L'Écotourisme en Gironde

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Marronnier d'Inde

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Nom commun : 

Marronnier d'Inde

Nom latin : 

Aesculus hippocastanum

Autres noms : 

Châtaignier de cheval, châtaignier-de-mer, chatagnier de cochon, amarounié, marounié, châtaignier de mer, faux châtaignier, châtaigne-chevaline

Famille : 

Hippocastanacées

Origine : 

10 à 30 m

Taille : 

Balkans (et non l'Inde!): nord de la Grèce, Albanie, Asie mineure

Description


Le marronnier d'Inde vient... des Balkans, d'Albanie et du nord de la Grèce! (En Inde, il s'agit d'une autre espèce: Aesculus indica). En fait, comme à l'époque de son introduction, beaucoup de nouvelles plantes étaient importées d'Inde, on crut que c'en était une plus avant de se rendre compte de la méprise. Aesculus est le nom d'un chêne aux glands comestibles; hippocastanum = châtaignier de cheval, car les Turcs faisaient manger ces marrons (moins de 2kg/jour mélangé à leur picotin) à leurs vieux chevaux malades pour calmer leur asthme et leur toux. Grâce à eux, il serait arrivé au jardin botanique impérial de Vienne en 1576 (semis du français Charles De l'Ecluse).
Bachelier l'a rapporté de Constantinople (aujourd'hui Istanbul) et l'a introduit en France en 1615, dans les jardins du duc de Soubise. Cet arbre est devenu l'un des favoris des concepteurs de parcs depuis cette époque: dès 1670, il ornait l'avenue des Tuileries à Paris. Dans les années 1870, 80% des arbres cultivés pour l'alignement dans les pépinières municipales de Paris étaient des marronniers. Mais, il est actuellement menacé par l'armillaire, le chancre, ainsi que par la larve d'un minuscule papillon: la mineuse du marronnier Cameraria ohridella (brun clair avec quelques rayures transversales blanches et légèrement noires; 8 mm). Initialement apparu en Macédoine en 1985, cette mineuse s'est répandue de manière foudroyante en Europe (2-3 générations annuelles) et elle a atteint la France en 1999 (jardins du Muséum de Paris). Les chenilles sont assez petites pour vivre dans l'épaisseur de la feuille: les feuilles infestées prennent des taches rousses, puis brunes et elles tombent prématurément. On lutte contre ce prédateur (sans ennemi naturel) avec des pièges à phéromones. Au coeur de l'été, le feuillage de certains marronniers infestés devient totalement brun! Dans notre région, pour remplacer 20 énormes marronniers victime de ces maladies près de l'entrée Saint Médard du Parc bordelais , la municipalité de Bordeaux a opté pour trois espèces de caryers: écailleux, tomenteux, de l'Illinois (pacanier).

Comme il est souvent présent dans les cours de récréation, des générations d'écoliers à l'imagination débordante ont utilisé ses fruits comme de vrais jouets en les transformant en: projectiles, petites balles, dinette ou figurines (petits personnages ou animaux). Lors de nos sorties éco-touristiques et de nos balades en Gironde, nous avons trouvé des arbres de qui ont aujourd'hui plus de 300 ans! Dans la région de Metz, il symbolise le luxe et la richesse.

Cet arbre (rustique une fois sa prime jeunesse écoulée) présente un enracinement peu profond: les racines traçantes soulèvent même les plaques de goudron qui se craquèlent sur de grandes longueurs. Les branches des arbres âgées ont une forme tortueuse caractéristique.
Explications: l'accroissement en longueur des rameaux se poursuit d'année en année à partir des bourgeons terminaux, sauf s'il s'agit (bien sûr) d'un bourgeon floral. Dans ce cas, c'est un bourgeon proche, mais (forcément) LATÉRAL qui se développera d'où l'aspect zigzaguant des vieilles branches.
L'écorce du tronc est lisse les premières années, puis s'exfolie en minces plaques quand l'arbre vieillit. Examinez bien, en mars, les gros bourgeons (2-3 cm), pointus, bruns et enduits d'une résine poisseuse: ce sont les meilleurs de notre flore pour montrer à vos enfants comment se forment les feuilles et les fleurs au printemps (à la fin de l'hiver, vous coupez un rameau terminal et vous le placez dans un bocal rempli d'eau; il suffit ensuite d'observer l'évolution chaque jour. Au moment du débourrement, les bourgeons explosent en revêtant les couleurs de l'habit de Peter Pan. Et pourquoi pas garder un souvenir en réalisant des photographies des étapes successives?). Les feuilles sont digitées (comme les pattes d'un grèbe castagneux) en 5-9 folioles ovales; le pétiole peut atteindre 20 cm de long! Les très jeunes folioles sont pendants et duveteux, puis ils deviennent glabres et ils se relèvent. Après la chute automnale des feuilles (précoce dans les régions sèches), avez-vous remarqué qu'il y a toujours quelques réfractaires qui restent accrochées sur la ramure?
Si on exclut les arbres fruitiers, le marronnier d'Inde est l'un des premiers arbres à sortir de sa torpeur hivernale: si la feuillaison a lieu en mars, la floraison, elle, se déroule en avril. Il commence à fleurir à l'âge de 15 ans. Les inflorescences sont d'énormes panicules pyramidaux (thyrses) de 30 cm de haut, dressés et terminaux, formés presque exclusivement de fleurs mâles, recouvrant presque entièrement l'arbre. Quel spectacle! Les pétales blancs ont une tache à la base: blanche ou jaune au début (en attente de pollinisation), rouge (de confusion?!) ensuite (une fois fécondés). En effet, les abeilles pollinisatrices voient bien le jaune, mais ils sont aveugles au rouge (Par contre, les papillons voient le rouge).
Quant au fruit, tout le monde le connait: il tombe au sol quelques jours à des vacances estivales, annonçant ainsi la rentrée des classes toute proche aux enfants et à leurs parents! La coque épineuse s'ouvre par trois valves et libèrent alors 1, 2 ou 3 marrons. La tache gris-brun clair (hile) est la cicatrice où il était attaché.

