L'Écotourisme en Gironde

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Troène commun

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Nom commun : 

Troène commun

Nom latin : 

Ligustrum vulgare

Autres noms : 

Trouille, meurion, sauveignot, trogne, frézillon, herbe à l'encre, buis de Vierge, bois noir, raisin de chien, bois vert, bois puant

Famille : 

Oléacées

Origine : 

Europe

Taille : 

1 à 5 m

Description


Troene vient de trugil (nom franc de la plante).
Il existe une cinquantaine d'espèces dans le monde. Le troène commun peuple les sous-bois des hêtraies-chênaies des plaines, établies sur des sols crayeux ou argileux, assez riches et frais. On apprécie les haies de troènes car l'arbuste drageonne aux niveau des bourgeons racinaires. Ses rameaux repoussent bien et vite même après une taille sévère. De plus, il compense l'absence d'épines par ses souples branches que l'on peut entrecroiser pour faire une barrière impénétrable, au bétail notamment. Ses dociles rameaux sont aussi utilisés en vannerie (le nom latin ligustrum viendrait de ligare = lien). Enfin, les tiges qui touchent le sol se marcottent d'elles mêmes. Hélas, cette exubérance ne plait pas toujours et il a tendance à être remplacé par des clôtures en fil métallique diminuant la biodiversité de nos campagnes. Il est vrai que cet arbuste très gourmand constitue rapidement des "forêts linéaires" et son développement peut gêner d'autres plantes.
Ses feuilles vert sombre, de 3 - 6 cm, un peu fermes, sont attachés au rameau par un court pédoncule et elles s'implantent toujours par paires jusqu'à l'inflorescence terminale. La nervure médiane est saillante dessous. Les nervures latérales sont faibles et peu visibles. Elles sont rétrécies à la base, sans marge translucide. Elles sont issues d'un bourgeon dissymétrique, ayant deux écailles d'inégale longueur. Ses bourgeons sont disposés alternativement le long du rameau. A l'automne, les feuilles virent curieusement au violine et elles sont à demi-persistantes: soit elles tombent (en général), soit elles restent tout l'hiver sur l'arbre pour ne tomber qu'au printemps naissant (feuilles marescentes).
Les jeunes rameaux (et les ramifications de l'inflorescence) sont courtement velus. En mai-juin, les pyramides blanches, denses et étroites de fleurs (voir la photographie centrale ci-dessus) poussent sur les rameaux de l'année; aussi, si on veut éviter la formation de baies toxiques au jardin (par exemple, en présence de jeunes enfants), il suffit de tailler en période de floraison (ou un mois avant ou après). les tubes de la corolle égalent à peu près les lobes. Les grappes de fleurs rappellent, en plus petits, celles de son cousin: le lilas (également de la famille des oléacées). Comme le lilas, la fleur du troène est un tube en entonnoir formé par quatre pétales soudés. Deux courtes étamines se trouvent au centre de ce tube. Elles dégagent une odeur entêtante et lourde, dérangeante pour beaucoup de personnes. La fleur peut s'autoféconder car les étamines peuvent se courber vers les stigmates. Les abeilles viennent les butiner (et les féconder) pour en faire un miel qui, pur, a un désagréable goût de poisson.
Les baies (6 à 8 mm de diamètre) d'abord vertes, puis rouges puis violet noir/rougeâtre (résultat de l'augmentation de concentration d'un pigment anthocyanique) restent sur l'arbuste à la mauvaise saison. Elles sont TOXIQUES pour l'être humain (entérites graves): leur goût est amer. Même les oiseaux les évitent, sauf lorsqu'ils n'ont rien d'autre à picorer. Aussi, restent-elles sur l'arbre lors des hivers doux. Néanmoins, les chasseurs plantent des troènes pour attirer grives, faisans et perdrix. A partir de ces baies, on fabrique une encre noire aux reflets violacées utilisée par les enlumineurs. On l'utilisait pour teinter les gants, les chapelets, les enluminures et assombrir les bois clairs pour leur donner un air de bois exotique. L'écorce fournit, elle, une couleur jaune. Bien qu’'il fut utilisé pour colorer frauduleusement le vin et réaliser des confitures, le fruit provoquent des irritations gastriques. Le bois, dur et dense (densité: 0,9), élastique, de petite section, est utilisé en tournerie (manche de couteau, bobines, chevilles). Son charbon (très fin) est entrée parfois dans la composition de la poudre noire.
Le troène supporte la taille annuelle. On peut rendre les haies plus compactes en greffant/soudant les rameaux par contact. Il peut servir de porte-greffe au lilas.

Dans les jardins, on trouve:
- d'une part, de nombreuses variétés horticoles: pleureur, à feuilles panachées (de blanc ou de jaune).
- d'autre part, des troènes acclimatés, plus grands que notre troène indigène: le troène du Texas Ligustrum texanum (6-7 m), les asiatiques (les troènes du Japon, le troène du fleuve Amour Ligustrum amurense de 3-4 m de haut et le troène de Chine Ligustrum chinense à demi-persistant).
Au Parc du Bourran (Mérignac), on peut voir le grand (9-10 m) troène luisant ou troène à feuilles brillantes Ligustrum lucidum, aux feuilles vert foncé, pointues, de 10-15 cm de long, coriaces (mais très fragiles quand on les plie), arrondies à la base, bordées d'une marge cartilagineuse translucide. Les rameaux sont glabres et fortement verruqueux. Les inflorescences pyramidales odorantes sont lâches, très larges (près de 20 cm) et à ramifications glabres. Importé d'Extrême-Orient (pour la première fois en 1794), il est également appelé troène du Japon, mais il ne faut pas le confondre avec d'autres troènes: le vrai troène du Japon Ligustrum japonicum (d'allure buissonnante; aux rameaux et aux inflorescences plus ou moins velus; feuille à nervures latérales distinctes, ordinairement rouges sur la médiane et les bords), le troène de Californie Ligustrum ovalifolium (originaire du Japon; 5 m de haut; jeunes rameaux et inflorescence glabres; feuilles ovales-elliptiques; tube de la corolle 2 à 3 fois plus long que les lobes; de plus en plus souvent planté en haie, il tend à remplacer le troène commun dans les haies car ses feuilles durent plus longtemps).
Pour l'art topiaire, nous vous conseillons Ligustrum ionandrum (1-1,5 m) qui a déjà naturellement une forme en boule.

Application en phytothérapie


NE CONSOMMER AUCUNE PARTIE DE LA PLANTE FRAICHE (notamment le fruit est toxique)! NE PAS PLANTER DE TROÈNE DANS LES JARDINS AVEC DES ENFANTS!!
Macérées dans l’'huile, les feuilles et les fleurs servent à traiter les douleurs occasionnées par les rhumatismes et la cellulite.
Les feuilles servent à prendre des gargarismes efficaces contre les affections de la bouche et de la gorge (fumeurs). En compresses, elles permettent de lutter contre le dessèchement de la peau et pour désinfecter les plaies purulentes.


Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.
Merci de consulter un professionnel de la santé avant toute utilisation.