L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Groseilliers

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Nom commun : 

Groseilliers

Nom latin : 

Ribes

Famille : 

Grossulariacées

Origine : 

Europe

Taille : 

0,60 à 1,50 m

Description


Il existe 150 espèces de groseilliers peuplant toutes l'hémisphère dont neuf se rencontrent en Europe et cinq en France.
Le nom latin "ribes" vient de l'arabe "ribas" ou "riwas" qui désigne un fruit acide ou la rhubarbe. Le genre ribes comporte 150 espèces environ. Ce sont tous des arbustes à feuilles simples, faciles à multiplier par graines ou par boutures ligneuses en automne. Certains sont purement décoratifs (Groseillier sanguin à fleurs). Si ces petits arbustes fruitiers sont très populaires en Europe, ce n'est pas la cas en Amérique du Nord car ils sont potentiellement porteurs de la rouille vésiculeuse du pin blanc.
Dans notre jardin de la biodiversité, les visiteurs peuvent apercevoir des feuilles complètement rongées: c'est soit le travail des chenilles vertes à points noirs de la tenthrède (insecte adulte jaune), soit l'oeuvre des arpenteuses de la zérène du groseillier Abraxas grossulariata (adulte, c'est un magnifique papillon blanc avec deux raies transversales jaunes et de nombreux points noirs). D'autres feuilles présentent des plis et des boursouflures rougeâtres/jaunâtres: le responsable est le puceron vert jaunâtre du groseillier, ailé ou non: Cryptomyzus ribis. La production des plantes ne semble pas souffrir de cette infestation.
- Le groseillier à grappes Ribes rubrum (groseillier rouge, groseillier épineux, raisin de mars, gadelier, groiselle; photographie centrale) se plait, à mi-ombre, dans les sols argilo-calcaires des bois frais de l'Est de notre pays. Les fruits, délicats pendentifs couleur rubis, parviennent à maturité vers la Saint-Jean (Johannisbeere = baie de la saint-Jean, nom populaire en allemand). Leurs vertus médicinales sont connues depuis le XVIe siècle. Il n'a été cultivé qu'à partir du XVIe siècle et sa mise en culture a atténué l'acidité des baies..
- Le groseillier à maquereau Ribes uva-crispa (photographie de droite) est le seul groseillier à posséder des épines (sur les rameaux) ou des poils raides (feuille, pétiole, calice, fruit). En plaine, c'est le plus répandus des cinq groseilliers indigène en France. Au début du XIe siècle, les moines ukrainiens ont commencé à le cultiver. Il est très apprécié des Anglo-Saxons (et des Allemands) qui ont réalisés un énorme travail de sélection: en 1810, on comptait chez eux 400 variétés! Certaines sont dépourvues d'épines: Freedonia, Captivator, Spine Free... On distingue les variétés vertes (couleur de l'espèce d'origine), les rouges, les jaunes et les blanches. Ces dernières sont moins acides et conviennent donc mieux pour une dégustation nature directe. Sous une peau ferme et craquante (souvent joliment marbrée), cette baie ovoïde, souvent hérisse de curieux petits poils rugueux, est la seule que l'on puisse AUSSI cueillir avant maturité. Sa pulpe riche en pectine et ses graines mucilagineuses en font un laxatif doux et efficace. C'est le moins exigeant des arbres fruitiers: il demande juste un sol sans eau stagnante (mais il craint la sécheresse) et il est sensible au mildiou américain (le blanc américain) traiter avec un fongicide de votre choix (voir la rubrique "l'écojardinage"), sauf le soufre qu'il ne supporte pas. Il fructifie surtout sur le bois de 2 et 3 ans. Comme pour le myrtillier, bien qu'il soit autofertile, il vaut mieux avoir deux variétés compatibles côte à côte pour avoir un bon rendement. Les fleurs (seules ou par paires) apparaissent en avril-mai à l'aisselle des feuilles, sur de courts pédoncules. Leurs pétales blancs sont plus courts que les sépales qui montrent leur couleur interne brun-rouge quand ils se recourbent vers l'arrière lorsque la fleur est bien ouverte. Les branches retombent, en général, en arcs de cercle.
- Ces deux groseilliers plutôt septentrionaux préfèrent se réfugier sous l'ombre des grands arbres quand ils poussent plus au sud. Ils aiment les sols de pH 7,5, profonds, humifères (racines superficielles). Dans notre jardin de la biodiversité de Mérignac (Gironde), nous avons, certaines années, des larves de tenthrèdes du groseillier (capables d'un effeuillage total en quelques jours) dont les effectifs sont anéantis avec un traitement au bacille de Thuringe.
- Pour être complet, il existe aussi un hybride de groseillier à maquereau, de cassissier et de Ribes divaricum: le caseillier ou Josta* (photographie de gauche) aux tiges non épineuses. Il peut produire 5 à 10 kg de fruits (casseille) qui ont l'acidité de la groseille à maquereau et l'arôme du cassis! Les baies poussent déjà sur le bois d'un an, mais aussi sur le bois de plusieurs années. Cet arbuste ne demande pas de soins particuliers (si ce n'est mulching et non retournement du sol comme ses parents), mais il prend de la place.
- Enfin, pour l'agrément, il existe des groseilliers odorants à fleurs parfumées (Ribes palmatum). La saveur de ses fruits rappelle celle du cassis!
- Des espèces non cultivées et plutôt montagnardes dans notre pays poussent en pleine nature:
* le groseillier des Alpes Ribes alpinum (1 à 1,5 m), a des fruits insipides sans emploi. On le reconnait à ses petites feuilles normalement trilobées.
* le groseillier des rochers Ribes petraeum (1 à 2 m), moins commun, aux grandes (plus de 7 cm) feuilles tronquées ou en coeur peu profond à la base, a des baies acides et acerbes, tout juste comestibles après cuisson.

