L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Jujubier

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Nom commun : 

Jujubier

Nom latin : 

Ziziphus ziziphus

Autres noms : 

Azufaita (Espagne), dattier chinois,guindanlier, dindoulier, circoulier, guindaulier, azoggat (Maroc), pommier malcadi, pommier surette (La Réunion)

Famille : 

Rhamnacées

Origine : 

Chine probablement., Syrie?

Taille : 

6-10 m

Description


Il y a environ 80 espèces de jujubiers dans le monde. Probablement arrivé en Inde vers 3000 ans avant J-C,les Grecs le découvrirent en Asie occidentale et l'introduisirent en Europe, mais les Romains ne l'auraient connu qu'au début du premier siècle de notre ère. Les Arabes étendirent le jujubier cultivé dans toute l'Afrique du Nord. Notre jujubier semble avoir été mis en culture, en France, sous Philippe-Auguste pour ses fruits comestibles et ses propriétés médicinales. Il occupait alors une place de choix dans la pharmacopée jusqu'à la Renaissance avec la célèbre "eau céleste" que l'on croyait efficace contre la lèpre, la peste et les animaux venimeux! Puis il fut délaissé en Europe (mais pas en Asie). Au XIXe siècle, sa culture régressa considérablement en France et il devint ainsi un arbre demi-sauvage dans le Midi: aujourd'hui, la mode est aux fruits plus sapides et volumineux! Au XIXe siècle, il se naturalisa en Amérique. Il était autrefois si commun en Algérie que la ville de Bonn (= Annaba) était appelée la ville aux jujubes (anneb en arabe).
Son tronc court porte des rameaux épineux de deux sortes: des droits et des tortueux. Les feuilles caduques finement dentelées ont aussi des stipules épineux: leur forme et leurs nervures ressemblent à celles du paliure. Avec les fleurs jaunâtres et petites (avril-mai), les abeilles Yéménites fabriquent un miel réputé. Les jujubes (nom à la fois masculin ET féminin!), encore appelé(e)s "guindaules" ou "chichourlos", sont les drupes ovoïdes, d'abord de couleur verte, puis jaune et enfin rouge-brun (en septembre-octobre), au noyau dur et pointu, à la pulpe (couleur pistache) plus ou moins juteuse suivant les variétés. Mûres et blettes, elles se mangent nature. Mais lorsqu'elles sont vertes, elles se mangent avec du sel. Les fruits blessés fermentent facilement et ils sont alors immangeables. Jadis, ils étaient vendus au verre (comme nos crevettes grises de l'estuaire de la Gironde) aux Provençaux et aux Corses. Il n'y guère que quelques enfants, aujourd'hui, qui portent un certain intérêt au fruit: ne dit-on pas, en Corse, d'une personne qui se croit riche "epadrone di u zizulu" ("il est propriétaire du jujubier"). En Chine, il est plus gros que chez nous et il reste très prisé à l'état vert ou mûr, mais - dans ce dernier cas - séché ou confit.
En Birmanie, le jujubier nourrit un insecte suceur (Kerria lacca, Taccardia lacca), utilisé pour la production d'une gomme-laque (sticlac, shellac) de piètre qualité (un peu comme les figuiers de Barbarie et la cochenille) qui entre dans la composition d'un vernis pour les boiseries et le mobilier.
Le bois au coeur rouge-acajou est facile à travailler et à polir: il est dur, lourd, compact et il a un grain fin. C'est un excellent combustible. En Inde, le jujubier ne doit pas être planté dans le jardin d'une maison car il provoquerait des disputes entre les habitants! En revanche, cet arbre est vénéré par les musulmans et les sikhs (Nord Ouest de l'Inde) car un vieux jujubier aurait abrité, à Amritsar, le baba bouddha Ji, l'un des fondateurs du sikhisme.
On trouve trois autres principales espèces: le jujubier lotus Z. lotus (réputé pour faire oublier la nostalgie de la terre natale aux compagnons d'Ulysse, sur l'île des Lotophages!), le jujubier épine du Christ Z. spina Christi (qui aurait servi de couronne au Christ), Z. mauritiana (aux feuilles portant trois nervures: une grosse centrale et deux arquées partant de la base).
Lors de nos sorties éco-touristiques et de nos balades dans la nature en Gironde, nous en avons découvert plusieurs exemplaires, planté dans les jardins botaniques de Talence (parc Peixotto) et de Bordeaux (celui de la rive gauche, dans le jardin public) que nous vous invitons à aller découvrir sur place (voir les photographies ci-dessus).

CULTURE:
Le jujubier se multiplie soit par semis (pour les variétés non sélectionnés), soit par drageons (prélever ceux qui foisonnent à son pied). Il pousse dans une terre riche, sableuse et profonde. En région sèche, l'arbre est très résistant au froid (- 10°) et à la chaleur (+ 50°). Il lui faut peu d'eau (150 à 500 mm par an) et il n'aime pas l'humidité permanente, mais il appréciera néanmoins la fraicheur). Il fructifie vers 5 ans et atteint son plein rendement vers 10 ans. Sa croissance est assez lente. Biner et supprimer les drageons pour augmenter la production.




Application en phytothérapie


En médecine, à La Réunion, on utiliserait les racines en infusion contre les coliques. Le fruit est riche en protéines et en vitamines A et C; il est aussi nutritif: 85 Cal pour 100 g et 20% de sucre. Ses qualités alimentaires seraient donc voisines des dattes et des figues. Son mucilage abondant en fait un laxatif doux pour les personnes fragiles.
La délicieuse pâte de jujube, de couleur bistre et de la consistance d'une guimauve ferme, est vendue en pharmacie, sous forme de petits cubes de pâte de fruits de 1 cm de côté, pour calmer la toux. Il est aussi utilisé sous forme de sirops antitussifs (ou de décoctions pour gargarismes) et pour calmer les irritations de la poitrine d'une manière générale.
On utilise aussi les propriétés astringentes du bois (riche en tanin).



Les recettes de cuisine


Pour compenser la saveur fade des drupes (appelés les chichourlos, en Provence), on les trempe dans du miel ou on les caramélise à la poêle (voir une recette similaire sur la fiche "arbousier").
Frais, la valeur alimentaire du fruit est comparable à celle de la banane. Séché, à celle de la datte. Sa teneur en sucre peut dépasser alors 30% (rappel: 22% pour la betterave à sucre). Une fois séché, par fermentation, on obtient un vin de médiocre qualité.
Les fruits pilés donnent une boisson désaltérante. Bien sélectionnés et bien séchés, les jujubes peuvent se conserver jusqu'à deux ans.
Les jeunes feuilles cuites sont mangées comme des épinards.

RECETTES DE LA CONFITURE, DE LA GELÉE, DU SIROP, DE LA LIQUEUR ET DU SORBET DE JUJUBES: voir la fiche "ronce" rubrique "recettes de cuisine" (on remplace simplement les mûres par les jujubes dénoyautées dans ces recettes).

RECETTE DES JUJUBES CONFITES: voir la fiche "angélique", à la rubrique "recettes de cuisine"

RECETTE DE LA LIQUEUR DE VIEUX GARÇON:
La recette est donnée sur la fiche "merisier" à la rubrique "les recettes de cuisine".
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.