L'Écotourisme en Gironde

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Mouron des oiseaux, stellaire

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Nom commun : 

Mouron des oiseaux, stellaire

Nom latin : 

Stellaria media

Autres noms : 

Morgeline, mouron blanc, herbe à l'oiseau, bec-de-moineau, stellaire intermédiaire, fleur en satin, herbe de langue, herbe à Bolduc

Famille : 

Caryophyllacées

Origine : 

Europe

Taille : 

10 à 40 cm

Description


Lors de nos sorties éco-touristiques et de nos balades dans la nature en Gironde, cette adventice de nos cultures est l'une des premières plantes que nous rencontrons en fin d'hiver: ses graines germent, aussitôt après le bêchage. Il peut y avoir jusqu'à cinq générations par an issues du même pied! Elle est capable de produire des graines par autofécondation. Une seule plante peut en avoir 10000! Le mouron des oiseaux est un indicateur des sols riches en azote. Il est calcifuge: l'épandage de calcaire est l'un des moyens de le combattre en dehors des cultures (attention car beaucoup de légumes n'aiment pas, eux aussi, le calcaire).
Les tiges de cette annuelle sont molles et fragiles, un peu élastiques, aux noeuds bien marqués. Elles sont rampantes si le terrain est relativement dénudé. Par contre, si la plante pousse au sein d'une végétation dense, elles essaient de monter à la recherche de la lumières en s'appuyant sur les plantes voisines. Néanmoins, comme elle aime les sols frais, on la trouve aussi cachée et en tapis, sous d'autres feuillages, notamment ceux des légumes (laitues). La tige porte une ligne de poils qui se décale à chaque noeud.
Les feuilles (vert clair) ovales, à l'extrémité pointue, longues de 0,5 à 3 cm, sont pétiolées sur la partie inférieure de la tige et sessiles sur la partie terminale.
De mars à novembre (voire même toute l'année), les fleurs d'un blanc très pur, peu voyantes (4-6 mm), en forme d'étoiles (stellaria vient du latin "stella" = étoile), groupées en cymes lâches, ont, chacune, cinq pétales bilobés si profondément échancrés qu'on a l'impression qu'il y en a dix (assemblés par paires). Les pétales sont souvent plus courts que les sépales: ils ne les dépassent jamais. Souvent, les pétales avortent et il ne reste alors que le calice vert qui se confond avec le feuillage. Le pédoncule des fleurs est un peu collant. Les discrètes fleurs se ferment le soir et par temps pluvieux.
Lorsque la fleur évolue vers le fruit, le pédoncule s'allonge beaucoup et devient pendant: il se rabat vers la tige. Le fruit est une capsule ovale-oblongue, à six dents, avec le pédoncule tourné vers le bas, contenant des graines aplaties (brun-rouge à noir) joliment ornementées (rappelant certaines pâtes italiennes). Elles sont une friandise appréciées des oiseaux domestiques: c'est l'un des compléments alimentaires de nos perruches ondulées du jardin de la biodiversité de Mérignac. D'ailleurs, "morgeline" vient de mordre et géline = poule: c'est une nette allusion à l'avidité des oiseaux de basse-cour (et du "gibier à plumes" comme les faisans) pour cette plante (graines et feuilles).
C'est une plante discrètement envahissante: jusqu'à cinq générations de milliers de graines par an et par plant (comme nous l'avons déjà écrit plus haut), enracinement des fragments de tiges, résistance aux herbicides. Comme les graines ne germent qu'à la lumière, la terre est une véritable "banque de graines" qui attend d'être brassée pour venir à la surface...

