

Digitale pourpre

Nom latin : 

Digitalis purpurea

Autres noms : 

Grande digitale, gant-de-Notre-Dame, dé de Notre-Dame, Dame, gantillier, gant-de-bergère, doigtier, gandio, peterolle, gobe-mouche

Famille : 

Scrophulariacées

Taille : 

0,30 - 2 m

Description


Digitale vient du latin "digitus" = doigt, car on peut enfiler la fleur sur son doigt comme un dé (d'où ses nombreux noms populaires dérivés de ce mot). Au XVIIè siècle, les empoisonneuses C. Le Voisin et la marquise de Brinvilliers utilisaient, pour leur funeste desseins, la toxique digitale dissimulée dans des bougies, des bague ou des vêtements imbibés de son poison. Jadis, on croyait que les mixtures élaborées avec cette plante versées sur le sol des maisons avait le pouvoir de contenir les forces souterraines du mal. Selon la légende, les loups en mangeaient pour augmenter leur résistance à la course. Au moyen-Âge, les apothicaires allaient la cueillir de la main gauche, au nord d'un bois, à la pleine lune.
Comme toutes les bisannuelles, la première année, elle forme simplement une charmante rosette de feuilles soyeuses, douces au toucher, aux nervures saillantes sur la face inférieure. La deuxième année, la plante fleurit d'une manière spectaculaire, en mai-septembre, en émettant une tige florale creuse et solide. Les fleurs tubulaires (digitale vient de "doigtier, dé à coudre") ont une taille adaptée au gros pollinisateur qu'est le bourdon (4 - 5 cm), avec une piste d'atterrissage balisée de taches plus ou moins alignées à l'intérieur. Sur celle-ci, plus on remonte sur la tige, plus les feuilles (et leur pétiole) s'amenuisent. Les sépales sont libres, les pétales sont soudés. Les boutons floraux (jusqu'à 80) sont, au départ, dressés dans tous les sens, puis leurs pédoncules se coudent vers le bas et se tordent, amenant toutes les fleurs dans un même plan vertical: les épis sont alors curieusement alignées sur un seul côté. La couleur varie du violet au rose sur fond blanc. Ce sont d'abord les fleurs inférieures qui s'ouvrent les premières, puis la floraison se poursuit progressivement vers le haut de l'épi. Comme les étamines (et leur pollen) sont mûres avant le pistil (et ses ovaires), la digitale a besoin d'une fécondation croisée réalisée par de gros insectes (bourdons), suffisamment costauds pour " défoncer" les nombreux poils qui font barrage dans la clochette de la fleur car la piste d'atterrissage se rétrécit aussitôt en tunnel. Elle est balisée des taches: certaines sont visibles, d'autres sont dans l'ultra-violet. La fécondation réalisée, la fleur produit des capsules, à bout pointu, contenant énormément de minuscules graines rondes et foncées.
De nos jours, D. lanata est la digitale la plus cultivée à des fins médicinales (fleurs crème à fauve) car elle contient de la digoxine, encore plus puissant que la digitaline.

CULTURE:
En été-automne, les fines graines sont déposées à la surface de la terre finement émiettée (indispensable!) qui est ensuite plombée. Le sol doit être frais, à mi-ombre, riche en matières organiques, plutôt acide: la digitale est calcifuge. Par temps humide, les digitales pourrissent au niveau du collet ou de la racine. Coupez l'épi floral défleuri avant qu'il ne forme des graines pour tenter d'initier une deuxième floraison dans l'année. Comme cette plante est grande, cultivez-la en masse, en arrière plan d'un massif. Effet assuré!

Application en phytothérapie


TOUTES LES PARTIES DE CETTE PLANTE SONT TRÈS TOXIQUES. NE PAS CONSOMMER!L'intoxication est atroce: nausées, diarrhées, dilatation des pupilles, hallucinations épouvantables, troubles mortels du rythme cardiaque. Avec ses nombreuses glucosides (digitaline, digitoxine, digitoflavine, digitonine), c'est un exemple typique de la manière dont une plante peut guérir ou tuer! La dose toxique et la dose curative sont très voisines et la marge thérapeutique est donc étroite. D'ailleurs, dans certains pays, la culture de cette plante est interdite. C'est un médecin anglais William Withering qui a découvert ses propriétés cardiaques en 1785 en l'administrant à un patient souffrant d'hydropisie cardiaque (auparavant, on utilisait les feuilles comme un excellent cicatrisant). Même si on sait fabriquer les mêmes produits par synthèse, la digitale est toujours cultivée pour l'industrie pharmaceutique afin d'en extraire la digitoxine (tonicardiaque) de ses feuilles et préparer ainsi la digitaline (également cardiotonique: les battements du coeur sont ralentis, mais plus forts).
Trois autres digitales très connues oint des propriétés cardiotoniques et cicatrisantes très similaires: la digitale jaune Digitalis lutea, la digitale laineuse Digitalis lanata et la digitale aux grandes fleurs Digitalis grandiflora.


Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.