L'Écotourisme en Gironde

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Myrtillier

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Nom commun : 

Myrtillier

Nom latin : 

Vaccinum myrtillus

Autres noms : 

Airelle noire, raisin des bois, brimbelle, pouriot, maurette, abrêtier, abrêt-noir, moret, raisin des bois, teint-vinr

Famille : 

Ericacées

Origine : 

Europe

Taille : 

30 à 60 cm

Description


Le genre Vaccinium se distingue des autres Ericacées par son ovaire infère. Dans notre pays, on y trouve trois espèces: l'airelle rouge, l'airelle bleue des marais et le myrtillier.
La myrtille doit son nom au myrte (arbrisseau méditerranéen). Au XIIè siècle, Sainte-Hildegarde recommande la myrtille pour ses vertus antiseptiques et désinfectantes. Hôte des sols siliceux de montagne (Vosges, Alpes, Pyrénées), le myrtillier croît en masse, son lacis de tiges souterraines ramifiées ne partageant guère leur territoire avec des bruyères et des genêts. Il se multiplie par des drageons (bourgeons sur les racines) et par segmentation de son rhizome. Les jeunes rameaux sont de section triangulaire, parfois même ailés. Seules les branches les plus vieilles sont lignifiées (ce qui la différencie de l'airelle des marais qui a des fruits ressemblants). Les feuilles pointues finement dentées, sont caduques et à peine pétiolées. Aux fleurs rose tendre (avril-juillet) succèdent des baies juteuses, violacées, pruinées, de juillet à septembre. Avec une loupe, prenez la peine d'observer le sommet d'une baie: outre les vestiges de sépales en forme de couronne, on y voit trois cercles concentriques. De l'extérieur vers l'intérieur, ce sont les cicatrices laissées respectivement par la corolle, les étamines et le style de la fleur à l'origine du fruit!

Dans les jardins, on cultive d'autres myrtilliers, à gros fruits, d'origine américaine, deux fois plus grands (1,40 à 2 m) comme le Myrtillier arbustif à corymbes ou brimbelle V. corymbosum "Darrow" dont la production régulière et tardive se prolonge pendant 6 semaines. Ses fruits ne tachent pas!
Le bleuet nain canadien Vaccinium angustifolium (50 cm, aux fruits hélas moins parfumés. Contrairement à nos myrtilles européennes, ces deux espèces américaines apprécient le soleil et les sols légers.
Il est rare que le sol de nos jardins soit suffisamment acide pour le recevoir: il faut, en effet, ajouter un mélange de composte de feuilles et de tourbe blonde pour obtenir un terrain nettement acide, de pH 4,5-4,8 (associations avec des bruyères ou des rhododendrons). De plus, il faudra le mulcher (pour maintenir au frais les racines superficielles), faire des apports de magnésium (patentkali) et sélectionner une exposition à mi-ombre (car il n'aime pas les fortes chaleurs estivales). Les besoins en eau de pluie sont importants, surtout pendant les 5 semaines qui précèdent la récolte. Le rendement est meilleur quand il y a plusieurs sujets, de variétés compatibles. La production ne devient appréciable qu'à partir de la quatrième année (3-4 kg). Peu rustique, il faudra le butter pour l'hiver.

Application en phytothérapie


La myrtille entre encore dans diverses préparations pharmaceutiques car son efficacité n'a pas pu être compensée par des produits chimiques de synthèse. Elle contient des tanins qui agissent contre la diarrhée, les ascarides et les douleurs intestinales. Riches en acides citrique et malique, c'est une mine de vitamines (A, B,C) et de minéraux (potassium, fer, phosphore, magnésium, alcium) qui redonnent vigueur aux personnes épuisées. Bénéfique pour les yeux grâce à ses pigments anthocyaniques (qui renouvellent le pourpre rétinien), des myrtilles étaient consommées par les équipages des bombardiers de la Seconde guerre mondiale pour améliorer leur vision nocturne lors des raids. Sous forme d'infusions de feuilles, elles sont conseillées à ceux qui ont des inflammations de la bouche et du tube digestif, aux myopes (richesse en provitamine A), aux diabétiques, aux diarrhéiques et aux personnes malades de l'estomac. Il a été prouvé qu'en consommant des myrtilles (ou leurs extraits) de manière régulière pendant un à trois mois, les femmes évitaient les désagréables cystites à répétition. En application externe, la décoction de feuilles arrête l'eczéma et le cataplasme de sa marmelade fait disparaitre les dermites.
Sa puissance bactéricide fait qu'elle a été employée dans la lutte contre la typhoïde.
Le fruit a une faible valeur calorique. Elle fait baisser le taux d'urée dans le sang et combat la cystite. Elle exerce une action antiinflammatoire, améliore la circulation veineuse et elle accroit la résistance des vaisseaux. Le jus de myrtilles soigne les refroidissements.
Les feuilles de myrtille ont la même action que astringente et antidiarrhéique que les fruits et, en plus, elles font baisser le taux de sucre dans le sang des diabétiques: cela permet de réduire la médication de ces malades.


Les recettes de cuisine


Ce cadeau de la nature est l'un des délices qui s'offrent au promeneur des montagnes. MAIS ATTENTION! Comme toutes les baies sauvages ramassées à faible hauteur, il vaut mieux cuire les myrtilles (maladie du renard). Leur saveur et leur couleur sont persistantes: les myrtilles (ou brimbelles) tachent fortement en bleu les vêtements, ainsi que les lèvres, la langue et les dents des gourmand(e)s: jadis, on extrayait des baies d'ailleurs une matière colorante bleu! En mordant dans un citron, les dents retrouvent leur couleur naturelle. La grande myrtille américaine, elle, ne tache pas la langue en bleu car seule la peau contient le pigment bleu.
Lorsque ce n'est pas interdit, nos myrtilles sauvages indigènes se ramassent traditionnellement avec un solide peigne, sorte de pelle dotée à l'avant d'une rangée de clous avec à la base une grille fine pour recueillir les baies. Cet accessoire arrache hélas les feuilles et parfois les rameaux. A la différence de leurs cousines cultivées, les myrtilles sauvages ne se conservent guère. Elles servent à préparer des gâteaux ("blueberry muffins"), des gelées, du jus (qui a servi à colorer le jus de raisin!) ou des "bouillies indiennes" (mélangées à des farines). Séchées, elles remplacent le raisin sec.
Par distillation, les Vosgiens en tirent leur Heidelbeerwasser (sorte de kirsch). Lorsque les baies sont parasités par un champignon (fermentation), de fortes ingestions pourraient entrainer des vertiges.
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.