L'Écotourisme en Gironde

Entrer le nom d'une plante :

Prunellier

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Nom commun : 

Prunellier

Nom latin : 

PRUNUS SPINOSA

Autres noms : 

Prunier épineux. Epine noire. Belloce, Beloche. Argoche. Pellocier. Buisson noir. Epinette. Prunier des bois. Prunier des haies. caverou, cravichon, créquier, gourdinier, pélossier, mère des bois

Famille : 

Rosacées

Origine : 

Europe

Taille : 

3 mètres

Description


C'est l'arbre fruitier sauvage que nous rencontrons le plus fréquemment lors de nos sorties éco-touristiques et de nos balades dans la nature en Gironde. Personne ne reste insensible à la floraison spectaculaire, généreuse et immaculée des prunelliers le long des chemins et en lisière des bois, au tout début du printemps. Son écorce sombre est crevassée horizontalement. Avec ses épines longues et acérées de la même couleur que l'‘écorce (brun noir), cette arbuste pionnier touffu (il est fortement ramifié dès le sol!) forme des haies épineuses défensives infranchissables (rameaux enchevêtrés). Les épines sont, en fait, des rameaux courts, avec bourgeons et feuilles, mais piquants à leur extrémité (alors que chez la majorité des plantes, les piquants sont plutôt des feuilles transformées). Dans ce palais d'épines et de drageons, les oiseaux se sentent à l'abri et aiment y nicher ou s'y réfugier. Les épines servent de lardoirs à la pie-grièche: l'oiseau y empale ses proies pour les mettre en réserve(à voir dans la réserve de Bruges, au nord de Bordeaux). Les jeunes rameaux ont une écorce grisâtre, recouverte d'un duvet très fin et très dense qui devient luisante et brun noir foncé avec l'âge (d'où le nom d'épine noire). Les épines remplacent les épingles pour la composition d'objets en matériaux sauvages. Les feuilles du prunellier portent souvent des boursouflures rouges sur la tranche de leur limbe; le responsable est un acarien: le phytopte du prunier Eriophyes similis. A la fin de l'été, ces acariens (vivant en société) quittent la galle par une fente sur le dessus de la feuille pour hiverner près d'un bourgeon (ou sur l'écorce). S'ils sont très nombreux, ils peuvent aussi déformer les fruits.
Avez-vous vu des boutons floraux sautiller? En fait, il s'agit d'un petit charançon Anthonomus pedicularis qui est enfermé dedans. Cette larve en se contractant et en se détendant imprime ces mouvements, cachée dans son abri végétal.
Utilisé en marqueterie, le bois dur du prunellier sert aussi à confectionner des manches d’'outil et de cannes.
Très tôt et avant sa feuillaison (sauf pour la variété coetanea), le prunellier se couvre d’'abord de fleurs blanches (poussant directement sur le bois nu, sur les rameaux de deux ans, en mars) et légèrement odorantes (parfum d‘'amande amère) comme le montre la photographie (au centre) de la floraison du prunellier de notre jardin de la biodiversité de Mérignac. Puis succèdent les petites feuilles ovales aux bords finement dentés en scie: elles sont enroulées en cornet avant leur éclosion. Les prunelles bleu violet sont des billes brillantes, couvertes d'‘une pruine blanchâtre et très âpres avant les gelées (à cause des substances tanniques), puis noires et ridées après les gels. Chacune contient un noyau dur protégeant une amande unique. On a retrouvé des noyaux percés de trous (colliers,) datant de l'âge de la pierre sur les rives du lac de Constance.
C'est un ami de la lumière qui ne supporte pas le couvert des autres arbres. Son espérance de vie est fort courte (50 ans). Heureusement pour lui, l'une de ses particularités est sa faculté très marquée de drageonner. A cause de cela, il n'est donc pas recommandé d'en composer des haies car elles deviendraient envahissantes en s'élargissant avec le temps. Comme l'aubépine, il protège, de l'appétit des bestiaux, plusieurs arbres à feuilles caduques qui se développent sous son couvert (au moins les premières années).
Au contact des sels ferreux, le tanin de l'écorce donne une encre noire (comme avec les noix de galles). Le bois du prunellier est assez lourd (densité: 0,8 environ) est rosé, veiné de brun rougeâtre vif quand il est vieux. Autrefois, il a servi de motifs en marqueterie. On en fait des cannes (les "bâtons d'épine") après les avoir rougies dans l'eau de chaux (idem pour le néflier). Ses fagots conviennent parfaitement pour chauffer le four à pain... et obstruer de manière dissuasive les haies défensives trop perméables et les entrées des champs!
Si vous êtes superstitieux, ne ramenez pas un bouquet de fleurs de prunelliers chez vous car la tradition veut que le prunellier porte malheur! Rassurez-vous! Cette superstition irrationnelle n'est pas fondée, bien sûr.