On extrait une huile d'éclairage des marrons.
Mélangée à de l'eau d'arrosage, la poudre de marron est un vermifuge pour les vers de terre. C'est bon à savoir si vous trouvez qu'ils perturbent trop vos semis (notamment en pots) ou si vous cherchez des appâts pour la pêche! Placés dans une armoire, les marrons éloigneraient les mites.
Avec la farine brute mise dans l'eau bouillante, nous réalisions, lorsque nous étions plus jeunes, de gluantes colles blanches imputrescibles et très solides (utiles pour les herbiers), ainsi que des amidons pour rigidifier les cols des chemises. Deux marrons râpés dans un litre d'eau chaude donne un savon/lessive pour le linge coloré.
Bien qu'il soit bon pour la pyrogravure, le bois de marronnier est de piètre qualité (bois de chauffage, cagettes, parfois caisses): blanc, sans coeur, tendre, il se fendille facilement. Aussi, la présence de marronniers en forêt s'explique par le fait que ses fruits servent de source de nourriture pour les cervidés... ou dans un but ornemental (voute), comme dans nos parcs urbains. Il dépérit sous le couvert des autres arbres. L'ampleur de son feuillage et de son ombre n'en font pas un arbre pour les jardins. Il pousse vite et il vit deux siècles.

Application en phytothérapie


L'écorce contient des flavonoïdes et de l'esculoside ou esculine (un hétéroside coumarinique). Ces composés sont puissamment efficaces contre les problèmes circulatoires (veines et capillaires) et de peau (varices, jambes lourdes ou enflées, couperose, engelure) et surtout pour le traitement des hémorroïdes (bain de siège). Il combattrait la rétention d'eau (et donc l'obésité). Il agirait favorablement sur les maladies respiratoires.
Riches en saponine, les marrons d'Inde broyés et réduits en farine donne un savon qui rend la peau plus brillante car il dissout les graisses et les huiles. Ces pâtes à récurer sont efficaces pour les serruriers, les ramoneurs et les forgerons.


Les recettes de cuisine


Sa richesse en amidon laissait espérer qu'un jour on pourrait utiliser sa farine. Les marrons frais ne pas consommables par les humains à cause de leur amertume (on les employait jadis comme vomitif!). Néanmoins, un pain expérimental (où un quart de la farine était de la fécule de marron) fut fabriqué à Bordeaux en 1928 par J.H. Huitric. Ils sont toxiques pour la volaille. A l'état cru ou cuit, en petites quantités broyées et mélangés à leur nourriture, on peut le donner à quelques rares animaux (chèvres, ânes, chevaux, moutons, bétail, cerf, certains poissons). Pour les chevaux, il faut les habituer peu à peu à cette alimentation pour leur éviter de s'empoisonner. Les marrons d'Inde sont très appréciés de certains animaux des zoos (nourriture des cervidés). Par contre, la volaille dédaigne les marrons d'Inde.
Mais, une fois débarrassés de leur principe amer, ils fournissent une fécule agréable et nourrissante (riche en amidon), utilisée en pâtisserie lors des périodes de disette notamment. En 1857, Callias, habilité à recueillir tous les marrons d'Inde dans tous les jardins impériaux pendant cinq ans, avait tenté la fabrication industrielle de cette farine, mais sa tentative se solda par un échec. En octobre 1942, à Paris, on extraya la fécule des marrons d'Inde pour les rendre comestible. Au cas où cette dure époque reviendrait un jour, voici la méthode: décortiquez les marrons, broyez-les,; faites tremper la poudre dans une solution aqueuse à 2% de carbonate de sodium pendant 12 h; lavez à plusieurs eaux jusqu'à disparition totale de l'amertume; égouttez et faites sécher.
A ne pas confondre avec les marrons comestibles qui sont, en fait, de grosses châtaignes (voir la fiche "châtaignier").
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.