L'Écotourisme en Gironde

Traitements ciblés

Méthodes sans pesticides

Nous avons vu dans les pages précédentes qu’il faut lutter contre les insectes trop gloutons en donnant la priorité à des méthodes n’utilisant pas les pesticides chimiques: la surveillance attentive des plantes pour détecter les premiers symptômes, le respect des règles de base des techniques culturales, les barrières matérielles ou odorantes, le ramassage manuel des ravageurs, le maintien de la biodiversité ( végétale, animale et des biotopes ), la lutte biologique, la solarisation ( voir la page « fongicides » ), la terre de diatomées (contre les rampants en général dont il abrase la cuticule; à ne pas respirer)…. Avant d’intervenir, je laisse aussi les autres plantes venir au secours de leurs consœurs (associations végétales, purins). Personnellement, mon niveau de tolérance vis-à-vis des ravageurs est tel que je n’utilise les pesticides que lors des très rares invasions. A cette liste, j’ajouterai d’autres astuces sans pesticides que je n’ai pas ( ou à peine ) présentées dans les chapitres précédents:

  • Les bandes de moquette, de tissu, de carton sur le sol, autour des pieds des plantes: c’est tout bête, mais elles empêchent l’action de certaines larves comme celles du tenthrède des groseilliers, du ver des framboises ou de la cécidomyie des poiriers. Pour la mouche du chou, on ajoutera une collerette bien serrée autour de la tige
    ( voir plus loin à « ver gris» ).
  • Les pièges alimentaires classiques: bouteilles avec miellat suspendus aux branches pour les guêpes et les frelons ( pas forcément très sélectifs hélas ), coupelle avec bière pour les limaces ( un couvercle 2 cm au dessus ou des ouvertures latérales empêcheront le hérisson de s‘enivrer, quelques écorces flottantes empêcheront les carabes de se noyer ).
  • Les pièges, colorés ou non, avec glu
    A nettoyer régulièrement et remettre de la glu pour maintenir le caractère collant: son application est assez salissante!
    Suspendues aux branches, les plaques colorées et engluées jaunes vifs attirent les mouches blanches ( aleurodes ) + les mouches de la cerise + les chenilles mineuses + les noctuelles + les chrysomèles rayées du concombre + les pucerons; les blancs séduisent le ver du framboisier, les tenthrèdes ( groseillier ), l‘hoplocampe du pommier et celui du prunier; les orangés appâtent la mouche de la carotte; les bleus allèchent les thrips; les jaunes orangés tentent la mouche de l‘olivier. Dans mon jardin expérimental, je teste actuellement d’autres couleurs et l‘action des plantes aux feuilles naturellement collantes ( nicandra ).
    Larges de 10 cm, les bandes/anneaux de glu autour du tronc ( et de leurs tuteurs au-dessus du point d’attache ), à mi-hauteur, arrêtent les insectes marcheurs ( fourmis, perce-oreilles, femelles de cheimatobias de septembre à décembre ): glissez de la mousse synthétique partout où il y a un espace entre le tronc et la bande de glu ( la glu appliquée directement sur l‘écorce ou pire de vieilles huiles peuvent nuire à certains jeunes arbustes ). Posez-la fin mars contre le carpocapse et en mars-avril contre l’anthonome du pommier. La glu sert aussi contre les insectes sauteurs ( altises ) et les otiorrhynques qui découpent des arrondis dans les feuilles Une balle rouge engluée attire les mouches de la pomme qui la confondent avec une vraie pomme mûre! Si on enduit ces pièges de phéromones, on augmente considérablement leur efficacité. Les pièges à lumière enduits de glu attirent les papillons, mais manquent de sélectivité si on ne cible pas finement la période de reproduction.
  • Les pièges sexuels ( phéromones ): les humains ne sont pas les seuls à succomber au sexe! Les insectes mâles sont aussi attirés par les odeurs émises par leurs femelles. Les insectes se collent sur la bande gluante ou tombent dans l’entonnoir. En forme d’entonnoirs ou de petites cabanes, ces pièges fort coûteux ( donc à réserver pour protéger que 2 ou 3 arbres peu infectés ) ont une durée d’action limitée à un mois et demi au maximum. Ils servent surtout d’alerte pour mesurer le degré d’abondance des différentes mouches parasitant les fruits et, dès que plus de 5 insectes sont capturés par piège, on effectue un traitement. Ces leurres sont surtout utilisés contre les carpocapses du pommier et du poirier, la mineuse du pêcher et la tordeuse de la vigne. Prévoyez un piège par arbre, en août, à renouveler au moins une fois.

