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SEXUALITE DES PLANTES A FLEURS

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Nom commun : 

SEXUALITE DES PLANTES A FLEURS

Description


Je n'ai jamais cessé de m'émerveiller devant les fleurs, ces sourires de la Terre -notre mère à tous. Cette envie de les retrouver devient particulièrement aigüe à chaque retour du printemps. Depuis un demi siècle, je cours après ces petites choses en jupe de chlorophylle dont je suis tombé amoureux dès la prime adolescence. Je me suis perdu dans leur parfum, dans leurs poils, dans l'architecture de leurs corolles. Fasciné, je m'y suis englouti et je m'y suis définitivement perdu. C'est sans doute la faute à Linné, voyeur botaniste infatigable, qui passa trente ans de sa vie à compter, observer, classer les étamines, les ovaires, les sépales et les autres attributs sexuels des végétaux pour les classer. Ce XVIIIe siècle où pourtant fleurit l'érotisme en littérature et en peinture prit assez mal les choses: les premiers scientifiques reprochèrent à Linné son obsession sexuelle qui le poussait d'une façon malsaine (selon eux) à privilégier le sexe des plantes (c'est-à-dire les fleurs) pour réaliser l'oeuvre de sa vie: établir sa grande classification des végétaux. Il dénombra ainsi une cinquantaine de familles de plantes liées à leurs pratiques sexuelles. De ses observations, Linné créa deux catégories: celles où le mariage est caché (cryptogames) et celles où le mariage est visible (phanérogames ou spermaphytes, divisées en gymnospermes à ovules nues et angiospermes à ovules cachées).

REPRODUCTION ASEXUÉE
Contrairement à l'Homme et aux mammifères, les plantes peuvent se reproduire naturellement de manière asexuée (végétative), sans graine, en produisant directement des plantules semblables à la plante-mère (clones): boutures* (peuplier, saule), drageons à partir des racines (bouleau, peuplier, pommier, certains pruniers), bulbe (ail, jacinthe), tubercules (pomme de terre), rhizome (anémone Sylvie), stolons (fraisier). Cette façon de se dupliquer est rapide et c'est la porte ouverte à l'immortalité. Mais, contrairement à la reproduction par graines, il n'y a pas de brassage génétique, ce qui limite la diversité, la capacité de dissémination et l'adaptation à des changements. Il y a donc un grand risque de disparition totale en cas d?accident à long terme ou d'environnement changeant, en particulier climatique.
*Si cela s'appliquait à l'Homme, c'est comme si un bout de doigt, placé dans des conditions adéquates, se développait jusqu'à reproduire un nouvel individu, réplique exacte de l'original, sa photocopie en quelque sorte.

LA REPRODUCTION SEXUÉE: L'ART DE L'AMOUR EN VERT (LES FLEURS, VÉRITABLES SEX-MACHINES)
Si les plantes fleurissent, ce n'est pas pour nous faire plaisir! Si elles sortent le grand jeu de la séduction, c?est avant tout pour produire des graines. Oui, les plantes font des bébés et cela se passe dans les fleurs, là où se trouvent les organes sexuels mâles et femelles. Toutes les fleurs sont des sexes: même si l'image est choquante, nous respirons des sexes particulièrement apparents qui ondulent sur une tige! La fleur n'est qu'impudeur: le cadeau qu'on offre aux rosières pour célébrer leur vertu n'est qu'un étalage d'organes génitaux! Les étamines sont testicules, les pistils ovaires et utérus. Irait-on proposer un bouquet de phallus et de vulves à une jeune fille innocente? La fleur exhale des parfums d'ange, mais mérite "l'enfer" de la bibliothèque vaticane. Savez-vous que les livres de botanique furent interdits aux femmes (1735) tant les descriptions des ébats du pollen et des stigmates paraissaient inconvenants? Le nom scientifique des plantes à fleurs est phanérogames; ce qui signifie "mariage visible" (par opposition aux cryptogames = mariage caché, comme chez les pins où les fleurs ne sont que suggérées avec des organes sexuels réduits à leur plus simple appareil sans l'ornement des sépales et des pétales). Avant les conifères et les plantes à fleurs, la sexualité était externe à l'organisme et se déroulait dans les mares et tous les lieux humides: c'est ainsi que les plus anciennes plantes comme les mousses et les fougères possèdent des spermatozoïdes qui se déplacent dans l'eau.
A l'origine (il y a 350 millions d?années), c'est le vent (ou l'eau pour les plantes aquatiques) qui était l'agent matrimonial et se chargeait du transport du pollen (c'est toujours le cas pour les pollens petits et légers: ceux qui provoquent des allergies, comme ceux des arbres et des graminées). Mais, avec le vent, l'atterrissage du pollen sur la bonne plante est très hasardeux et cela oblige la fleur à produire beaucoup de pollen (un seul chaton de bouleau libère plus de cinq millions de grains de pollens). De plus, les fleurs sont aussi obligées d'avoir des capteurs de pollen (stigmates) relativement grands, plumeux et collants afin d'avoir le maximum de chances d'intercepter le pollen.
Heureusement, au cours de l'évolution, une nouvelle forme de transport du pollen par les animaux apparut, avec des pollens plus gros et avec des ornementations pour s'accrocher afin de pouvoir être transportés par un nouveau "facteur": les insectes (le plus souvent). Ainsi, la part du hasard est devenue plus limitée. Floraison rime avec séduction. Et oui! Même les plantes ont cet impérieux besoin de séduction qui précède la fécondation pour aboutir à la procréation dont dépend la survie de l'espèce. Souvent, une piste d?atterrissage sur les sépales (balisée d'ultra-violets) guide les insectes sur les géraniums, les nielles, les mauves. L'exhibitionnisme charmeur des fleurs, véritable panneaux publicitaires, est conçu pour attirer l'animal et transmettre la vie par insecte interposé. Abeilles et papillons sont séduits: les couleurs de la fleur ont produit leurs effets, le nectar les récompense. La moindre des politesse n'est-il pas, pour le visiteur, de repartir avec un peu de pollen? Pour les insectes, une prairie fleurie est en quelque sorte un centre commercial très attractif: nectar et pollen y sont disponibles dans des assiettes naturelles et sont consommés à bas prix! Restauration rapide et parking gratuit! L'insecte pratique le troc: nectar à boire contre pollen à transporter. Chaque espèce végétale a sa propre signature olfactive pour fidéliser les insectes. A noter que les goûts des insectes sont très différents de ceux des êtres humains (par exemple, les psikodas sont attirés par l'odeur d'excréments de l'arum-gouet). Parmi les pollinisateurs, les champions sont les insectes poilus: les abeilles surtout, mais aussi les bourdons et les papillons. Par rapport à l'abeille, le bourdon a l'avantage de résister aux basses températures, au vent et à la faible luminosité. Le papillon fait partie des plus vieux pollinisateurs (depuis 150 millions d?années). Son avantage est de disposer d'une trompe déroulable faisant office de paille pour prélever le nectar le plus profond (même le mieux protégé): observez le en action! Il ressemble alors à un joyeux drille qui déroule sa trompe à cotillons!


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