L'Écotourisme en Gironde

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Pin parasol

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Nom commun : 

Pin parasol

Nom latin : 

Pinus pinea

Autres noms : 

Pin pignon, pin pinier, pin bon, pin cultivé, pin pinier, pin à noyau, pin de pierre (stone pine), pin de Rôme, pin bon

Famille : 

Pinacées

Origine : 

incertaine (sud ouest de l'Europe: indigène en France probablement, Asie Mineure).

Taille : 

20-25 m

Description


La photographie centrale représente le pin parasol de notre jardin de la biodiversité, issue de la plantation d'une graine (pignon doux) en 1994.
Cet arbre "chic" qui sait se faire remarquer des peintres (Monet, Claude Le Lorrain) est assez rustique pour supporter le climat de la région parisienne. On a cru longtemps que c'était les Romains qui l'avaient planté en Gaule (les Celtes le considéraient comme "le père de la sagesse"). Mais, en fait, on a retrouvé des pollens datant de 6000 ans près de Fos-sur-Mer. Ce bel arbre aristocratique constituait déjà des peuplements importants vers Aigues-Mortes et sur la côte ouest de la Corse. Il s'aventure peu à l'intérieur des terres et il forme sans mélange des forêts le long des côtes: massifs des Maures et de l'Esterel, Pyrénées orientales, Languedoc, Aquitaine et le long de la côte atlantique jusqu'au sud de l'Angleterre. On le trouve sur le pourtour méditerranéen, même s'il est plus rare en Afrique du Nord (introduction relativement récente). C'est l'arbre qui symboliserait (aucune preuve écrite) la liberté du culte et de la pensée chez les protestants persécutés (Vendée), l'arbre de la liberté aussi pour les gentilshommes d'Occitanie (les capcazaliers) qui refusaient de se placer sous la coupe d'un seigneur féodal. Or, c'est souvent l'allée principale du château qui est bordée de ces arbres superbes!
La densité de sa cime ne permet pas le développement d'un sous-bois arbustif: aussi, vers la vingtième année, les branches basses commencent à dépérir laissant alors voir le tronc. Il est facilement identifiable à sa silhouette compacte caractéristique, en boule quand il est jeune, largement étalée comme un parasol à l'état adulte (lorsqu'il n'entre pas en concurrence avec d'autres arbres proches). Cette silhouette altière était tellement appréciée des Romains qu'ils en firent un arbre d'alignement (via Appia). Quand il est jeune, sa silhouette ressemble plus à un ballon qu'à un parasol. Son tronc porte une écorce gris-brun foncé qui se desquame en révélant des plaques rouge orangée. Disposées en triple spirale, les aiguilles, groupées par 2 (ou parfois par 3) dans une gaine membraneuse, longues de 8-20 cm, d'un vert gai, restent sur l'arbre pendant 3-4 ans: pour les botanistes, ce sont de fausses feuilles ou pseudophylles (bien qu'elles assurent la photosynthèse). Les vraies feuilles (euphylles) se trouvent à la base: ce sont des écailles (brunes frangées de blanc, à pointe hérissée) sur les rameaux.
Le pin-parasol (monoïque) commence à fructifier vers 30 ans. Les chatons mâles (petits cônes oblongs jaunes, réunis en épis dressés de 15-20, à la base du rameau de l'année) pollinisent les chatons femelles en avril-mai (évoquant déjà le futur cône, ovoïde et très obtus, vert-tendre, dressé sur un court pédoncule dominant le bourgeon terminal: les deux points rougeâtres sont l'extrémité du pistil ou stigmate). Les volumineuses pommes de pin (strobiles), presque aussi hauts que larges(largeur: 8-15 cm; hauteur: 7-10 cm ), ne sont mûres que trois ans après la floraison (alors que les cônes des autres espèces tombent à la fin de la deuxième année). La première année, le cônelet mesure à peine 2 cm de long; l'année suivante, il a la taille d'une noix. Selon Pline l'Ancien, le pin parasol est digne d'admiration, car il porte en permanence trois générations de fruits: on y trouve simultanément des fruits mûrs, d'autres qui seront mûrs l'année suivantes et d'autres dans deux ans. Aussi, est-il reconnu comme un symbole de fécondité. Les écailles sont marquées d‘'un large écusson roux luisant en triangle à chaque sommet, creusées à la base par une ou deux loges qui abritent les graines bordées d'‘une petite et courte aile fine qui tombe rapidement. Ces graines, les plus grosses des pins européens (2 cm de long; 1 cm de diamètre), sont recouvertes d'‘une poudre violette qui devient gris noir et qui tache les doigts. Contrairement à la plupart des autres pins, cette graine est lourde. Elles contiennent une amande (pignon doux, pignole dans le midi), blanche, assez friable, allongée et délicieuse, de saveur très fine ("pin bon") et avec un léger parfum résineux de térébenthine (très apprécié des écureuils et de divers rongeurs). Quand on partage cette amande en deux, on découvre la première feuille embryonnaire "palmée" avec ses ébauches d'aiguilles ayant à peu près la forme des cinq doigts de la main: la "main de Dieu" pour les superstitieux. Elle aurait le pouvoir de guérir de plusieurs maladies, dont les fièvres intermittentes. Le tiers de son poids est constitué d'une huile douce et fine.
Lorsque la graine germe, il apparait une plantule avec neuf cotylédons (feuilles embryonnaires), alors que les plantes à fleurs n'en ont que deux au maximum). Sans grande importance forestière*, il serait avantageux de multiplier le pin parasol en Camargue où il pourrait constituer des peuplements très rentables pour la production des pignons, analogues à ceux qui font la richesse des environs de Pise et de Ravenne. Dans notre région, Yves Simone et son association "Du pin sur la planche" (www.dupinsurlaplanche.org) travaillent depuis de nombreuses années sur l'introduction de cet arbre (et d'autres aussi) pour donner davantage de biodiversité à notre forêt de pins maritimes. Le pin parasol est l'arbre préféré des cigales qui nous enchantent de leurs cymbalisations dès que la température atteint 25°.
En Gironde, il faut aller admirer la ligne de pins parasols (et de cyprès) longeant le coteau du jardin paysager du Domaine de Malagar (Saint Maixent) où vécut François Mauriac. Elle offre de belles vues sur la campagne environnante.

