L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Palmier de Chine

1

Nom commun : 

Palmier de Chine

Nom latin : 

TRACHYCARPUS FORTUNEI

Autres noms : 

Chamaerops excelsa, chamaerops fortunei, trachycarpus excelsus, palmier (à) chanvre, palmier de Chine, palmier de Chusan, palmier moulin.

Famille : 

Arécacées

Origine : 

Chine

Taille : 

8 à 10 m

Description


En France, si le sapin symbolise Noël et le froid hivernal, le palmier, lui, rappelle les tropiques et les vacances. Aussi, un groupe de quelques palmiers donne toujours une note exotique à un jardin, surtout en hiver car le feuillage est persistant. Ci-dessus, la photographie centrale représente notre trachycarpus du jardin de la biodiversité de Mérignac sous la neige en février 2012. Celle de droite illustre le secteur "palmiers" de la serre du jardin botanique de Bordeaux (près de la sortie, juste avant le secteur "plantes carnivores").
TRACHYCARPUS FORTUNEI est dédié à Robert Fortune (1812-1880) car il a ramené des graines de ce palmier, prélevées en 1850, dans la région de Chusan (Chine). Ce botaniste était aussi un explorateur, commerçant, accessoirement espion pour la Grande-Bretagne et voleur de plants de thé (pour que les Britanniques puissent le cultiver eux-mêmes aux Indes).
Originaire des zones montagneuses de Chine centrale où on le trouve jusqu’'à 2400 m d’'altitude (et également au Japon et au nord de l’Inde), ce beau palmier au feuillage vert foncé a coexisté avec le vrai yéti: le giganthopithecus blanckii, le plus grand primate ayant jamais existé, était une sorte de gorille géant qui s’'éteignit il y a 500 000 ans en Chine du Sud tropicale… (et non dans le Tibet)!
Pendant longtemps, tous les palmiers chanvre d’'Europe provenaient d’'exemplaires issus du jardin botanique de Bordeaux. Deux individus plantés en 1857 par le botaniste Durieu de Maisonneuve existent encore au Jardin Public de Bordeaux. C'est un marqueur social de la bourgeoisie girondine.
D’'une hauteur de 8-10 m (voire 15 m au maximum), il produit 5 à 9 feuilles palmées par an. Avec une protection hivernale, il est même cultivé en Scandinavie car il résiste jusqu’'à - 15°C (et même - 18°C pour de brèves périodes en atmosphère sèche)! C’'est le plus commun des palmiers rustiques (zone 7 à 11) car il est très tolérant sur la nature du sol (préférence néanmoins pour les sols frais à tendance argileuse) et sur l'‘exposition (son aspect est même plus esthétique à mi-ombre et à l'‘abri du vent), sa croissance est assez rapide (lente les trois premières années; 1 m de haut au bout de 5 ans). Sans épines et d'’un encombrement limité, il convient parfaitement aux petits jardins.
Il est très résistant aux maladies (à condition qu’'il n’'y ait pas d’'eau stagnante à son pied en hiver) et aux ravageurs. Toutefois, depuis 2001, il est victime d’'une larve de papillon (Paysandisia archon) qui creuse des galeries mortelles dans le coeur du stipe et il n’'y a actuellement aucun moyen pour lutter contre ses effets (il faut brûler l'‘arbre atteint pour freiner la contamination!).
Comme l‘'espèce est dioïque, il faut donc deux pieds de sexes différents pour espérer avoir des fruits (et pas avant 15 ans d‘'âge!). Les fleurs mâles sont jaunes; les fleurs femelles sont couleur crème. Si elles sont fécondées (mai-juillet), elles produisent une profusion de grappes de 40-50 cm, constituées de fruits (drupes noires violacées comestibles, peu recherchées par les hommes, mais appréciées des oiseaux qui disséminent l‘'arbre dans certaines régions comme le Tessin suisse). Chacun contient une graine marron en forme de haricot de 1 cm de long. Cette graine germe facilement au bout de 1 ou 2 mois si on la sème.
Les palmiers sont des monocotylédones: ce ne sont donc pas des arbres et ils n'ont donc pas de vrais troncs (pas de tige principale lignifiée; il ne s'épaissit au cours du temps) mais des stipes de 20-25 cm de diamètres. D'ailleurs, ils n'émettent pas de branches. Le stipe est formé de l'ensemble des bases foliaires étroitement emboitées comme des poupées russes. dans un sens, le blanc du poireau est une structure gigogne comparable: si ses peaux périphériques séchaient en se soudant entre elles et persistaient, le poireau serait une réplique de palmier miniature. Les stipes servent de poteaux en Chine. Quant aux nombreuses fibres brunes (« chanvre ») récoltées sur les stipes, les Chinois les utilisent pour fabriquer des balais, des brosses, des paillassons, des cordes, des vêtements imperméables, du rembourrage pour matelas….

