L'Écotourisme en Gironde

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Platane commun

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Nom commun : 

Platane commun

Nom latin : 

Platanus x hybrida, Platanus acerifolia

Autres noms : 

Platane à feuilles d'érable, platane de Londres, platane hybride, plane, main coupée

Famille : 

Platanacées

Taille : 

30 m (record: 45 m en région parisienne)

Description


Platane vient du grec "platanos" = larges et plates (qualifiant les grandes feuilles à trois nervures principales et trois grands lobes...avec d'autres lobes minuscules; elles rappellent les feuilles d'érable et de la vigne). Les nervures sont pennées et non palmées: il y en a toujours trois (partant d'un même point) même si la feuille a cinq lobes! La feuille apparait précocement et tombe tardivement (décembre).
Il y a plusieurs millions d'années, il peuplait l'Europe en compagnie de plantes exotiques (ginkgos, palmiers, puis il disparut avec l'arrivée des périodes glaciaires. On ne le trouva alors plus qu'en Crète: il était l'arbre de la déesse mère des Crétois. Puis, en Grèce, la légende raconte qu'Apollon pendit aux branches d'un platane le berger Maryas pour mieux l'écorcher! Xerxès tomba amoureux d'un platane qu'il fit couvrir de bijoux et protéger par ses gardes! Le Romain Crassus (ou Licinius Mucianus selon d'autres auteurs) banqueta avec 17 convives dans un tronc de 27 m de circonférence ! Le platane d'Orient fut introduit dans notre pays 300 ans avant Jésus-Christ par les Gaulois, puis à nouveau lors de la conquête romaine. Il disparut ensuite et c'est Pierre Belon qui le réintroduisit au milieu du XVIe siècle à partir du Proche-Orient ou de l'Italie.
Le platane hybride est un hybride des platanes d'Orient* (méditerranéen; introduit en Angleterre au XVIe siècle, mais seulement en 1754 en France) et d'Occident (un cousin d'Amérique du Nord, introduit vers 1650 en Europe et en 1750 en France par Buffon au Jardin des Plantes de Paris); ces espèces mères sont rarement cultivées dans les parcs, mais vous pouvez les trouver toutes les deux au jardin botanique de Talence (parc Peixotto). Cette hybridation se serait réalisée au jardin botanique d'Oxford, avant d'envahir l'Europe. Ce platane hybride se différencie des espèces mères dont il est issu par ses feuilles glabres sur la face inférieure (contrairement au P. occidentalis) et ses inflorescences souvent groupées par deux (par six chez P. orientalis).
Parlons brièvement de ces deux platanes historiques car rares. Le platane d'Orient se reconnait à ses feuilles profondément divisées en 5 ou 7 lobes, chacun d'eux étant à leur tour lobulé (pointes effilées). Le platane d'Occident, encore plus rare, n'a pas la même vigueur et ses feuilles sont peu découpées et pourvues de stipules larges et tomenteuses.
Revenons maintenant au platane commun. C'est un arbre imposant avec une allure de baraqué, au maillot bariolé, jouant du muscle avec ses gros bras! Son fût est droit, longuement nu et sa cime est puissante et épaisse. Son écorce fine, vert olive pour la plus récente, claire, se détache par plaque brunes ou gris-brun: le platane mue comme les serpents! Ses bourgeons sont cachés par la base engainante du pétiole. Ses feuilles ont une allure intermédiaire entre les platanes d'Occident et d'Orient. Elles donnent une ombre légère, moins épaisse que celle du marronnier. Fleurs mâles et femelles se trouvent sur un même individu mais dans des inflorescences séparées, portées sur des rameaux différents: les mâles sont discrètes, les femelles sont agglomérées en boules pendantes, de la taille d'une noix, qui -une fois fécondées- donneront le fameux poil à gratter.
Le platane a besoin de beaucoup de lumière. Il croit vite, résiste au vent et à la sécheresse. Il est si malléable que l'on voit certaines places de villages avec des branches entrelacées. Après la coupe, il rejette facilement. Il se taille facilement et les élagueurs exagèrent souvent en l'amputant un peu trop. L'élagage le déforme: il gagne en circonférence ce qu'il perd en faitage. Dans le Midi où on recherche son ombre, les branches maitresses sont conduites à l'horizontale pour aplanir sa cime en table. Cette résistance à la taille violente, au goudron et à la pollution en ont fait un arbre d'alignement depuis Napoléon III. Actuellement (et à force de s'entêter à l'étêter, notamment avec des coupes horizontales), le platane est victime d'un insecte: le tigre du platane Corythucha ciliata, hyménoptère venu d'Amérique dans les années 1970. Lorsqu'il n'est pas offensé par les "dents" de la scie et la tronçonneuse, son bois rose-brun est de très bonne qualité (comparable à celui du hêtre) mais assez peu durable. On en fait des sculptures, des sabots, des planches de bouchers, des établis, des objets de tournerie, des jouets, des règles et des meubles. Dommage qu'il ne soit pas planté plus souvent dans ce but! On reconnait son bois à ses maillures brunes, plus larges que celles du hêtre. Le platane peut vivre jusqu'à 300 ans; le diamètre de son tronc peut alors atteindre 2 m environ. Le platane remarquable de Lutterbach a une circonférence de 7,70 m.
Son bois ressemble à celui du hêtre avec un grain plus fin. Frotté à l'huile, il a l'éclat et la beauté du noyer. Il est hélas victime de l'anthracnose, surtout le chancre coloré qui débarqua dans des caisses de munition lors du débarquement allié en Provence. Vivant à l'intérieur des tissus du bois, le champignon Ceratocystis fiambriata, introduit en France vers 1945 près de Marseille (en provenance du New Jersey), est caractérisé par la présence de bandes d'un brun rouge. Il n'existe toujours pas de traitement et l'arbre atteint dépérit en 5 ans environ. Pour plus de précisions, voir: http://www.tela-botanica.org/actu/article5859.html
En Gironde, deux platanes sont labellisés "arbre remarquable": celui de l'église du Porge (labellisé en 2003; 140 ans) a une circonférence de près de 5 m (soit un diamètre de 1,5 m) et une hauteur de 33 m; celui de Saint Germain-la-Rivière (labellisé en 2012).
Des spécimens rares de platane pied d'éléphant Platanus casteneoefolia figurent au jardin de sculptures de casaque (crée en 1985), à Lugos.
Le fameux platane d'Orient de Lycie dont Pline nous a conservé l'histoire, était d'une grosseur si prodigieuse qu'il formait une cavité de 27 m de circonférence, appelée maison ou grotte végétale. Le consul Licinius Mutianus, gouverneur de la province, y donna un festin et y passa la nuit avec 18 de ses amis!
L'auteur de ces lignes garde un souvenir attendri à l'égard de ces compagnons impassibles dont la présence dans la cour de récréation a ombragée toute sa jeunesse d'écolier, peut-être parce qu'eux aussi étaient soumis à la discipline de leur maître-ébrancheur. Alors pitié pour les platanes: ne pas graver sur leur tronc "Toto aime Gertrude" car ça n'intéresse personne (et surtout pas les platanes)...

Ne pas confondre le platane avec l'érable plane.
* Au Parc du Bourran (33700 Mérignac), on trouve un superbe platane d'Orient de 20 m de haut.

Application en phytothérapie


Faire attention aux risques d'allergie provoqués par les poils recouvrant les parties jeunes du platane et ses fruits.
Écorce et feuilles sont astringentes (tanin). En décoction dans du vin, elles soignent engelures et brûlures.


Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.