Notre flore abrite un autre prunellier indigènes: le prunellier à gros fruits P x fruticans, moins épineux et plus grand, se rencontre près des cultures. Comme ses caractères sont intermédiaires entre le prunellier et le prunier sauvage, c'est peut-être un hybride de ces deux espèces.
Pour le prunier sauvage Prunus insititia, voir la fiche "prunier".

Application en phytothérapie


- SE MÉFIER DE SA DANGEREUSE AMANDE (acide cyanhydrique).
- Acné, bouche, croissance, cure de printemps, fatigue, furoncle, constipation (voir "Le malade imaginaire" de Molière!).
- Crues et en petites quantités, les prunelles sont astringentes, anti-diarrhéiques. En gargarismes, leur décoction soigne les maux de gorge. Jadis, on fabriquait une pâte (acacia germanica, acacia nostras officinarum) aigrelette et âpre à partir du jus réduit par évaporation, utilisée pour lutter contre les maux de ventre et les hémorragies.
- Les feuilles seraient, parait-il, appréciées des fumeurs de pipe. Elles sont aussi dépuratives. Elles entraient dans la composition de "l'onguent de la princesse".
- Les fleurs fraîches sont diurétiques et laxatives (Allemagne).
- L'écorce est fébrifuge et astringente (excellente pour la beauté de la peau en applications externes).


Les recettes de cuisine


La saveur est variable suivant les arbres: à vous de repérer les meilleurs fruits! Quand elles sont blettes ("après les glaces"), les prunelles (noms régionaux: belosses, agrumelles, pelosses, agrènes) peuvent être mélangées aux autres fruits dans la réalisation des compotes, des chutneys et des gelées. Elles se préparent aussi au vinaigre de cidre ou en saumure salée à 10%. Le jus utilisé tel quel fait aussi un bon vinaigre pour les salades.
Les visiteurs du jardin de la biodiversité connaissent bien notre liqueur (le patxaran), confectionnée avec les jolies baies infusées dans de l'eau de vie et de la cannelle.
Jadis, les enfants confectionnaient un "pain de prunelles" en mélangeant la mie de pain à la pulpe blette des fruits.
A partir des jeunes pousses feuillées, on fabrique un apéritif: le trousse-pinette! Les feuilles légèrement torréfiées ont servi à préparer des thés.

RECETTE POUR TRANSFORMER DES FRUITS TOUT JUSTE COMESTIBLES EN UN DÉLICIEUX NECTAR: LA PRUNELLE.
Lors du ramassage les fruits, il est indispensable de s'équiper de lunettes, de solides gants et d'un manteau épais (pour vous protéger des redoutables épines). Mettre 300 g de prunelles dont on casse les noyaux, dans un litre d'eau de vie à 45°. Attendre deux mois, en agitant chaque semaine. Au bout de ces deux mois, filtrer. Au jus obtenu, ajouter un sirop de 700g de sucre dans un peu d'eau par litre de jus. Laisser refroidir avant de boucher. Attendre un mois. A consommer dans les 3 ans (par exemple, pour l'arrosage des sauces).
Variante plus simple: mettre trois poignées de prunelle dans un litre de gin!
Pour fabriquer le patcharan (patxaran en basque), il faut ajouter une gousse de vanille et quelques grains de café, na pas mettre de sucre et utiliser de l'eau de vie anisée.

RECETTES DE LA CONFITURE, DE LA GELÉE ET DU SORBET DE PRUNELLE: voir la fiche "ronce" rubrique "recettes de cuisine" (on remplace simplement les mûres par les prunelles dans ces recettes). Variante pour la confiture: essayer de cuire 1 kg de prunelles dans un demi-litre de vin blanc coupée d'eau.

RECETTE DE LA LIQUEUR DE VIEUX GARÇON:
La recette est donnée sur la fiche "merisier" à la rubrique "les recettes de cuisine".
Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.