Les principaux « biopesticides »

En cas d’échec avec les méthodes précédentes, il faudra se résoudre à utiliser les pesticides bio « 3E » (Ecolo, Efficace, Economique) qu’en tout dernier ressort. Les explications sur le QIE sont données au chapitre « de super bonnes idées pour des solutions préventives…» . A chacun de résoudre l’équation pour trouver l‘équilibre à partir des produits ci-dessous:

  • le bacille de Thuringe avec ses souches spécifiques (sérotypes): QIE = 7,9; sérotype 3a et 3b: contre les vraies chenilles, notamment la piéride du chou et les processionnaires; sérotype ténébrions: contre le doryphore; sérotype H14: contre les moustiques; hélas, ce bacille ne se conserve que quelques mois si le sachet reste ouvert, surtout à la chaleur et à l’humidité!; traitez par température modérée (optimum: 12°); ne mélangez pas avec un produit à base de cuivre;
  • les huiles végétales à 3% (colza contre cochenilles, ricin et neem: voir ci-dessous),
  • l‘huile de paraffine (huile blanche contre les cochenilles et les pucerons, deux traitements en hiver),
  • le tourteau de neem (extrait de l‘arbre tropical Azadirachta indica; QIE = 12,8 s‘il est bien utilisé car c‘est un insecticide et un fongicide de contact) ou de ricin (nématoïde),
  • le savon noir insecticide Safer à 3% (QIE = 19; il agit par contact contre les nuisibles à corps mous comme les pucerons, les thrips, les aleurodes et les acariens; risque d’endommagement de la cuticule de certaines plantes, en particulier sur les feuilles poilues: testez sur une seule feuille pour voir si des brûlures apparaissent dans les 24 h).
    Comme cet insecticide est polyvalent et non toxique, faites votre propre savon-maison (15 g de savon potassique de Marseille dans 1 L d‘eau; ajouter un quart d’alcool à 70° avec éventuellement un peu de lait ou d’huile; ne pas appliquer sur des plantes assoiffées; l‘action s‘effectue en 24 h) + le savon sert aussi à enlever la fumagine,
  • la terre de diatomées et le borax (à cacher dans une petite boite percée de trous pour éviter l’ingestion; à réserver contre les rampants: fourmis, cafards),
  • le spinosad (U.S.A.) extrait d‘une bactérie (QIE = 17,7; contre les thrips, les chenilles et les mouches),
  • les purins les plus efficaces sont ceux du vrai pyrèthre (Chrysanthemum cinerariaefolium), du neem (ou azadirachtine: action systémique, donc il ne s’attaque qu’aux insectes phytophages) et ceux des plantes riches en essences (tanaisie, absinthe, tabac). Mais, il en existe d’autres aux propriétés insectifuges (fleurs de tanaisie et d’absinthe, feuilles d’ortie, de tabac, de rhubarbe et de raifort, écorce de cassia), la décoction d’ail (20 g d‘ail haché dans 20 ml d‘huile végétale pendant 24h, puis on complète avec 1 L d‘eau avec 10 ml de savon biodégradable), la tisane composée de 75% d‘achillée millefeuille et de 25% d‘ortie, l’infusion de coriandre ou de menthe poivrée (pucerons, doryphores, fourmis), -voir aussi le § « les préparations végétales»-,
  • la poudre de basalte (5g/m²) ou le talc (non autorisé en agriculture biologique),
  • les régulateurs de croissance (hydropène, méthoprène, kiniprène à action lente contre les cafards),
  • l’imidaclopride (QIE = 34,9; à réserver aux insectes foreurs des arbres fruitiers, comme tous les autres néonicotinoïdes).

