L'Écotourisme en Gironde

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Eglantier

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Nom commun : 

Eglantier

Nom latin : 

Rosa canina

Autres noms : 

gratte-cul, écorche-cul, rosier des chiens, rosier sauvage, fleur-de-chien, glantierre, rose du diable, épine-de-loup, arglancier, esclantier

Famille : 

Rosacées

Origine : 

Europe

Taille : 

1 - 5 m

Description


Le terme d'églantiers désigne le vaste groupe de Rosiers sauvages (Rosa species). Parmi les nombreuses espèces d'églantiers, le rosier des chiens Rosa canina est le plus fréquent (surtout dans l'Est de la France) car on croyait, jadis, que ses racines guérissaient des morsures de chiens enragés. C'est notre rosier indigène avec de modestes fleurs à cinq pétales. Ce n'est qu'au retour des croisades que Thibaud de Champagne importa les premières fleurs ayant un nombre de pétales plus important (dont la "rose de Provins"). Mais, l'églantier devint alors le porte-greffes des rosiéristes. Sa longévité est d'au moins 50 ans.
Symbole de féminité et d'érotisme, les fleurs ornaient les temples grecs dédiés à l'amour et parfumaient le vin des Romains. Au XVIe siècle, les colons espagnols emportèrent en Amérique latine les églantiers (dont Rosa rubiginosa) où il n'existait pas pour réaliser des haies défensives. Depuis, Rosa rubiginosa prospère (Chili).
"Il n'y a pas de rose sans épines" affirme le proverbe Et pourtant, savez-vous que les rosiers et leurs cousins sauvages (les églantiers) n'ont pas d'épines?! Ce que vous prenez pour des épines sont, en fait, des aiguillons c'est-à-dire des poils hypertrophiés. Ils se détachent d'ailleurs facilement de la tige en laissant une petite cicatrice (contrairement aux vraies épines qui sont issues du bois de la plante).
Les églantiers, champions du polymorphisme, prennent des allures très différentes suivant l'endroit où ils poussent (climat, sol, exposition, latitude), d'autant plus qu'ils s'hybrident entre eux.
Ses rameaux graciles portent de fortes épines, sauf ceux qui ont les fleurs.
Lorsque la fleur (églantine) blanche ou rose se fane, son calice s'enfle et se transforme en sac rouge (couleur donnée par le lycopène). Il se referme sur des graines rouge, jaune ou orangé: le cynorhodon (du grec "rose de chien" car les grecs utilisaient sa racine pour soigner la rage) est donc un pseudo-fruit. Sa paroi intérieure est garnie de "poil à gratter" (gratte-cul). Fendues en deux, les fruits deviennent d'originales boucles d'oreilles.
Certains insectes (cynips, guêpe parasite minuscule)créent, par piqûre sur la tige, des excroissances (galles) chevelues spectaculaires (bédegar = emmené par le vent en arabe car jadis on en ignorait l'origine) à l'intérieur desquelles elles vivent pour se protéger de leurs prédateurs (voir la revue La Hulotte n° 16).
Parmi les nombreux autres insectes vivant sur l'églantier, citons:
- la chenille arpenteuse (ou géomètre) qui se déplace à grandes "enjambées" en repliant son corps en S à chaque pas. Il vous faudra être très attentif pour la débusquer car elle adopte une position immobile très mimétique lorsqu'elle est inquiétée puisqu'elle ressemble alors à une brindille: le biston du bouleau Biston betularia. L'adulte est un papillon majoritairement noir dans les zones polluées et plutôt clair en zone rurale;
- le charançon bucheron (il est passé par là quand vous voyez des boutons floraux suspendus à un fil: en effet, après y avoir pondu un oeuf, il rogne le pédoncule pour limiter l'alimentation en sève pour bloquer l'évolution de la fleur);
- la cétoine dorée (ou hanneton des roses) et la trichie à bandes;
- la mégachile du rosier, abeille solitaire (couleur brique sous l'abdomen) qui effectue, en quelques secondes, des découpes demi-circulaires parfaites dans les feuilles (elle enroule entre ses pattes le morceau prélevé pour en tapisser le "berceau" de ses larves: 6-7 alvéoles en cigare);
- la tenthrède rouleuse Blennocampa phyllocolpa (moucheron noir de 4 mm maximum) qui incise les folioles pour y laisser sa ponte. Les feuilles incisées (même sans dépot d'oeufs) s'enroulent sur elles mêmes.
- la tenthrède ceinturée du rosier Allanthus cinctus dont la larve de 2 cm vert olive dessus et vert clair dessous (et tête jaunâtre) se tient au revers des feuilles; elle se nymphose ensuite dans les tiges: c'est alors un adulte avec une large ceinture blanche abdominale, actif en été.
- la mouche à scie villageoise Arge ochropus (collier jaune clair juste derrière la tête) et l'hylotome du rosier Arge pagana (collier largement noir), longues de 9 mm, qui tronçonnent les tiges pour pondre dedans (écoutez bien!). Lorsque ces insectes ont visité un églantier (ou un rosier), les jeunes pousses s'étiolent à partir de leur sommet, noircissent et s'affaissent. Les larves sociables (jaune verdâtre avec une tête orangée et de nombreux points foncés) s'éloignent alors pour s'attaquer à d'autres feuilles (en se plaçant sur la tranche du limbe). Elles se nymphosent dans le sol..

