L'Écotourisme en Gironde

Le désherbage

Une mauvaise herbe n’est qu’une herbe qui pousse au mauvais endroit. Il est moins traumatisant de supporter des mauvaises herbes que des mauvais voisins! Objectivement, est-il indispensable de détruire systématiquement toutes les plantes adventices (pâquerettes, pissenlits), y compris dans un gazon? Certes, les indésirables entrent en concurrence pour la luminosité, l’eau et la nourriture dans le sol avec nos plantes chéries. Toutefois, le jardinier éclairé ne considère pas l’herbe (au sens très large, donc pas forcément des graminées) comme systématiquement mauvaise et évalue si elle entre vraiment en concurrence avec les plantes cultivées car même les herbes folles (en quantité raisonnable) participent à l‘équilibre du potager.

Certaines mauvaises herbes sont même des matières nobles.

  • Elles sont médicinales (sève jaune de la chélidoine contre les verrues, bouillon blanc contre la toux) ou comestibles (les feuilles croquantes et charnues du pourpier sont probablement la plus grande source végétale d’omégas 3; racines de pissenlit et de vesce; quiche d‘ortie ou de chénopode).
  • D’autres attirent les pollinisateurs (pissenlit, lierre, berce) et jouent alors un rôle pour préserver/enrichir la biodiversité végétale. Pour cette raison au moins, un gazon écologique devrait être constitué d’un mosaïque de plantes et non d‘une ou deux espèces végétales seulement.
  • Enfin, les propriétés indicatrices des herbes folles révèlent certaines caractéristiques du sol (acidité, humidité): ainsi, la pâquerette indique un sol pauvre en calcium, le chardon un sol compact, l‘ortie une terre très riche.

Il faut se méfier d’un terrain où il ne pousserait même pas de mauvaises herbes! Comme pour les animaux ravageurs, le but n’est pas de toutes les éradiquer mais de les limiter. Apprenez à composer avec la dynamique de la Nature: il est inutile de désherber les petites plantes qui ne sont pas réellement gênantes (mourons). Il est également moins fatigant et plus efficace de désherber peu et souvent.

Pour les petites surfaces

La meilleure façon de désherber écologiquement n’a rien de sophistiqué puisqu’il s’agit du désherbage manuel. Muni de gants, vos genoux reposant sur un vieux coussin, saisissez la plante le plus bas possible et déracinez-la intégralement, au besoin en arrosant la terre à son pied et en vous aidant d’un outil (fourchette, couteau, gouge à asperge, transplantoir, tire-racine). Cet instrument permet d’arracher intégralement le système racinaire (avec des passages répétées tous les quinze jours pour les indésirables les plus résistantes). Consacrez-y une heure par semaine (soit 10 minutes/jour environ) pour que cela ne soit pas fastidieux et pour éviter les courbatures. Outre l’aspect bienfaisant de l’exercice physique, vous y découvrirez le plaisir d’être en contact avec votre terre, vous observerez de très près et individuellement vos plantes chéries: avec l’arrosage manuel, c’est le meilleur moyen de découvrir les prémisses des premiers dégâts qui vous permettront d’agir le plus vite possible.

Et le désherbeur thermique à gaz ?

Je réserve le désherbeur thermique à gaz uniquement pour les allées gravillonnées ou empierrées difficiles à bien désherber par d‘autres méthodes, même s’il n’a tendance à détruire que les parties aériennes des vivaces. Pour celles déjà bien implantées, il faudra plusieurs passages tous les quinze jours pour en arriver à bout. Il faut le passer à 10 cm au dessus du sol car il ne s‘agit pas de brûler la plante (avec le risque de déclencher un incendie dans tout le jardin!). Le but est d‘avoir suffisamment de chaleur (100°) pour coaguler les protéines et faire éclater les cellules par évaporation de leur eau.

  • Dans les massifs, binez avec une griffe et sarclez au premier stade de pousse des plantes indésirables. Et éliminez-les sur un feu, dans le tas de compost ou en les mangeant si elles sont comestibles (cardamine, mâche, mouron blanc)!
  • Mettez des étiquettes pour signaler et protéger les bulbes ou les vivaces en dormance.
  • La rotation des cultures empêche aussi les plantes indésirables de s’installer.
  • Les purins de chélidoine ou de clématite, sans être de vrais désherbants, inhibent néanmoins la division cellulaire et donc ralentissent la pousse. L’armoise annuelle, le brome des toits, la fougère-femelle, l’origan, le seigle libèrent dans le sol, elles aussi, des inhibiteurs de croissance.

Les herbicides pré-émergents biologiques

Parmi les herbicides pré-émergents biologiques (c’est-à-dire qu’ils ne s’attaquent qu’aux graines de mauvaises herbes, mais pas aux plants eux-mêmes), le gluten de maïs (1kg/m²) a un effet très lent (répétez le traitement pendant plusieurs années!), mais il a l’avantage d’apporter des fertilisants au sol (azote). Les huiles essentielles d’ail ou de clou de girofle sont efficaces pour détruire les pousses, mais pas pour les racines et elles ne sont pas sélectives.
Les plantes en rosette (plantain, « salade de porc») n‘ont des pores respiratoires qu‘en surface: en été (à condition qu’il y ait 10 jours sans pluie après le traitement), elles peuvent être asphyxiées en les badigeonnant au pinceau avec de l’huile, du savon liquide, de la chaux ou du lait. La plante meurt en moins de deux semaines.
Pour les rhizomes traçants (chiendent, ortie, liseron, renoncule et potentille rampante), il ne faut surtout ne pas utiliser de motoculteur: chaque morceau de racine sectionnée redonnerait une plante. Une bâche noire en plastique sur ces plantes surmontée éventuellement d‘un paillage (double paillis), des cartons, un vieux tapis opaque, certaines plantes couvre-sols (lierre à l’ombre), un feutre géotextile avec une bonne couche de graviers dessus ou le désherbage manuel et soigneux sont les solutions écologiques les plus adaptées à ces plantes.

La technique du faux semis

Si vous envisager de semer une planche de légumes à croissance lente (carotte, chicorée, fenouil, mâche, oignon), utilisez la technique du faux semis: quatre semaines avant le vrai semis de légumes, vous préparez le sol comme si vous alliez semer (léger labourage et arrosages répétés). Les mauvaises graines poussent et il n’y a plus qu’à les détruire par griffage/ratissage sans trop remuer la couche superficielle du sol pour ne pas faire venir en surface d’autres graines inopportunes. Ensuite, semez vos légumes en ligne (ou par poquets) plutôt qu’à la volée: ce sera plus facile pour désherber à nouveau par la suite.

conseil du savantN’introduisez pas des mauvaises herbes avec le fumier, le compost ou le terreau.