Un peu de philosophie écolo

Même pour les insecticides bio ou les répulsifs bio (spray à l‘ail), respectez les indications fournies. « Bio » ne signifie pas « inoffensif ». Se tourner vers les traitements bio ne doit pas donner bonne conscience. On ne sauvera pas son jardin à coups d’insecticide bio! On a trop tendance à penser que, parce qu’ils sont bio, ils présentent moins de risques et on les surdose. Il faut toujours se rappeler que ces produits détruisent des êtres vivants… et nous sommes des êtres vivants! Ils faut donc toujours réfléchir aux risques de danger potentiel sur les autres créatures, notamment sur la vie aquatique, sur les micro-organismes du sol et sur nous-mêmes!
Pour les pesticides bio comme pour les non bio, il faut cibler et réduire le nombre d’applications (à une ou deux fois par an dans la mesure du possible, mais on peut être parfois obligé de les répéter tous les quinze jours), ainsi que la concentration du produit (c‘est la dose qui fait le poison, plus que le fait qu‘il soit bio ou non, comme le montrent les composés à base de cuivre ou de soufre).
Les insecticides à large spectre (roténone, pyréthrine pourtant longtemps utilisées en agriculture bio) détruisent sans distinction beaucoup d’hôtes indésirables et aussi beaucoup d’animaux utiles: un produit vendu comme insecticide peut se révéler plus efficace pour détruire des poissons (roténone qui tuent les animaux à sang froid)! L’insecticide idéal qui ciblerait que les indésirables et qui serait inoffensif pour nous (et les autres animaux) n’existe pas. Malgré tout, si vous êtes contraint de choisir cette solution (après avoir épuisé les autres alternatives), il vous faudra respecter scrupuleusement le mode d’emploi, avec votre combinaison de « cosmonaute », dans de bonnes conditions météorologiques (les jours sans vent et sans pluie), en matinée. Si vous vaporisez négligemment un pesticide par une journée venteuse, le produit (mal utilisé!) risque de se déposer dans les jardins voisins! Et réciproquement si c’est votre voisin qui agit ainsi. N’oubliez pas de traiter le dessous des feuilles où se cachent les perfides insectes. Déposez l’insecticide uniquement là où c’est nécessaire c’est-à-dire les endroits où vous avez repéré les indésirables.
Variez/alternez les produits pour freiner l’apparition de souches immunitaires résistantes, mêmes si certains sont moins efficaces. Attendez au moins 15 jours avant de manger les plantes et les fruits traités.

Réagir de manière proportionnelle aux dégats

Toutefois, rappelons que le bon réflexe est de réagir de manière proportionnelle aux dégâts constatés: il est injustifié de traiter si l’attaque des prédateurs est sans conséquence grave pour la survie de la plante. L’objectif du jardinier bio n’est pas l’élimination, mais la maitrise raisonnée. Le jardin écoresponsable est moins contrôlé que le jardin classique: il faut moins en faire, mais mieux, judicieusement et consciencieusement. Le jardinier bio a, lui aussi, son lot de problèmes, mais il a la satisfaction de contribuer à un monde futur meilleur en évitant au maximum la pollution et les déséquilibres écologiques.

Intervenir de manière ciblée

Afin d’intervenir de manière ciblée, voici maintenant quelques « réponses-pirouettes». En effet, c’est à vous de choisir, dans chaque cas, celle qui correspond le mieux à vos convictions éthiques tout en étant efficace dans les conditions spécifiques de votre jardin. Jardiner est une activité (ré)créative: à vous d’innover en trouvant d’autres « armes»!