* contraction de deux mots allemands: JOhannisbeere (= groseillier à grappes, cassis) et STAchelbeere (= groseillier à maquereau).

Application en phytothérapie


- Le groseillier rouge possède les mêmes propriétés que le cassissier, mais de manière moins marquées. De faible valeur énergétique (60 Cal/100 g), les baies (seulement 7% de sucre, d'où leur saveur acide) sont permises aux diabétiques qui, normalement, ne peuvent pas consommer trop de fruits sucrés. Légèrement laxative, la groseille est adoucissante et tonique. Desséchées au four, elles se conservent ainsi pour des infusions hivernales.
- Les groseilles à maquereau, bien mûres, sont riches en vitamine A. Additionné de miel, le jus (dépuratif) est donné aux anémiés et aux goutteux. Consommées avant maturité, les baies sont laxatives.


Les recettes de cuisine


NE PAS CONSOMMER TROP DE BAIES INCOMPLÈTEMENT MÛRES.
Les fruits se consomment frais, sous forme de jus ou parfois dans les salades auxquelles ils donnent une note de fraicheur acide. Ils semblent inventés tout exprès pour apaiser les grandes soifs estivales. Cuits, ils donnent des gelées et des confitures fort appréciées (celle de Bar-le-Duc est traditionnellement épépinée à la plume d'oie !). Cuits encore verts, les fruits du groseillier à maquereaux accommodent les sauces accompagnant les maquereaux. Égrenés, avec ou sans sucre, ils se conservent dix mois aux congélateurs et encore plus longtemps dans un alcool (ratafia, eau de vie). C'est l'un des produits les plus prisés des visiteurs du jardin de la biodiversité! Nous mélangeons même aux salades et aux sauces les jeunes feuilles encore tendres, après les avoir ciselées. La saveur, de sucrée à acide, varie en fonction des variétés et du lieu de culture.

RECETTES DE LA CONFITURE, DE LA GELÉE, DU SIROP, DE LA LIQUEUR ET DU SORBET DE GROSEILLES: voir la fiche "ronce" rubrique "recettes de cuisine" (on remplace simplement les mûres par les groseilles dans ces recettes).

RECETTE DE LA LIQUEUR DE VIEUX GARÇON:
La recette est donnée sur la fiche "merisier" à la rubrique "les recettes de cuisine".
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.