L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Liquidambar

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Nom commun : 

Liquidambar

Nom latin : 

Liquidambar styraciflua

Autres noms : 

Copalme d'Amérique, noyer satiné

Famille : 

Hamamelidacées

Origine : 

Sud-Est des Etats-Unis (bassin du Mississipi, Floride...)

Taille : 

10 à 30 m (Europe); 40 m (U.S.A.)

Description


Il doit son nom à mot forgé par les Espagnols signifiant "l'ambre liquide" qui perle de son tronc lorsqu'on l'incise. Cette résine était utilisé comme baume (pharmacie, parfumerie) sous le nom de copalme, d'où l'autre nom du liquidambar (copalme d'Amérique). Cette "sève" est aussi appelé styrax ("styraciflua" = larmes de styrax), storax américain, , baume du Pérou, baume de liquidambar, s'obtient en pelant partiellement le tronc au printemps et en répétant cette opération tous les 3 - 5 ans. Elle dégage une odeur de cannelle: elle est utilisée aujourd'hui comme fixateur dans les parfums. C'est à partir du styrax qu'a été isolé pour la première fois (au XIXe siècle) le styrène, matière première du polystyrène (synthétisé en 1925).
Avec le ginkgo et le magnolia, il appartient à la flore de l'ère tertiaire: il peuplait l'Europe avant les périodes glaciaires. Il est vrai que les bourgeons sont assez sensibles au gel.
Il existe quatre espèces de liquidambar: le copalme d'Orient L. orientalis (Turquie), le copalme de Chine L. acalycina (Chine), le copalme de Formose L. formosana (Taïwan), le copalme d'Amérique.
Découvert par les Espagnols en Floride (1528), le copalme d'Amérique a été introduit en 1681 en Angleterre. Liquidambar styraciflua est l'espèce de liquidambar qui croit le moins lentement. Il a un port pyramidal élégant. Il forme un tronc droit et unique, mais il drageonne beaucoup (c'est d'ailleurs un moyen de multiplication* plus efficace que le semis). Dans sa jeunesse, l'écorce du tronc est lisse et grise. Puis, en vieillissant, elle devient brune et profondément striée/crevassée comme celle du chêne (photographie centrale). Les jeunes rameaux sont rougeâtres, sillonnés de crevasses. Le plus étonnant, c'est qu'en vieillissant, des crêtes liégeuses/subéreuses forment des lignes d'excroissances sur les branches (photographie de droite)!
Les feuilles caduques, vert foncé, palmées (en général 5 ou 7 lobes), rappellent, par leur forme, celles de certains érables, mais elles sont alternes (opposées chez l'érable). Froissez-les pour sentir leur odeur balsamique (encens)! Même de loin, lors de nos balades dans la nature en Gironde, elles ne passent pas inaperçues à l'automne: en effet, elles prennent des couleurs écarlates et flamboyantes (dans notre association "jardin-et-ecotourisme", nous disons que "l'arbre brûle"!). Sur une seule feuille, vous pourrez observer diverses nuances de dégradés: rouge feu, cuivre, or, pourpre, orangé et même rose et noir! Les feuilles attirent le regard des promeneurs, notamment dans les boisements de liquidambars de notre Sud-Ouest. Dans certains jardins et parcs, il forme, à cette saison, une très spectaculaire association soit avec le liriodendron tulipifera, soit avec le gingko biloba aux feuilles jaune d'or, soit d'autres arbres au feuillage automnal remarquable (érables importés).
En avril-mai, apparaissent les fleurs unisexuées 'monoïques) et insignifiantes (surtout les mâles qui forment des grappes de petits globes jaunes; les femelles s'arrangeant en petits capitules verdâtres), sensibles aux gels tardifs, vert-jaune: les mâles en chatons/épis dressés, les femelles en glomérules pendants.
Au bout de 25 ans, il produit de curieux fruits (rappelant, de loin, les "boules" du platane) qui méritent toute notre attention: chaque boule (2-3 cm de diamètre), hérissée de pointes, est constituée d'une multitude de capsules, contenant des graines ailées. Ces dernières caractérisent précisément l'espèce, notamment pour les liquidambars fossiles. Les graines sont libérées par de petits trous (pores) qui s'ouvrent à maturité. Les fruits brunissent en hiver et beaucoup d'entre eux ne tomberont qu'au printemps suivant. Comme la chute de ces fruits rend glissant les parkings (risque de chutes avec fractures), on a crée, à la fin du XXe siècle, une variété sans fruit (stérile): L. styraciflua "Rotundiloba".
Au bout de 200 à 300 ans (âge maximum), le tronc peut atteindre 1 m de diamètre. Le bois brun rouge rappelle celui du noyer, d'où son nom de noyer satiné. Comme il dégage une odeur de cannelle, certains ébénistes l'utilisent pour la fabrication de meubles odorants
L. styraciflua est de culture facile dans un sol frais, plutôt neutre ou légèrement acide, riche en humus, avec une bonne hygrométrie atmosphérique. Outre sa rusticité (-15°), il est insensible aux maladies. Il n'aime pas les zones inondées, le calcaire (bien qu'il en supporte un peu) et les transplantations (racine pivotante). Il supporte la pollution atmosphérique. On peut le cultiver comme bonsaï.
Son bois souple et tendre fut un temps autant utilisé (tonneaux, placage, instrument de musique) que le chêne et l'érable. Au delà de 60 ans, le bois de coeur est très apprécié (facile à teinter et à polir). Avec la cellulose, on fabrique un papier de grande qualité.
En Gironde, le jardin paysager de la Souloire (Saint-Germain-du-Puch) présente une belle collection de liquidambars.
* Malgré nos nombreuses tentatives, nous n'avons jamais réussi la moindre bouture au jardin de la biodiversité de Mérignac.

Application en phytothérapie


Au XIXe siècle, l'infusion de résine du liquidambar servait à combattre la sciatique, la diarrhée, la dysenterie, les affections respiratoires et cutanées (lait de beauté). Chez les Aztèques, le "storax" était ajouté au tabac pour en rehausser le goût.


Les recettes de cuisine


Aux États-Unis, les indiens cherokee mâchaient le styrax. Il a d'ailleurs été un produit de base des premiers chewing-gum.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.