  • Contre les nématodes des racines de carottes, de choux, de pomme de terre: choisir des plants greffés (tomate), cultivez des tagètes (très efficace en 3-4 mois, mais elles ne s’attaquent pas à tous les nématodes), enfouissez un mélange de 5 kg de tourteaux de ricin et de neem pour 10 m². En prévention, respectez les rotations suffisamment longues. Les nématodes sont plutôt hébergés dans les sols légers.
  • Contre les fourmis (à vous de juger si elles sont vraiment embêtantes): marc de café, scotch double face autour du tronc, collier de glu adhérant bien autour des troncs et autour des pieds des tables de semis (on peut aussi les isoler dans l‘eau), piège sélectif à fourmis (petite boite avec appât et poison à action lente), huile essentielle d‘agrumes (ne pas asperger les plantes), extrait de lavande, infusion de persil (30 g/L), purin de plantes à odeur forte (lavande, sureau, tanaisie, tomate); terre de diatomées sèche.
  • Contre les pucerons (l‘Attila de ma véranda!): procédez tôt en saison et le soir (pour épargner plus ou moins nos auxiliaires naturels). Giclée d’eau au savon noir (15-30 g/L); macération de 24 h préventive répulsive (feuilles d’absinthe, camomille, tomates, ortie -12h de macération-, tanaisie, lavande, absinthe, noyer, rhubarbe, sureau, fougère, neem Azadirachta indica, extrait de zestes d‘agrumes, bois de cassia), infusion d’ail; purin de fougère à 20% ou de menthe poivrée ou de fleurs de tanaisie; plantations de persil, d’œillet d’Inde, de rue, de menthe, de citronnelle, de bourrache, de camomille (contre les premières attaques seulement); feuilles de sureau; pulvérisation de cendre de bois ou d’huile de colza à 3% (stade hivernant) deux fois à une semaine d‘intervalle; collier antipuces des chats (!); lutte biologique à réserver aux vérandas et aux serres (les stars à la mode sont la coccinelle Adalie à deux points ou mieux la chrysopa carnea et amphibolites aphidimyza: 2 pupes/m²). Diminuez les apports d’engrais rapides solubles, en particulier riches en azote (la sève modifiée devient plus attractive pour les pucerons). Traitez aussi les fourmis puisqu’elles élèvent et protègent des troupeaux de pucerons pour qu‘ils se multiplient. Lutter contre le puceron, c’est aussi lutter contre les maladies qu’il transmet (phylloxéra de la vigne au XIXème siècle, fumagine).
  • Contre les cochenilles: encouragez les variations de température, apportez du compost pour augmenter la vigueur de la plante, essayez de les détacher avec un coton tige imbibé d’alcool, vaporisez de l’huile de colza (ou de paraffine) ou une macération de fougères à 5% ou une solution de savon noir (avec 5% d‘alcool), placez des pièges à phéromones à la belle saison pour capturez les mâles (à renouveler tous les mois), badigeonnez de chaux et d‘argile les arbres en hiver, introduisez des coccinelles ou des chrysopes (en milieu fermé comme les vérandas).
  • Contre les otiorrhynques (cousin du charançon): recherche des insectes la nuit avec une lampe; glu; infusion de tanaisie; lutte biologique en fin d‘été avec les parasites comme les nématodes Heterorhabditis megidis ou Steinernema carpocapsae.
  • Contre les chenilles: Bt, association avec des aromates (sauge ou menthe fraîches hachées contre la piéride du chou; brocoli contre la chrysomèle rayée du concombre), ramassage manuel au pied des plantes en surface la nuit et en grattant un peu la terre le jour (ver gris = larve de noctuelle), décoction de feuilles de sureau.
  • Contre les papillons de nuit: pièges lumineux, de préférence avec lampes ultra-violettes et miellat (noctuelle entre 22h et 3 h du matin à l’époque de la ponte: fin mai-fin juillet + mi-aout-mi-novembre).
  • Contre le ver gris (larve de noctuelle): nocturne, cette chenille (gris sale à marron avec des bandes longitudinales) ronge les racines et le collet des plantes. Elle s’enroule en spirale de manière caractéristique lorsqu’on la dérange. Arrosez avec du purin de tanaisie et d’absinthe et surtout le Bt. Binez souvent. Maintenez une forte humidité. Piège à bière (voir, plus loin, à « limaces»). Lâchez une poule pendant une heure régulièrement! Au moment de la transplantation (chou), placez autour du collet une tube creux enfoncé de 5 cm et dépassant de 3 cm du sol (méthode valable aussi pour la mouche du chou).
