L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Poirier

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Nom commun : 

Poirier

Nom latin : 

Pyrus pyraster (sauvage), Pyrus communis (cultivé)

Autres noms : 

vieux français: blossonier, aigrin, blessonier

Famille : 

Rosacées

Origine : 

sud est de l'Europe, Asie occidentale

Taille : 

8 à 10 m (et plus)

Description


Proche parent du poirier sauvage européen Pinus piraster (ce dernier a de grosses épines noires au bout des rameaux), le poirier de nos jardins n'en dérive pourtant pas car toutes les variétés issues du poirier sauvage ne donnent que des fruits âpres (sauf très rares exceptions: les hasards de la sélection naturelle sont impénétrables!)! Ils ont été utilisés comme antidiarrhéiques.
Les branches principales sont peu nombreuses, fortes, souvent dressées. L'écorce est densément fissurée en long et en travers. Sur les exemplaires jeunes, les courts rameaux latéraux se terminent souvent par une épine acérée. En prenant de l'âge, il se montre moins hostile (bourgeon au lieu d'épine). Sa silhouette hivernale est inélégante, contrairement au pommier plus trapu et moins sombre. On le confond très facilement avec des poiriers domestiques retournés à l'état sauvage. pour compliquer les choses, dans le Centre ouest (au nord du Cher), on trouve le poirier à feuilles en coeur Pyrus cordata... dont les feuilles n'ont pas la forme d'un coeur! Il y a aussi, sur les collines du Midi, le poirier faux-amandier Pyrus amygdaliformis et le poirier à feuilles de sauge (sauger) Pyrus nivalis caractérisé par ses feuilles velues-cotonneuses en dessous (nivalis = neige), surtout présent dans le centre de la France (du Limousin à la Champagne) et excellent pour la préparation du poiré.

Le poirier domestique Pyrus communis ne dérive pas des poiriers sauvages ci-dessus. Il est probable que les premiers cultivars à gros fruits juteux et sucrés (Pyrus communis) soient arrivés (pour certains du moins) des Balkans, d'Asie Mineure ou même de plus loin (Chine). La culture du poirier "domestique" est courante depuis 6000 ans! Cité dans "l'Odyssée" d'Homère, il était déjà représenté par une quarantaine de variété au premier siècle de notre ère pour satisfaire le palais des riches notables. Cette diversité des variétés est due au savoir faire (greffage) des jardiniers romains qui oeuvrèrent à son extension en Europe et en Asie Occidentale. Il existe aujourd'hui plus d'un millier de variétés, mais il n'y guère qu'une vingtaine couramment commercialisées choisies pour leur grosseur et leur résistance au transport/manutention que pour leurs qualités gustatives. De plus, le poirier (comme le pommier) est l'un des fruitiers les plus attaqués par des parasites et il reçoit encore de trop fortes doses de pesticides. Actuellement, la Chine est le premier producteur mondial (20 %). Nos poires préférées sont: la conférence (cuisez-la dans du vin!), la louise-bonne (joufflue et colorée), la poire de curé (excellente conservation), la doyenne du comice (juteuse mais fragile) et la beurré-hardy (parfois un peu âcre).
D'une longévité de 300 ans, c'est l'arbre fruitier qui vit le plus longtemps (avec le noyer). Mais, il craint les gels trop forts. Il apprécie beaucoup la chaleur et les terres profondes et perméables. On distingue trois groupes de poires: les poires à couteaux (qui se dégustent crues), les poires à cuire (à chair dure!) et les poires à poiré (on utilise leur jus).
Autrefois, beaucoup de baguettes magiques étaient taillées dans du bois de poirier. Très dur et assez lourd (densité: à?70 - 0,83), le bois de poirier est presque un bois précieux: teint en noir, il imite l'ébène. Il est très apprécié des sculpteurs et des graveurs (gravure sur bois "de fil") du fait de sa densité et de son coloris (rouge saumon veiné de brun sombre), ainsi que pour le placage des meubles de luxe (marqueterie), la réalisation de jouets et d'instruments de musique. Ses défauts sont d'être victime de la vermoulure et d'être peu durable face à l'humidité. C'est aussi un bon bois de chauffage, mais brulant un peu vite. Il produit un charbon dense d'excellente qualité. Son espérance de vie est 200 ans pour le poirier sauvage (région de Hurepoix).
Ses fleurs à 5 pétales, groupées en corymbes, sont blanches avec des anthères pourpres ou violacées. Le fruit à pépins a un pétiole court et un calice qui persiste sur le fruit mûr. On le multiplie par greffage: les poiriers issus de semis de pépins donnent des fruits au goût tannique qui les rend difficilement consommables. Nous en avons fait l'expérience sur la côte est du bassin d'Arcachon!
Symboliquement, le poirier est assimilé à l'instabilité car les poires blettissent vite.
Peut-être trouverez-vous sur les feuilles la larve noire, luisante ressemblant à une petite limace: c'est la tenthrède limace du "cerisier" Caliroa cerasi(1,5 cm de long maximum) qui décape le parenchyme supérieur de la feuille.
Les feuilles du poirier (surtout s'ils sont en espalier) et parfois les poires elles mêmes peuvent être couvertes de boursouflures successivement jaunes, rose/roussâtres et brunes/noires: c'est l'oeuvre d'un acarien le phytopte du poirier Eriophyes pyri (deux à trois générations estivales).
Les poiriers sont victimes des larves de cécidomyies: cécidomyie des poirettes Contarinia pyrivora (asticot jaunâtre provoquant le noircissement, puis la chute des fruits) et cécidomyie des feuilles de poirier Dasineura pyri (marge des feuilles renflée et enroulée, virant au rouge et noir; chute précoce).