Le jardin de la biodiversité de Mérignac abrite aussi le seul palmier rustique indigène français: le palmier nain Chamaerops humilis (taille maximale: 4 m). Les feuilles sont composées et palmées (d'où le nom de palmier!): elles naissent d'une seule pièce avec des nervures parallèles, puis elles se déchirent et s'étalent avec l'âge. Entre avril et juin, on trouve deux types de panicules de fleurs: les serrées et touffus avec beaucoup de pollen (que des fleurs mâles avec 6 étamines chacune), des plus aérées (composées de fleurs bisexuées à dominante femelle, avec 3 carpelles à pointe et deux étamines stériles). Le fruit, d'abord orangé, puis rougeâtre, renferme une graine repliée en C.

Outre ces palmiers, voici une liste de palmiers rustiques, très résistants au froid (à titre vaguement indicatif, nous donnons la température limite, mais la durée des frimas et le degré d'humidité sont plus d'importants que la température elle-même): Rhadidophyllus hystrix (le meilleur), Trachycarpus wagnerianus (résiste jusqu'à -12°), T. takil (-12°), le rare Sabal minor (-15°), Sabal palmetto (-11°, à condition d'attendre que le feuillage atteigne 40 cm de diamètre pour le mettre en pleine terre toute l'année), sabal birmingham, Rhapidophyllum histrix (- 15° pour les plants supérieurs à 3 ans), Namorrhops ritchiana forme à feuilles vertes (- 12°), Chamaerops humilis (- 9°). Parmi les palmiers pennés, le seul acclimatable est le Jubea chilensis (cocotier du Chili) qui supporte jusqu'à - 15°, mais qui pousse très lentement. Adulte, il donne jusqu'à 300 L d'eau sucrée que l'on peut transformer en boisson alcoolisée par fermentation. Le butia capitata (palmier à gelées, palmier à vinaigre), l'un des rares palmiers à feuilles pennées à résister à -10°, peut atteindre 6 m de haut et offre l'avantage de fournir des fruits comestibles (monoïque, un seul sujet suffit), d'où son nom de "palmier abricot". A peine moins rustique que celui-ci, le Brahea edulis (palmier de Guadeloupe) donne aussi des fruits.
A voir: la collection de 42 espèces de palmiers dans les serres du jardin botanique de la Bastide (Bordeaux).

Pour conclure, rappelons que les palmiers détiennent un certain nombre de records: le fruit le plus gros (jusqu'à 25 kg pour le coco-fesse!), la feuille la plus longue (jusqu'à 25 m pour Raphia regalis),la tige la plus longue (plus de 300 m pour un palmier-liane du genre Calamus)


Les recettes de cuisine


Les coeurs de palmier proviennent de trois palmiers: Chamaerops humilis (il y a une belle touffe dans notre jardin de la biodiversité de Mérignac), Orcodoxa oleracea et Euterpe edulis. C'est la partie la plus tendre du bourgeon terminal débarrassée de son enveloppe extérieure. Il peut se déguster cru en salade, mais il ne se conserve pas et on le trouve surtout cuit et en conserve (comme les pousses de bambous).
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.