  • Contre la mouche du chou: étalez un feuille en plastique au pied du chou pour empêcher la ponte à proximité dans la terre ou entourez le pied d’une collerette, pulvérisation d‘une solution de piment de Cayenne broyé (après 1 h trempage) ou de macération de cendre de bois, agrotextile, planification des cultures pour éviter les périodes où ce ravageur pullule, retournez la terre en hiver, alternez les rangs avec des haricots.
  • Contre la mouche de la carotte: agrotextile, répulsif (phosphate de roche + cendre de bois), association avec coriandre chinoise et oignons ou poireaux ou bleuets barbeaux, semis le plus tôt possible ou en été, arrachage des plants attaqués, infusion de lierre (30 g/L) ou de feuilles de sureau, purin d‘ortie à 10%, macération de cendres de bois.
  • Contre les aleurodes (mouches blanches): Difficile à éliminer en serre! Solutions répulsives de purin de menthe poivrée ou infusion de tanaisie (le matin); pulvérisez un spray au piment rouge (capsaicin) ou du savon noir tous les 2-3 jours; pièges colorés jaunes et gluants; lutte biologique (champignon parasite Paecylomisces fumosoroseus, guêpe parasite Encarsia formosa peu coûteuse et efficace en serre; prévoyez 2-3 lâchers tous les 15 jours); sortie des plantes en plein air pour les aérer; maintien de l‘humidité du sol; attraction des Å“illets d’Inde, du tabac d‘ornement et du nicandra (aux feuilles collantes) qu‘il faut placer préférentiellement près des ouvertures des vérandas/serres. Mettez les plantes attaquées en quarantaine (dehors à la belle saison) ou brûlez-les.
  • Contre les larves de taupins (vers jaunes « fil de fer »; à ne pas confondre avec les utiles larves de carabes!): travaillez la terre nue pour l’exposer au soleil et laissez faire les poules et les oiseaux. Ou ajoutez du tourteau de ricin. Purin de fougères à 10%. Cultivez des plantes peu attaquées (crucifères, tomates). Ils sont attirés par des planches posées au sol ou mieux des pommes de terre coupées en deux (ou des carottes ou des betteraves) et enfoncées à 4 cm dans le sol: ensuite, c’est la « corvée » de prélèvement en faisant attention à ne pas se faire piquer!
  • Contre les insectes et larves hivernantes (ainsi que les lichens) sur les arbres: sur l’écorce, badigeonnez au pinceau un enduit de bouillie bordelaise (sulfate de cuivre + chaux; bon pour la prévention; médiocre pour l‘aspect curatif) ou nantaise = sulfocalcique (soufre + chaux; moins polluante et plus curative) dès l’automne; les enduits chaux + argile verte + décoction de prêle ou fongicide ou désinfectant (cendre de bois, permanganate de potassium) + lait ou blanc d‘œuf (pour l’adhérence).
  • Contre les araignées rouges (acariens): asphyxiez-les par une projection de terre sèche de diatomées ou d‘huile minérale, bassinez les feuilles pour maintenir le milieu humide (ou disposez les plantes sur des plateaux humides), purin d’ortie à 10%.
  • Contre les limaces/escargots: arrosez au pied des plantes plutôt que par aspersion; 100 g de sulfate de cuivre dissous dans 10 L d’eau, cercle de cuivre autour du tronc (les gastéropodes sont choqués par la réaction chimique de leur bave sur le métal) ou du pot, nématode Phasmarhabditis hermaphrodita (onéreux Nemaslug: 25 € pour 40 m²; à renouvelez tous les 15 jours; 12° minimum; nécessité d’une humidité permanente pour avoir une protection pendant 2 mois contre les limaces sédentaires), orthophosphate de fer (Ferramol; 5g/m²) à l’abri de la pluie pour qu‘il reste efficace; assiette avec bière + mélasse + son à condition de la rendre inaccessible aux hérissons (qui s’y enivrent!!) et de prévoir des mini-radeaux de sauvetage pour les insectes (carabes), purin pur de fougère dans coupelle (comme la bière, cette technique semble attirer les limaces de fort loin!), isolation des plants sous des cloches en verre (pensez à aérer pour éviter les attaques des moisissures) ou mieux sous des voiles de forçage, extrait répulsif de yucca, paillis en paillettes de lin sur une largeur d‘au moins 20 cm, cendre de bois sèche et pulvérulente (ou sciure) donc à renouveler après chaque pluie, poudre sèche de diatomées (« farine fossile »), marc de café sec, ramassage à la main lors d‘une soirée/aurore pluvieuse, métaldéhyde à faible dose et caché sous une tuile. Le ramassage est facilitée en disposant, la veille, des planches posées sur le sol, des pots retournés ou des épluchures de pomme de terre où ces voraces bestioles viendront se rassembler.