Une anecdote pour terminer: il y a bien longtemps, dans certaines communes de Haute Saône, on avait une fort curieuse manière d'élire le maire. Les candidats se plaçaient sous un poirier sauvage, bouche grandement ouverte. On secouait le poirier. Était nommé maire pour un an le premier qui avait une poire tombée dans la bouche!

Des cousins:
- Outre Pinus piraster, il existe un deuxième poirier sauvage dit "à feuilles en forme de coeur" Pyrus cordata (ou poirasse) qui ne dépasse pas 8 m de haut.
- Le poirier des sables de Chine Pyrus pyrifolia a donné une variété aux fruits fragiles (le nashi) beaucoup plus prisés en Chine qu'en Europe.

Application en phytothérapie


Pauvre en calories, la poire est le fruit parfait pour les régimes amaigrissants et amincissants. Elle contient du lévulose, sucre convenant aux diabétiques.
Elle est pourvue de vitamines (A, B1, B2, C), mais en faibles quantités. Elle est intéressante pour ses acides organiques. Son tanin la rend un peu astringente, mais sa saveur est rafraîchissante. C'est une denrée antidiarrhéique, antiseptique, diurétique et vulnéraire. Elle peut donc traiter angine, cystite, rhumatisme....
Les feuilles (riches en arbutine) sont un bon antiseptique des voies urinaires (leur infusion est diurétique et calmante). On les recommande pour les personnes atteintes de rhumatismes, de goutte et de lithiase. L'écorce est astringente: fébrifuge, elle se révèle efficace contre les fièvres intermittentes.
Côté beauté et esthétique, la poire a des aussi des applications cosmétiques: bien mûre, elle fait un excellent masque de beauté. Sa teneur en acides organiques en fait un remarquable et doux exfoliant.


Les recettes de cuisine


TOUJOURS PELER LES FRUITS DU COMMERCE (PESTICIDES°.
On prétend que le fruit est difficile à digérer. Mais, quand il est mûr, le fruit est parfaitement digeste. En cas d'estomac fragile, faites le cuire. Même après la cueillette, la poire continue à mûrir: le mûrissement est d'autant plus rapide que la température est élevée.
Pour les poires sauvages, il faut attendre qu'elles blettissent pour que les poirillons durs et âpres deviennent (à peine) comestibles. Ils ont des cellules sclérenchymateuses et compactes au point de rendre la chair très dures (comme le coing).
On en tire des boissons (poiré -en Normandie-, cidre, vinaigre, Williamine avec les poires Williams). La fabrication du poiré (ou cidre de poires) se différencie de celle du cidre de pommes sur un point: il ne faut pas laisser blettir les poires.
Pour conserver une poire, l'extrémité du pédoncule du fruit est cachetée à la cire pour éviter sa déshydratation et préserver la saveur. Les Romains la conservait dans du miel, dans du vin (éventuellement cuit). Tout le monde connait la poire conservée dans la bouteille remplie d'eau de vie: nous ne manquons jamais de la montrer à nos jeunes visiteurs du jardin de la biodiversité de Mérignac tout en leur demandant: "Par quel procédé une aussi grosse poire a-t-elle pu passer par le goulot?" (nous envoyer un courriel si vous ne trouvez pas la réponse!). Mais, savez-vous que les poires peuvent se conserver dans le vinaigre? Qui se souvient du "raisiné", confit de poire au moût de raisin, trop négligé de nos jours dans les régions de viticulture? et des poires tapées c'est-à-dire séchées au soleil ou dans le four à pain, supplément de nourriture pour l'hiver?

ORIGINAL! Poires dans le vinaigre : Le vinaigre est un puissant antiseptique. Vous avez le choix (éventuellement avec 10 à 20 g de sel/L) entre: vinaigre d'alcool blanc (titrant au moins 7°), vinaigre de cidre, vinaigre de vin, de Xérès, de malt. Pour éviter que l'eau contenue dans les poires ne le dilue et pour que le vinaigre puisse prendre la place de l'eau dans les fruits, il faut au préalable déshydrater ces derniers en les faisant macérer 12 à 24 h dans du sel. Vous pouvez personnaliser votre vinaigre en y ajoutant des épices (clou de girofle, poivre, piment, gingembre), du sucre, du miel, du sel, des fleurs (capucine, violette), du jus de framboise, des aromates (estragon, aneth, menthe). Pour faciliter l'imbibition par le vinaigre, il peut être utile de piqueter les parties les plus dures (par exemple, près du pédoncule pour les fruits). Attention : le vinaigre réagit très mal avec les métaux courants (utiliser matières plastiques, inox, verre ou émail ; bouchon de liège). On peut consommer deux mois plus tard.
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Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.