Le pin cembro (alviez, airolle, combrot des Alpes), plus montagnard, produit, lui aussi, des graines comestibles: les arolles (12 mm). Il se distingue des autres pins européens par ses faisceaux de cinq feuilles. C'est un arbre bas, tortueux, avec un bois facile à travailler (fabrication de figures d'animaux et de petits objets artisanaux dans le Tyrol et en Suisse).
* En Espagne et en Italie, le bois est utilisé en menuiserie, bien qu'il ait de piètres qualités mécaniques.

INTÉRÊTS ÉCOLOGIQUE ET ÉCONOMIQUE
Le pin parasol est l'un des pionniers de la reconquête du sol par la forêt dans le Midi, surtout le cordon dunaire du littoral où l'eau douce est rare et l'ensoleillement maximal. Au fil des ans, il rend fertile une terre inculte balayée par les vents. Il apparait alors le cortège d'espèces qui lui sont associées: pin d'Alep, chêne-liège, puis le chêne vert et le chêne pubescent.
De tous les pins, c'est celui qui est le moins attaqué par les insectes. Par contre, ses pignons sont appréciés par divers animaux et sa ramure sert de lieu de nidification.
Il est beaucoup moins sensible au feu que le pin maritime (ou le pin d'Alep en Provence). Il sert donc de pare-feu (avec une densité assez élevée de 2500 arbustes par hectare).
Longtemps, son bois fut dédaigné: texture grossière, tronc flexueux, résine abondante (et encrassant les scies). Mais, maintenant, il a sensiblement les mêmes utilisations que celles du pin maritime: charpente, panneaux de particules, palettes, caisses, mobilier rustique, papeterie.
Le gemmage du pin pignon était pratiqué à grande échelle par les Romains pour réaliser des remèdes (maladies respiratoires), des parfums, l'encens brûlé dans les temples (resina), la crapuda (employé pour conserver le vin) et la pissa (un goudron pour calfater les coques des bateaux). On gemme encore ces pins dans certaines régions d'Italie lorsqu'ils deviennent âgés (c'est-à-dire lorsqu'il y a baisse de la production de pignons).

OU VOIR DES PINS PARASOLS REMARQUABLES SUR LE DOMAINE PUBLIC?
- La Sureaudière (Vendée): ce pin planté en 1785 domine le tombeau d'un seigneur protestant.
- Nesmy (Vendée): à la sortie du village et à l'entrée du chemin qui mène au terrain de golf. Il fut planté vers 1843 pour célébré une naissance.
- à l'ouest de Menton (Alpes Maritimes): parc du palais Carnolès (avec une collection d'agrumes remarquable!), parc de la Madone., Hôtel du Pin Doré (1850).
- les deux alignements de Sainte-Maxime (Var): près du port et à l'entrée de la ville (tennis de la Madrague).
- le pin fourcat (= fourchu) d'Aigues-Mortes (Bouches-du-Rhône): solitaire, au bord de la route dans le vignoble de Listel.
- près de Gaillac (Tarn).