  • Contre les oiseaux: semis mélangés à du soufre en poudre (variante: piment en poudre, poivre); filets amovibles à fils épais, à mailles d’au moins 3 cm et bleues (difficiles à trouver et pourtant leurs mailles bien visibles tuent moins d’oiseaux que les filets verts et noirs), placés au dessus des semis, près d’une vigne palissée contre un mur ou entourant le houppier d’un arbre (mais la mise en Å“uvre n’est pas facile: il ne faut pas laisser de trous, fixer les bords et les rabattre vers l‘intérieur); tunnel (fraisier); cage permanente en grillage de poule enveloppant l‘arbuste (groseilliers, framboisiers); ensachage individuel des fruits, y compris avec des bas en nylon! (attention aux attaques des moisissures dans ce milieu confiné!), produits collants déposés sur les branches (polybutène), brumisation d‘un répulsif (anthranilate de méthyle en aérosol si vous en trouvez!). Epouvantail (le plus ancien des répulsifs visuels!), ballons tachetés ou « Predator » avec « des yeux de rapaces», oiseaux domestiqués vivants en cage, forme de faucon, effaroucheurs sonores (INRA, Ornithofuga), DVD suspendus aux branches, tissus colorés, bandes d’aluminium en forme de ressort ont un effet très limité dans le temps: il faut donc changer de procédé au bout de quelques jours. Le comportement imprévisible des oiseaux fait que chaque cas a ses solutions particulières, locales et non généralisables.
  • Contre les rongeurs (ne les confondez pas avec la sympathique et si utile musaraigne avec son minuscule museau en trompette!): rien ne vaut un chat! Sinon, cage-piège et trappes « no kill » (non vulnérantes) avec un déclenchement suffisamment sensible, répulsifs aux effets variables (tourteau de ricin, poivre de Cayenne, Å“ufs pourris avec sauce pimentée, ammoniaque), clôture électrifiée, récipient enfoncé dans le sol et dont le fond interne est enduit d’une substance collante (le rongeur ne peut plus ressortir), appareil à ultrasons, barrière grillagée à petit maillage (grillage à poules aux mailles hexagonales) haute de 1 m et enterrée jusqu‘à 40 cm de profondeur, répulsif (enterrez 500 g de tourteau de ricin/m², arrosage avec du purin de sureau tous les deux jours, granulés à base d’huile d’os ou d’huile animale), tranchées aux parois verticales et lisses. Pour contenir les rongeurs, je préfère nettement les solutions bio ci-dessus et je ne parlerai donc pas des poisons synthétiques que je trouve beaucoup trop toxiques/dangereux pour tous les êtres vivants sans distinction. Pour la véranda, fermez tous les accès la nuit. Protégez les descentes des chenaux avec un grillage débordant en surplomb (infranchissable). Ne plantez pas de pois de senteur et de tournesol car ces plantes attirent les souris.
  • Certaines plantes auraient des propriétés répulsives pour éloigner les lapins: buglosse, hellébore fétide, iris germanique, nepeta, panicaut maritime, saponaire, sauge des bois, sceau de Salomon, vipérine. D’autres sont attractives, aussi faut-il éviter de les cultiver: fabacées, carotte, chou, thym, graminées, laitue, vigne.
  • Pour les taupes: piquet à infrasons souterrains à fréquence et émissions aléatoires efficaces dans les endroits non bruyants et dans un rayon de 30 m (à ne pas confondre avec les ultrasons inefficaces contre les rongeurs). Placez dans ses galeries des chiffons imprégnés d’une odeur forte (ail, essence de térébenthine, huile d’os, pétrole, purin de sureau et surtout huile de ricin à forte concentration). A renouveler tous les mois! Variante: pierre à acétylène ou carbure de calcium (qui dégage des gaz malodorants). Personnellement, elle ne me gêne pas: le type de relation qu’entretient un jardinier avec cet animal est, à mon avis, un test très significatif pour jauger le degré de tolérance et du « jardin culturel » de l’être pensant! Un jardin qui héberge une taupe est un jardin qui se porte bien, avec de l’humus et des vers de terre. Certes, la taupe mange des vers et ses taupinières sont inesthétiques, mais c’est un bon insecticide naturel (vers blancs) et elle ameublit la terre.
  • Contre les chats et les chiens: soufre, poivre moulu, grillage ou branchages épineux sur les plantes, citronnelle, parfums alcoolisés, vinaigre, boules de naphtaline, granulés à base d‘huile d‘os (efficace pendant 1 à 2 mois). Par contre, si vous souhaitez attirer les chats pour lutter contre les rongeurs (rats et souris), plantez des kiwis, de l’oseille, de la valériane, de la menthe, de l’armoise et surtout du nepeta. La pierre à sel attire toutes sortes d’animaux.
  • Contre les êtres humains (!): les haies épineuses impénétrables (berbéris, rosier Rosa rugosa et ses superbes gros fruits), le chien ou les oies, une simple pancarte « nids de guêpe » ou « attention ruches ».