Le mouron des oiseaux est caractérisé par son port en coussin, sa couleur verte claire et ses tiges s'enracinant çà et là. Il ne faut pas confondre ce mouron des oiseaux (Caryophyllacées) avec:
- le TOXIQUE mouron rouge Anagallis arvensis (ou mouron des champs) dont les fleurs ne sont jamais blanches et dont la section de la tige est carrée. Il n'appartient pas à la même famille (Primulacées). Même remarque pour le mouron rouge Anagallis foemina.
- le céraiste vulgaire Cerastium vulgarum (Caryophyllacées), dressée et velue, aux feuilles vert foncé (vert jaune chez le très velu et poisseux céraiste aggloméré) courtes et ovales sans pétiole, aux fruits allongés et étroits, aux pétales peu (simple échancrure) ou pas divisés. Toute la plante est comestible (soupe, salade).
- Le stellaire holostée Stellaria holostea se différencie par des fleurs plus grandes (voir sa fiche).
- Le stellaire pâle est une sous-espèce du mouron des oiseaux avec une feuillage vert-jaune, des fleurs souvent sans pétale et 1 à 3 étamines à anthères violettes (3 à 4 chez le mouron des oiseaux).

Application en phytothérapie


Si cette plante est sans attrait, elle n'est pas sans vertu, à tel point qu'autrefois, le mouron des oiseaux était considéré comme une panacée. Aujourd'hui, on lui reconnait des actions très positives sur le système digestif (maux de ventre, hémorroïdes), l'appareil respiratoire (infusion pour les muqueuses) et la peau (voir ci-dessous).
En usage externe, on utilise des cataplasme pour les soins de la peau: couperose, psoriasis, veinules superficielles, contusion, lésions et plaies. En Chine, on utilise les compresses d'infusion chaude de feuilles contre les saignements de nez, car il a un effet sur les petites hémorragies (plaies).
Le mouron des oiseaux a aussi des propriétés anti-laiteuses.
Les principes actifs n'ont pas été suffisamment étudiés. On sait simplement que cette humble plante contient des flavonoïdes, de la saponine, des sels minéraux (surtout silicium, potassium et aussi calcium et magnésium). Elle contient huit fois plus de vitamine C que la laitue et sept fois plus de fer que celle-ci.


Les recettes de cuisine


Autrefois, il était courant d'en manger à la campagne, y compris au cours d'une simple promenade. Cette plante est totalement inoffensive: il faudrait en manger énormément pour commencer à s'intoxiquer avec les saponines qu'elle contient.
Enlever systématiquement les racines et les tiges si la plante est âgée. Crues, les feuilles du mouron des oiseaux font partie des salades sauvages à la saveur des plus agréables tout en étant excellente pour la santé (production précoce, effet dépuratif et lutte contre l'anémie, aide aux convalescents). Les feuilles ne sont ni piquantes, ni amères: elles sont douces, avec des notes intenses de laitues, une touche de noisettes et de maïs jeune qui disparaissent à la cuisson. Elles n'ont donc rien à envier aux légumes cultivés. Alors, pourquoi sans priver?! Assaisonnez avec citron et aromates. Si vous n'avez pas un appétit d'oiseau, mélangez-la à des salades classiques (salade de printemps aux sept herbes qui accompagne le riz chez les Japonais) ou à des crudités. A notre avis, le mouron des oiseaux est la meilleure des salades sauvages: au début du XXe siècle, les Parisiens en ramassaient des quantités importantes à tel point que la plante avait considérablement régressée.
Cuite, elle joue le rôle des épinards. On l'intègre aussi, broyée, dans: soupes, potages, pâtes et plats de viande. Si vous êtes en panne d'imagination, de très nombreuses recettes sont données sur le site Internet suivant: http://joanno.e-monsite.com/pages/recettes-sauvages/recettes-au-mouron-blanc.html. On vous y propose divers accompagnements (yaourt, fromage, velouté, crevettes, fromage blanc et pomme de terre, pesto...).
Par contre, ne la confondez avec le (légèrement) toxique mouron rouge (encore plus toxique pour les oiseaux et les poissons à tel point qu'on l'utilise pour attraper les poissons): pour cela, ne récoltez que des plantes à fleurs blanches (les autres mourons toxiques ont des fleurs rouges, bleues ou roses).
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.