PLANTATION (en hiver ou mieux en août):
Largement utilisé en reboisement en Italie et en Espagne, cette essence serait à diffuser sur le littoral atlantique pour son port superbe, sa résistance au vent et aux embruns salés.
Choisissez un endroit très lumineux et un sol pauvre (pour lui éviter d'être supplanté par des essences à croissance plus rapide). Les pins parasols ne se plantent pas à racines nues (reprise impossible): les plants sont en conteneurs. Le semis s'effectue en godets, puis on le transplante au bout d'un an (au maximum deux ans, car après l'enracinement est très profond). Il faut bien humidifier avant de les sortir de leurs pots. Le trou sera enrichie en compost bien décomposé. La motte sera toujours recouverte de quelques centimètres de terre pour éviter le dessèchement. Modelez une cuvette autour du tronc pour les arrosages ultérieurs. Tuteurez (laissez en place pendant un à deux ans). Paillez. Éliminez la concurrence des mauvaises herbes.
Bien que les graines soient lentes à démarrer, on peut partir de semis directement en place. S'ils sont régulièrement entretenu (désherbage, arrosage), on obtient des pins de 2,50 m de haut en 10 ans. C'est à ce moment (pendant l'arrêt végétatif d'août) que l'on peut commencer le premier élagage des branches les plus basses. Au bout de 20 ans, on abaisse la densité à 800 tiges/ha. Peu après, viendra la première récolte de pignons avec un optimum à 40 ans et restera soutenue jusqu'à 80 ans environ. Le rendement moyen est de 7 tonnes de cônes/ha/an qui donneront 13 quintaux de graines en moyenne (en fait, c'est très variable). Après 100 ans, le rendement baisse nettement.
Le pin parasol est d'une sobriété remarquable; aussi, il n'aime pas les sols gorgés d'eau en hiver et au printemps (marécages, argile). Ses autres ennemis sont les processionnaires du pin et le scolyte typographe. On lutte contre ce dernier avec des arrosages réguliers et un surfaçage de compost.

Application en phytothérapie


Les propriétés médicinales du pin parasol sont voisines de celles des autres pins (bourgeons du pin sylvestre constituant les bonbons et les sirops pour la toux, "térébenthine de Bordeaux" du pin maritime pour lutter contre les maladies respiratoires). La plupart sont tombées en désuétude. Les pignons doux sont utilisés pour combattre l'arthrite et la goutte. Ils ont aussi des vertus antiseptiques et diurétiques. Chez les Romains, l'écorce fraîche des jeunes arbres (broyée au pilon et mélangée à du vin) servait de remède contre les coliques. Quant à la décoction de jeunes pommes de pin bouillies dans l'eau, elle soignait les toux accompagnées de crachements de sang.


Les recettes de cuisine


Le pin parasol a été répandu autour de la Méditerranée pour son fruit très apprécié dès l'antiquité. Les Romains l'emploie encore en vert pour aromatiser leurs fromages en cours de fabrication. Riches en lipides (40 à 45% d'huile très sujette au rancissement hélas), protéines (30%), sucres (5%), fer, phosphore, magnésium, vitamines B1, C et PP, les pignons doux sont ramassés à partir de juin au sol ou à la mauvaise saison si on va chercher dans l'arbre les cônes de trois ans. Pour être sûr de passer avant les écureuils, il faut ramasser des cônes encore fermés et les faire ouvrir à la chaleur du feu pour récolter les pignons. Ces derniers sont très tendres, avec un arrière goût résineux à l'état frais qui s'adoucit une fois passés à la poêle. Ils se conservent cinq ans dans les cônes: on passe ses derniers à la chaleur du four pour qu'ils s'ouvrent et en extraire les graines. Une fois décortiqués, les pignons rancissent vite et deviennent indigestes en quelques semaines. Savez-vous qu'il existe une variété à graine fragile, facile à casser avec les dents?
Ils sont consommés nature, grillés comme des pistaches, salés à l'apéritif ou confits dans le sucre (voir plus loin). Ils accompagnent les gâteaux ("biscuits tête-de-Maure" en forme de croissant), les crêpes, les aubergines grillées* ou les courgettes hachées ("izmir kefta"), les brocolis, les betteraves, les poulets (rimini, aux pignes du Var, farci à la grecque), les tourtes aux blettes à la niçoise, les boudins (Cannes), les farces de volailles (Syrie, Liban), les boulettes de mouton poêlées au beurre ("daoud bacha"), les viandes rôties (Moyen Orient), le pastilla marocain et le pesto italien. En Italie, les "pignoli" sont indispensables à la morue à la sarde ou à l'omelette de pignons (auparavant trempés dans du lait tiède).
Les pignons peuvent être confits dans le sucre: le "pignolat" (friandise à base d'amandes, de pignons et de sucre) est l'ancêtre du nougat (le turron espagnol contient amandes, pistaches et pignons)! Au Maroc, le thé brûlant est versé sur des feuilles de menthe et des pignons. Attention! les pignons rancissent vite.

Autres pins fournissant des pignons comestibles: pin cembro (voir ci-dessus à la fin du paragraphe "description"), pin d'Alep, pin de Calabre (brutia), à la rigueur pin de Bosnie ou des Balkans (heldreichii, leucodermis), pin noir d'Autriche ou pin laricio.

RECETTE DES PIGNONS CONFITS: voir la fiche "angélique", à la rubrique "recettes de cuisine".

RECETTE LANGUE DE CHAT AUX PIGNONS: voir la fiche "noisettes" (remplacer les noisettes par les pignons dans la recette).

* Un sultan de Constantinople se serait évanoui de plaisir en goûtant un tel plat! Les Turcs raffolent des pignons (appelés "fusket") notamment en accompagnement avec le riz ou une soupe de riz ("itch pilaf").

Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.