Parmi les espèces proches, citons:
- le rosier des montagnes Rosa alpina, plus petit (2 m) et presque sans épines dans les Alpes et le Jura;
- l'églantier odorant Rosa rubiginosa, calcicole, aux tiges érigées couvertes d'épines recourbées, fortes et inégales, aux fleurs rose vif, aux fruits subglobuleux rouge vif;
- Rosa sempervirens, à fleurs blanches, aux feuilles persistantes l'hiver, à cinq folioles coriaces;
- Rosa pimpinellifolia,très rare sur nos côtes du Sud-Ouest.

Application en phytothérapie


Le cynorhodon est le fruit sauvage le plus riche en vitamine C (300-400 mg/100 g pour Rosa canina et plus de 2000 mg/100 g pour Rosa rugosa et rosa pendulina!): il en contient 5 à 10 fois plus que le citron! Pendant la seconde guerre mondiale, en raison du manque d'agrumes, les enfants (surtout) étaient réquisitionnés/rétribués pour ramasser à grande échelle les cynorhodons (cela s'est poursuivi jusqu'en 1964 en Angleterre!). Il contient aussi de la provitamine A, vitamines B, E (dans les akènes!), K, et PP, acide citrique, tanin, pectine, rutine (glucoside aux propriétés antiscorbutiques). La compote et l'infusion de cynorhodons séchés renforcent le systèmes immunitaires (femmes qui allaitent) et elles sont bénéfiques en cas d'inflammation des reins, de calculs, de goutte et de rhumatismes.
Récoltées au printemps et séchées à l'ombre, les fleurs en boutons et les feuilles sont des laxatifs légers et s'utilisent aussi comme agents cicatrisants sur les plaies. Le bedegar, riche en tannin, est astringent et tonique.
Au niveau de l'utilisation cosmétique, une décoction de fruits (50 g pour 1 L) bue chaque matin éclaircit le teint. De l'églantier, on tire aussi un produit pour lutter contre la couperose.
A partir des tourteaux de cynorhodons (provenant des déchets de la fabrication du Ketchup), des scientifiques chiliens ont fabriqué une huile de pépins d'églantine que l'on trouve désormais dans le commerce sous le nom d'huile de rose musquée. Cette huile a un remarquable pouvoir de régénération des tissus cellulaire et c'est un cicatrisant si remarquable qu'elle est utilisée dans des cas extrêmes en milieu hospitalier. Nous ne pouvons que la conseiller pour effacer les rides et nous ne doutons pas que, grâce à son pouvoir de combattre le vieillissement, cette huile a un avenir prometteur.


Les recettes de cuisine


Qui s'y frotte s'y pique. Mais, rien n'empêche d'en cueillir quelques fructifications! Après les premières gelées, la saveur des fruits s'améliore. Ramassez-les avec des gants pour éviter de vous piquer avec les branches épineuses. Le fruit est alors mou et, en appuyant dessus, la pulpe acide sort, laissant les poils irritants dans le cynorhodon. En général, on ne le consomme pas directement et on en fait des tisanes, des liqueurs (confire les fruits dans l'eau de vie), des confitures (cure anti-fatigue et antiscorbutique) ou des accompagnements pour le gibier en sauce et les soupes (Scandinavie pour ces deux dernières utilisations). On fait aussi des confitures avec les pétales (Moyen-Orient). Ces pétales aromatisent le thé en Chine. Les fleurs associées au sucre, à la farine, au beurre et aux pommes font de délicieux crumbles.

CONFITURE DE CYNORRHODONS:
L'étape préalable est l'obtention de la purée: enlever les deux extrémités des fruits, les couper en deux, racler les graines et les poils, les plonger dans l'eau pendant 15 minutes. Les ressortir. Les faire cuire, les réduire en purée et tamiser celle-ci à travers un chinois. En ajoutant 75 g de sucre spécial confiture (avec acide citrique et pectine incorporée) pour 100 g de purée et un citron, vous faites évaporer à feu doux.

RECETTE DU KETCHUP MAISON:
Ajouter à la pulpe des cynorhodons de la tomate, du sucre et des épices diverses que vous écrasez ensemble.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.